Diane Delisle

Le ePortfolio d'une Professionnelle à la Pédagogie au Primaire

Je réfléchis

15 février 2006

Qu'est-ce que la générosité?

Nous avons eu la visite de Marc Lepage hier, jour de la St-Valentin. Quel merveilleux cadeau! Quelle personne extraordinaire! Une personne comme on en rencontre peu dans sa vie.

Marc est animateur de pastorale. Il passe ses temps des Fêtes et ses étés en Roumanie. Si j’ai bien compris, il y vit aussi un an tous les quatre ans. Pourquoi la Roumaine? D’après ce que j’ai saisi, il a beaucoup voyagé et un jour où il s’est rendu là-bas, il a eu un énorme coup de cœur.

Il est donc venu nous partager quelques moments de cette mission, ni plus ni moins. Il nous a introduits au drame vécu par ce peuple opprimé et à cette folie d’un gouvernement qui oblige à avoir une famille de 4-5 enfants obligatoirement. L’état devait s’occuper des enfants si le couple ne le pouvait pas. Franchement, on n’a pas la même notion quand on parle de s’occuper des enfants. Marc nous a donné beaucoup d’exemples. Moi qui suis allergique à tout ce qui est négatif, j’ai particulièrement apprécié qu’il partage la souffrance mais qu’il nous présente aussi le beau visage de «ses» enfants comme il le dit si bien. Il nous a décrit comment ces enfants qui n’ont rien et qui reçoivent une banane et une orange le 24 décembre, les placent sur leur table de nuit pour pouvoir les désirer encore jusqu’au lendemain. Mais ce 25 décembre, ils ont connu une famille dans la misère et ont choisi de rassembler leurs fruits pour les offrir à cette famille. On appelle ça une GRANDE générosité. Ils n’ont rien et ils donnent leurs cadeaux.

Qui sommes-nous dans notre confort à trouver difficile de faire un beau geste pour quelqu’un qu’on connaît moins? Qui sommes-nous pour faire une belle boîte de Noël pour les pauvres en donnant notre superflu ou ce qui ne nous sert plus? Avons-nous fait notre part? Est-ce difficile? C’est déjà beau, bien sûr. Tout acte généreux est bien en soi. Chaque petit geste compte. Mais en faisons-nous assez? EN FAISONS-NOUS ASSEZ? NON! JAMAIS ASSEZ!

Cette rencontre m’a bouleversée. J’en ai eu pour un bon bout de soirée à mouiller des mouchoirs. Moi qui me suis préparée plus jeune à devenir missionnaire laïque pour quelques années au Pérou, j’ai eu un nouveau choc. Je ne suis jamais partie car je sentais que je ne le pouvais plus à un moment donné. Maintenant, j’ai des enfants. Pas mal plus compliqué.

Je rêve encore parfois de partir vivre une certaine forme d’engagement social et humain pour ceux qui ont tellement besoin. Au début de mes années d’enseignement, je donnais des cours dans un collège secondaire pour filles. Je me questionnais beaucoup. Ont-elles besoin de moi? Puis, un collègue m’a reparlé des grains tombés sur le roc, des autres grains tombés dans un sol fertile mais que les mauvaises herbes ont empêché de croître. Il m’a fait prendre conscience que ma mission était peut-être au Québec et qu’on avait besoin de moi pour des raisons diverses.

Plus tard, j’ai creusé encore plus cette question et j’ai un peu mieux ciblé ma mission : être positive, peu importe où je suis! Je constate au quotidien qu’on a besoin de moi. Parfois parce qu’on vient d’un sol rocailleux comme quand j’ai enseigné à des analphabètes de Québec qui n’avaient pas eu la chance d’apprendre à lire. D’autres fois parce qu’on souffre de solitude ou parce que la vie paraît si grise et que les ronces étouffent. J’aime imaginer que je suis une semeuse de positif dans la vie de ceux que je côtoie.

Mes élèves m’ont touchée grandement lorsqu’ils m’ont offert un certificat vendredi dernier où ils soulignaient mon esprit positif.

Je suis devenue enseignante plutôt que travailleuse sociale parce que je voulais aider à la formation des esprits et des cœurs et travailler plus au niveau de la prévention. J’y accomplis du mieux que je peux ma mission.

Je cherche parfois comment enseigner la générosité… J’ai tendance à mettre la table comme on dit. Je prépare mes prochains cours d’enseignement religieux avec enthousiasme car je placerai les enfants devant des témoins qui donnent des exemples merveilleux de générosité dans l’accueil de la différence : Martin Luther King, Gilles Kègle, les gens de Mission urbaine, du Piolet, de la Soupe populaire… Il y a tellement de beaux gestes à poser.

En faisons-nous assez?

Soyons généreux et donnons… au suivant! (Il faut lire Un 2e bol de Bouillon de poulet pour l’âme : Soyez généreux et faites un beau geste, p. 54-55-56)

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