Je suis encore sous le choc. Mon amie m'a appris qu'elle avait reçu les résultats de ses tests pour ses maux de tête incroyables qui persistent depuis l'automne et sa vue perdue quelques instants. Anévrime au cerveau! Quels mots terribles! Ils me font peur. Il est là, d'un diamètre de 1 cm, dans son cerveau, et on ne sait pas ce qui arrivera.
Il y a quelques années, en l'espace d'une semaine, deux femmes de mon entourage ont vécu une rupture d'anévrisme. L'une s'en est bien sortie malgré d'énormes difficultés à l'époque. L'autre n'a jamais pu revenir au travail.
Pour cette amie, elle sait qu'il y a un danger. Elle connaît l'état de son coeur qui propulse le sang d'une manière plus forte que la normale. Elle sait aussi qu'il y aurait d'autres anévrismes dans son estomac (je ne savais même pas que ça existait à cet endroit). Que fait-on? Comment vivre avec cette menace?
Vivre un événement à la fois, sans doute. Demain, vivre l'examen pendant lequel ils injectent un liquide dans son cerveau afin d'analyser la situation en profondeur. Attendre ensuite afin d'avoir plus de détails.
Comment être patiente?
Ajuster les petites roues de l'ancienne bicyclette de mes filles pour sa Choupette était un événement banal du quotidien qui nous a ramenées à la réalité! C'était bien simple mais si heureux! Cette petite de 4 ans vivait un instant de pur bonheur à pédaler sur une nouvelle bicyclette qui la faisait grandir tout à coup! Quel bonheur de la voir se précipiter sur moi pour me partager son immense bonheur! Ça remet les pieds sur terre.
Et cette fin de semaine me ramène immanquablement encore une fois à l'annonce de la malformation cardiaque de ma fille. Elle avait 15 mois. Il fallait opérer sinon elle risquait de mourir. Entendre la nouvelle. La laisser descendre. Demeurer confiante. Il n'y avait rien d'autre à faire.
Quel bonheur d'avoir eu un père qui dépose ses problèmes sur sa table de nuit et les reprend le lendemain! À quoi ça sert de s'énerver? Il y a déjà un problème. Pourquoi en créer un de plus? Merci papa!
Je serai donc près de mon amie. Je l'écouterai. J'essaierai de la distraire un peu. Et je lui offrirai toute ma confiance; en ces médecins qui sauront sans doute ce qu'il faut faire, en la vie qui nous en apprend tellement à travers ce qui nous arrive de bon et de moins bon.
Je voulais que mon carnet soit professionnel mais ce soir, je l'élargis un peu.
Je ne peux m'empêcher de vous dire que je vous ai lu et que je pense à vous. Nous avons tous autour de nous des gens que nous aimons et qui vivent des situations de santé tellement stessantes...patience et confiance, vous l'avez dit sont des mots clés. J'en ajouterais un: l'espoir!