Diane Delisle

Le ePortfolio d'une Professionnelle à la Pédagogie au Primaire

Je réfléchis

13 avril 2006

Réflexions à la suite de ma présentation sur le E-portfolio

J'ai vécu une belle expérience hier. J'ai fait une présentation de notre cybercarnet à la Conférence internationale sur le portfolio numérique. J'avais bien senti la veille qu'il y avait un besoin de voir des expériences concrètes avec cet outil.

Je partagerai ce retour en deux billets:
1- Les réactions à partir de ma présentation
2- Mon expérience de présentatrice

1. Les réactions à partir de ma présentation

Nous étions deux enseignantes à présenter chacune des portfolios différents. Marie-Josée Laventure, en sciences, 5e secondaire et moi, du primaire. Après nos partages, M. Bruno Devauchelle (Centre d'études Pédagogiques pour l'Expérimentation et le Conseil, France) et M. Jean-François Cerisier (Université de Poitiers en France) commentaient ce qu'ils avaient vu.

Voici des commentaires qu'ils nous ont faits:

- Il est essentiel de partir d'un besoin.
- Cette approche de portfolio est axée sur une pédagogie de la réussite.
- La p.p.p. est essentielle: pédagogie des petits pas.
- Que veut voir l'enseignant dans le portfolio de ses élèves? Que ne veut-il pas y voir?
Je crois que nous sommes très ouverts et que nous incitons les enfants à écrire des billets libres. Ce qui est plus difficile à tolérer, c'est lorsqu'un enfant ne se donne pas la peine de respecter notre Credo afin de s'assurer de la qualité du français ou pire encore, lorsqu'un enfant écrirait un billet ou un commentaire non respectueux. À ces moments-là, le prof a les droits administratifs pour mettre le billet en brouillon ou pour carrément le supprimer.
- Le réseau est important, l'agrégateur essentiel.
- Apprendre et réfléchir passe avant le fait de couvrir un programme entier absolument.
- Bravo pour le souci de la qualité du français et ce tampon qui permet de montrer qu'un texte est en construction!

- Il ne faut pas avoir peur de se montrer, ce qui, en général, est peu populaire chez les enseignants.
- La dimension réflexive est à enseigner.
N'est-ce pas ce qui développe le mieux la personne? C'est plus difficile à enseigner qu'une règle de 3 mais combien plus essentiel!
- Y a-t-il déshumanisation à faire des commentaires écrits sur un carnet plutôt qu'à rencontrer les personnes?
Ce qui est extraordinaire, c'est que parfois, il y a des enfants qui se livrent plus facilement à l'écrit et qu'à la suite d'un écrit, on peut se rencontrer et en parler. Les deux manières de s'exprimer se complètent bien.
- Les enfants en viennent qu'à demander des commentaires. Marie-Josée avait cité l'exemple d'un élève qui avait eu 10/10 mais aucun commentaire pour une partie de son travail. Il a insisté auprès du prof pour qu'elle lui fasse un commentaire afin de l'orienter vers un prochain défi.
- On croyait que la technologie nous ferait moins écrire et pourtant ici, on voit des élèves qui écrivent plus.
- Est-ce moi qui apprivoise le portfolio numérique ou si c'est lui qui m'apprivoise?
Nous nous construisons ensemble. Le portfolio se dessine entre nos mains comme la toile sous les yeux du peintre ou les personnages sous la plume du dramaturge. Nous avons un canevas de base qui nous permet de nous exprimer, de progresser, de partager.
- Des gens de culture différente peuvent avoir plus de difficulté à se livrer.
Quel important souci à porter à ces personnes!
- À qui s'adressent les enfants qui écrivent?
À leurs pairs, sans aucun doute. Mais aussi à une espèce d'entité inconnue qui pourrait se nommer l'autre et que je ne connais pas mais qui pourrait s'intéresser à ce que je fais.
- Quels changements sont nécessaires afin d'implanter les portfolios?
Les plus importants sont sans doute la différenciation dans nos pratiques et la dimension réflexive à développer. De plus, il faut arriver à dégager du temps afin que les enfants aient le temps d'écrire, de réagir par des commentaires pour animer les portfolios numériques, les garder actifs.
- Que pensent les parents à la lecture des portfolios?
- Peut-il y avoir de la concurrence? Des comparaisons?
La question est pertinente. Je crois que c'est possible mais je ne le vois pas, ne le ressens pas.

Puis il y a eu quelques réactions et questions du public

- Le prof qui écrit dans son propre portfolio numérique est un bel exemple pour les élèves. Cela donne du poids, de l'importance à l'outil.
- J'ai fait la distinction entre donner des défis aux enfants et les enfants qui se donnent eux-mêmes des défis.
- On m'a demandé si la classe se donnait aussi des défis sur le portfolio de la classe et j'ai mentionné nos conseils de coopération dont les rapports sont publiés et pendant lesquels on révise nos règles de vie.
- On a demandé si c'était un outil qui grugeait du temps... Évidemment, il faut se donner des stratégies pour y arriver, se partager le tâche. J'ai la chance d'enseigner à 56 enfants avec trois autres collègues. Nous en suivons un certain nombre chacun. J'aurais voulu répéter la phrase de Jacqueline Caron qui m'avait dit qu'«il ne faut pas faire plus, il faut faire autrement.»
- On a aussi demandé ce qui arrivait des portfolios quand les enfants quittent notre école. Il y a un moyen de permettre un transfert des données.

Ajout du 26 avril: Suite dans l'Infobourg.

Ajout du 10 mai: Suite dans le Carnaval des blogs

Ajout du 31 mai: Suite dans ÉduCarnaval

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