Quelques éléments à partager
D'abord ce schéma qui peut parler à plusieurs.
Puis, les stratégies adaptées aux profils:
Pour les A (axé sur les idées)
Stratégies efficaces:
J'explique, je fais comprendre avec des mots, je démontre, j'argumente, je présente la logique (20% des élèves).
Pour les mettre de mon côté quand c'est moins facile
Je fais un commentaire d'appréciation quand l'élève démontre son savoir. (même si parfois, c'est énervant...)
Pour les B (axé sur les tâches)
Stratégies efficaces:
Je fais appliquer, je donne des consignes claires, je situe les activités dans un cadre précis.
Pour les mettre de mon côté quand c'est moins facile
Je leur donne des responsabilités mais je demeure en contôle du contrôle que je donne à l'élève. Les B commèrent souvent. Ils veulent être en contrôle. On recadre à ce moment-là.
Exemple:
«Mme, Pierre joue avec une balle (de stress, il est K), dit Clara. »
«Oui, Clara, as-tu besoin d'une balle toi aussi?»
«Non.»
«Alors, laisse-le faire.»
Pour les C (axé sur les relations)
Stratégies efficaces:
Je donne de l'attention en appréciant par un geste ou une expression faciale. Je fais travailler en équipe.
Pour les metre de mon côté quand c'est moins facile:
Ils veulent beaucoup d'attention. Ils sont manipulateurs et envahissants parfois. J'établis un contrat d'autorégulation qui amène à maitriser leur besoin d'attention.
Exemple:
Zacharie vient demander 10 fois par jour pour aller boire alors qu'il peut y aller sans permission.
On établit le contrat: «Combien de fois auras-tu besoin de me demander pour aller boire aujourd'hui?»
«5 fois!»
L'enseignant félicite par un clin d'oeil chaque fois qu'il voit Zacharie aller boire sans venir le voir.
Pour les D (axé sur les images et les symboles)
Stratégies efficaces:
Je comprends qu'il peut faire plusieurs choses à la fois, qu'il n'est pas bien dans une séquence d'actions à poser.
Je parle en images. J'utilise des symboles. Je le surprends.
Pour les mettre de mon côté quand c'est moins facile:
Je dois venir dans son monde.
Je ne me place pas face à l'élève, je l'aborde par le côté. Je lui parle en images. Je ne demande pas qu'il me regarde.
Exemple: Un enfant parle toujours lors des déplacements.
L'enseignant lui glisse à l'oreille qu'il doit faire attention pour se rendre au gymnase en silence car il a un hibou sur l'épaule. Il doit y prêter attention.
Pour les K (axé sur le mouvement)Stratégies efficaces:
J'utilise les gestes, je fais bouger aussi souvent que je le peux. J'imagine des leçons qui font bouger les élèves, particulièrement les K. Je ne coupe jamais une récré. Je fais manipuler. Je me déplace avec l'enfant pour aller chercher la balle de stress et je lui indique par le mouvement qu'il reviendra la porter dans sa boite. Il a besoin de sentir les consignes dans son corps.
Pour les mettre de mon côté quand c'est moins facile:
Je cherche avec l'élève des positions d'écoute variées afin qu'il trouve la/les meilleure/s pour lui. Je le calme en glissant mon pouce et mon majeur à cheval le long de sa colonne vertébrale, vers le bas. Je délimite une zone de décompression. (J'ai déjà connu une enseignante de 5e qui avait une corde à danser près de la porte et qui permettait d'aller sauter quand il y avait un trop-plein pour ces élèves-là.)
Dans le fond, j'ai toujours le choix:
Je fais avec ou je fais contre.
Il serait bon de changer nos habitudes souvent très verbo-motrices et de passer par le corps. Au risque de gagner des enfants et de leur faire aimer l'école.