Diane Delisle

Le ePortfolio d'une Professionnelle à la Pédagogie au Primaire

Je partage

24 novembre 2007

Un modèle: la Finlande

Mme Claude Anttila est venue nous parler de l'école en Finlande. Voici quelques-uns des énoncés qui m'ont étonnée.

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- D'abord l'école est obligatoire et gratuite jusqu'à 16 ans. Mais quand on dit gratuit, c'est pour la scolarité oui, mais aussi pour le transport scolaire, les fournitures, les repas chauds, les sorties et les voyages d'études...

- Tous font la même chose jusqu'à 16 ans. Il n'y a pas de spécialité.

- Les profs peuvent enseigner à tous les niveaux du cours fondamental: de la 1re à la 10e.

- Les professeurs enseignent le plus longtemps possible au même groupe. Du niveau 1 au niveau 4. Les profs de langues peuvent suivre les élèves 10 ans. Les relations humaines sont très importantes.

- Il y a 190 jours d'école. Les cours sont de 45 minutes suivis de 15 minutes de récréation. Les plus jeunes sont à l'école de 8h à 13h (19h/semaine), les autres, de 8h à 14h ou 15h (23h pour la classe 3 et 4, 24 h pour 5 et 6 et 30 h pour 7, 8 et 9). Ils ont 30 minutes pour le dîner. L'année débute vers la mi-août et se termine le samedi de la dernière semaine de mai.

- Après l'enseignement fondamental, il y a deux choix:
- les lycées dans lesquels on doit étudier les matières de base dans un laps plus court parce qu'on y étudie aussi la musique ou une autre spécialité, un peu comme nos Sports/Arts/Études.
- la formation professionnelle: pour y entrer il y a des tests très exigeants.

Mais pour accéder à ces deux options, il faut réussir dans toutes les matières.

- Au niveau des langues, c'est impressionnant: ils apprennent le finnois qui n'est parlé que dans leur pays. Ils doivent absolument apprendre d'autres langues, on le comprend bien. Ils accordent beaucoup d'importances aux lagues. Pour preuve: aucun film n'est doublé. On les écoute toujours dans la langue d'origine sous-titrée.

- On adopte un enseignement différencié. Et on a une préoccupation énorme du dépistage précoce des difficultés. Si une difficulté est décelée, il y a toute une équipe de spécialistes dans l'établissement ou dans une école voisine pour favoriser la compréhension la journée même ou le lendemain.

- Chaque établissement est autonome et dépend de la commune: on choisit les profs, l'achat du matériel, les détails des plans d'enseignement même si les référentiels ont été établis par la DNE (direction nationale de l'éducation?).

- On révise les cadres tous les 10 ans en fonction des résultats des évaluations nationales, des modifications de la société et des innovations pédagogiques. Elle rigolait un peu en mentionnant qu'il faut 4 ans pour les bâtir, 2 ans pour les mettre en place et hop!, on recommence. Ces cadres sont réalisés par des équipes de conseillers, chercheurs, professeurs, éditeurs, membres des syndicats, du monde du travail et de diverses administrations. On appelle ça une priorité nationale, n'est-ce pas?

- Ils font aussi appel à des moyennes nationales et à des moyennes d'école mais elles ne sont jamais publicisées. Ils ont plutôt l'optique de profiter de ces résultats pour s'améliorer, pour se prendre en main. Wow!

- Les enfants ne sont pas stressés par les notes car il n'y en a pas avant la 5e. On se centre sur ce que l'enfant sait plutôt que sur ce qu'il ne sait pas. À partir de la 6e, ils ont des notes chiffrées (de 4 à 10) et des commentaires positifs pour les matières dites importantes. On est plus axé sur les capacités. Les critères du bon élève ont été définis au niveau national pour chaque matière et permettent de noter ainsi équitablement tous les élèves.

- 99,7% des enfants obtiennent le certificat de fin d'études. Le 0,3% vient des handicapés graves...

- Au lycée, ils fonctionnent par modules. Il y en a 75 à faire. Le conseiller d'orientation peut aider dans les choix afin de mieux choisir son programme.

- Il y a peu de différence entre les écoles rurales et les écoles urbaines si ce n'est que les écoles éloignées bénéficient de meilleurs équipements technologiques. En passant, ce n'est pas peu dire, l'informatique est intégrée dans toutes les matières.

- Les travaux à la maison sont plus des travaux écrits car à l'école, on y fait plus des travaux pratiques. Mais c'est en Finlande qu'ils travaillent le moins longtemps. Les enfants sont équilibrés. Ils ont du temps pour faire autre chose, nous dit-elle.

- Parmi les clés du succès mentionnées, elle parle de la qualification des enseignants et de la formation continue. Ils sont très sérieusement sélectionnés.

En général, nous n'avons pas cette culture de l'excellence à mon avis. Je peux paraître grossière mais j'ai de grandes réserves quand je vois des profs qui ne lisent pas, qui ne recherchent pas les formations ou les cafés pédgogiques, qui ne sont pas intéressés par les changements... Comment je fais alors pour confier ce que j'ai de plus précieux au monde, mes enfants (leur cerveau, leur coeur et leur corps), à des profs qui stagnent depuis des années... Il y a tant de recherches, tant de livres, tant de spécialistes qui nous aident à adapter notre enseignement afin de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, de mieux adapter nos comportements, de mieux construire la communauté apprenante... Pourtant, ils n'iraient probablement pas voir un médecin qui ne se tient pas à jour...

Nous avons beaucoup à apprendre de ces rencontres entre les peuples. La Finlande, drôlement inspirant! Quand est-ce qu'on y va?

La discussion

1

Merci de ce résumé d'un système d'éducation dont on entend beaucoup parler, mais pour lequel les faits manquent souvent.

Écrit par François Guité le 25 novembre 2007
2

Il y a aussi le nombre d'élèves par classe qui est inférieur à ce que l'on retrouve au Québec et d'autres mesures qui seraient impossibles à appliquer ici.

Par exemple, je lisais dans le Journal de Montréal qu'en Finlande, on peut exiger d'un élève qu'il passe un test de dépistage des drogues si on estime qu'il est un consommateur de ces substances.

La taille des écoles aussi est différente et la Finlande est moins aux prises, si je peux dire, avec des facteurs comme l'immigration. En soi, il semblerait que le tissus social soit plus serré et que les citoyens de ce pays aient une fierté nationale et des valeurs qui diffèrent des nôtres.

L'exemple finlandais est un tout qui s'inscrit dans une société bien particulière.

Écrit par Luc Papineau le 25 novembre 2007
3

On peut ajouter d'autres faits à cette liste:

- Le nombre d'élèves par classe est moins grand qu'au Québec;
- La taille des écoles est généralement plus petite;
- L'éducateur finlandais est davantage respecté et considéré que son confrère québécois;
- L'éducateur finlandais a davantage de «pouvoirs» et peut, s'il l'estime nécessaire, demander à un jeune de passer un test de dépistage des drogues s'il l'estime nécessaire;
- La société finlandaise est assez homogène et dispose de valeurs communes assez intéressantes.

Désolé de l'écrire, mais l'éducation là-bas est vue comme un apport positif depuis des générations, peu importe le modèle pédagogique mis en place.

Écrit par Luc Papineau le 25 novembre 2007
4

Je me suis permis de parler de votre billet sur mon blogue.

Écrit par Gary Kenny le 26 novembre 2007
5

Je vous invite à consulter ce texte. Vous verrez quelques liens avec la Finlande.

Écrit par Luc Papineau le 26 novembre 2007
6
Écrit par Luc Papineau le 26 novembre 2007
7

Lors de mon séjour en Finlande, j’ai eu la chance de visiter l’école d’Aurinkokoulu. Mme Monique Royer de café pédagogique explique très bien notre visite à cette école. Je vous invite à lire son billet. http://www.cafepedagogique.net/communautes/Carnetdevoyaged%27Helsinki/Lists/Billets/Post.aspx?ID=20

Écrit par D. Michaud le 27 novembre 2007
8

Merci beaucoup pour vos ajouts. Je suis ravie de constater que cette école abitibienne existe. Je souhaite découvrir d'autres trésors cachés de chez nous. Et la photo toute lumineuse de l'école finlandaise correspond tout à fait aux photos que j'ai vues. Merci pour les détails qui permettent de se faire une meilleure idée de ce qu'ils vivent comme «paradis pédagogique». J'espère que nous serons inspirés dans nos milieux et que le professionnalisme que certains profs démontrent entraînera un souffle nouveau qui transformera peu à peu les priorités de notre peuple qui devrait être «fou de ses enfants».

Écrit par Diane le 27 novembre 2007
9

Il ya en Finlande centrale, une école d'entrepreneur étonnante, TEAM ACADEMY. Cette école recrute après le bac et propose un parcours de 36 mois. A Team Academy, pas de cours (sauf les langues), pas de profs (des coachs - 4 ou 5 pour 300 élèves), pas d'examens (les élèves se notent en équipe). Principes de base, l'apprentissage par l'action, le travail en équipe et le développement du leadership personnel. Nous tentons de développer un projet proche en Alsace.

Écrit par Bastien le 9 janvier 2008

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