Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière
« Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n'importe quel abaissement de la nation. [...] Cette classe qui s'est de plus en plus abâtardie, jusqu'à devenir traîtresse à son propre pays. Bien entendu, le populo ne partage pas du tout ce sentiment. Le populo a des réflexes sains. Le populo sent où est l'intérêt du pays. Il ne s'y trompe pas souvent. [...] Je crois surtout que l'Amérique et l'Angleterre paient indirectement. Et je t'invite à venir faire des conférences ! Et je t'invite à dîner ! Et je t'invite à venir faire un semestre dans une Université ! Et je t'invite à un voyage de propagande ! Et je t'envoie une caisse de whisky ! Et il n'y pas besoin de faire d'efforts, car le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant.»Charles de Gaulle, cité par Alain Peyrefitte dans " C'était de Gaulle ", éditions de Fallois/Fayard, 1994. Source : La langue française dans tous ses états. Le droit de comprendre. Et des années plus tard, sournoisement et au fil des jours et des mois qui s'écoulent, la tare bourgeoise gagne le populo et l'affection se répand....
Tiré de la même source, je vous suggère aussi avec une ardeur déchaînée la lecture du Manifeste de la langue française en colère, un texte lu à l'Assemblée nationale française le 23 février 2000. Un extrait :
« Cette fièvre, cette encéphalopathie anglophone humaine sévit à grande échelle chez tous ceux dont l’ambition se borne désormais à espérer un strapontin dans les institutions du nouvel ordre mondial, où on les voit déjà se pavaner, de la Commission trilatérale à la Commission européenne, en passant par la Banque de Francfort, où l’on ne parle qu’anglais.
(...)
La France, si elle veut être la France, n’est pas seule ; des protestataires de Seattle aux millions de francophones du Québec et d’ailleurs, c’est à des hommes émancipés, à des Français libres de combattre pour que les différents pays du monde et d’abord la France ne soient plus des lignes anonymes sur le tableau électronique de Wall Street, des pions dans le jeu des échecs mondiaux et que la langue française soit l’expression de la plus noble des pensées : la Liberté. »