Les coups de langue de la Grande Rousse

Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière

Répliques, opinions

24 juin 2003

24 juin

Enfant de la nation, je fais partie d'un peuple
Qui au tournant du siècle a déjà son histoire
Enfant de la nation, je fais partie d'un peuple
Dont la grande beauté est le pouvoir de croire

Croire en la liberté, en notre langue mère
Y puiser la fierté d'en garder l'harmonie
Chaque jour la bâtir, éviter l'éphémère
La nourrir de passion, lui redonner la vie

Connaître l'ennemi, tout ce qui le compose
Apprendre son langage, repérer sa structure
Et lorsque perfidement il albionne ma prose
Le condamner d'emblée, abattre l'imposture

Je suis une nation qui a la fierté d'être
Je suis une nation qui n'a plus de bourreaux
Je suis l'âme d'un peuple, celle de ses ancêtres
Je suis l'âme d'un peuple, je suis l'âme des mots

À ceux qui d'anglophobe, m'affubleraient de nom
Sachez que se défendre lorsqu'on est menacé
N'a rien de la phobie, ni même de l'aversion
Que lorsque la pression nous cerne de tous côtés
Mue par sournois relens d'anéantissement
Les mots survie, honneur, passion et dignité
Revêtent tout leur sens, deviennent tout-puissants

À ceux qui croient en moi et à ceux qui m'habitent
J'offre mes terres, ma beauté, mon immensité
J'offre ma culture, mes poètes, mes artistes
J'offre une langue belle, une langue de vérité

Du nom de province on veut me harnacher
Mais les cours d'eau, la terre, les êtres que j'abrite
Me chantent chaque jour que je suis un pays
Non celui d'une fédération qui s'effrite
Au passé étranger, au passé de conquis
Je suis pays vainqueur, un pays rebâti
Je suis hymne à la vie et non à la survie

Je suis berceau d'un peuple, je suis son père, sa mère
Je suis celui par qui grandissent langue et culture
Et de ce jour de juin, je suis le jubilaire
Un peuple en mon sein, sa nation en armure

Je ne suis pas province, je suis un grand pays
Je ne suis pas rebelle, je suis noblesse et coeur
Je suis terre d'accueil, celle des bâtisseurs
Ceux qui offrent à ma langue son avenir prometteur

Et quand ma terre frémit de vos chants-liberté
Le digne nom de Québec je suis fier de porter

La discussion

1

Nous n'en avions pas, voici notre hymne national.

Écrit par L'élucubrateur le 24 juin 2003
2

Bravo !

Écrit par Édouard le 25 juin 2003
3

Avec un tel hymne à notre (mon) Québec,
Je vous salue bien bas, Grande Rousse.
Que ce texte, hommage à notre pays, soit lu par un grand nombre de gens... et j'essaierai d'y contribuer, à ma mesure.
Nat

Écrit par Nat le 28 juin 2003

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