Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière
Elle nous réserve toujours d'heureuses surprises.... Parmi elles, la nouvelle édition d'Archée, passionnante d'un bout à l'autre. Je me permets toutefois de suggérer avec insistance (si, si !) la lecture d'une texte de Xavier Malbreil, intitulé « Les malentendus ». L'article est un exercice de réflexion sur la rédaction des courriels et leur interprétation par le destinataire. Recommandé à tous. Évidemment, pour vous allécher, un extrait :
« Combien de fois, au contraire aurons-nous reçu un message dont nous aurons mal interprété l’intention réelle ? Combien de fois l’ironie que nous voulions laisser percer n’aura pas même été envisagée par notre correspondant ? Combien de fois une annotation lapidaire, laissée pour toute réponse en marge de notre question n’aura soulevé en nous que doute, interrogation, voir profond agacement ? Combien de fois le second degré que pensait employer notre correspondant ne nous aura paru qu’un premier degré, au mieux plat, et au pire proche de l’insulte ?
Dans toutes ces situations d’incompréhension, dès lors qu’aucun problème technique ne pouvait être rendu responsable, et dès lors que la qualité de communicant ni les capacités intellectuelles de notre interlocuteur ne faisaient aucun doute, on peut être saisi de perplexité.
D’autant plus pour nous, de culture française, dont la langue permet tant de nuances d’expression, et dont la littérature regorge de chefs-d’œuvre du genre épistolaire.
Alors …
Les deux explications les plus couramment avancées sont d’une part la vitesse de rédaction des courriels, et donc leur manque d’élaboration, et d’autre part l'absence de modération que les inflexions de la parole, les mimiques corporelles, viendraient apporter au discours.
S’il est facile de régler son compte à la première source d’erreur, il est par contre plus difficile de venir à bout de la seconde. » L'article en entier.