Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière
Du côté de chez cfd, on baigne dans l'ordination ces jours-ci, ce qui provoque certains étonnements du côté de chez Pilon en matière de vocabulaire. Si vous êtes intrigué par le nouveau vocabulaire religieux (et fort spécialisé) de Carl-Frédéric, je vous suggère un petit détour au quai de Saint Nicolas, où l'on retrouve une brochette de lexiques fort instructifs. Vous y retrouverez notamment les trois dernières expressions utilisées par cfd : anamnèse et intinction. Au passage, j'attire aussi votre attention sur le calendrier interreligieux et interculturel, qui peut s'avérer fort pratique. Cependant, dans l'exhaustif ouvrage, nulle trace du mot porrection, pourtant présent dans les dicos. Je vous livre donc la définition de l'indispensable TLFI :
PORRECTION, subst. fém.Que dieu vous bénisse ! ;))
LITURG. CATH. ,,Dans une cérémonie d'ordination, rite qui consiste à présenter et à faire toucher aux ordinands les instruments qui symbolisent leurs nouvelles fonctions`` (Foi t.1 1968). Même dans l'Église latine, les rites de l'administration des sacrements ne sont pas demeurés les mêmes. Autrefois, l'ordination se faisait sans porrection des instruments; aujourd'hui, certains estiment cette porrection comme une partie essentielle du rite (Théol. cath. t.14, 1 1939, p.568). Prononc. et Orth.: [()]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1604 «action de présenter en étendant les bras» (Trium Ling. Dict. ds GDF.); spéc. 1752 liturg. (Trév.). Empr. au lat. porrectio «allongement, ligne droite» dér. de porrigere «diriger en avant, étendre».
Oh mais en matière d'ordination, vous atteignez l'extraordination. Quelle correction jusque dans la porrection! Vous êtes une véritable (t)rousse de secours et j'intincte à votre santé :-)