Les coups de langue de la Grande Rousse

Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière

Éducation

26 janvier 2004

Quand l'intelligence d'un pédagogue-né se marie à la technologie

Le Devoir nous réserve parfois de belles surprises. Ce matin, Michel Dumais nous y livre une entrevue avec Mario Asselin, carnetier, directeur d'école, pédagogue dans l'âme et être d'exception. L'occasion est trop belle de renchérir sur les qualités de l'homme. Je la saisis.

Anecdote révélatrice - du virtuel au réel
L'été dernier, lors d'une (trop brève) rencontre avec des gens de Québec que j'admire énormément et avec qui j'ai eu le bonheur de collaborer, Mario s'est gentiment pointé le bout du nez. Je l'ai alors vu interagir avec un enfant, ma benjamine, en l'occurrence. Marie-Thaïs (la benjamine en question), a été carrément subjuguée par le charme de Mario (elle m'en parle encore). Le secret de ce charme ? La bulle ! J'écoutais leur conversation et j'avais l'impression qu'un micro-environnement avait été créé. Toute l'attention de Mario était dirigée vers Marie-Thaïs. Il l'écoutait sans être distrait par les bruits avoisinants ou le bourdonnement des conversations de nos commensaux. Absolument rien à voir avec l'attention polie de certains adultes pour la progéniture de leurs pairs. En moins de cinq minutes, Mario avait posé deux ou trois questions à ma fille et en savait déjà beaucoup sur son goût pour l'apprentissage. Il la questionne sur le pendentif qu'elle porte au cou, sur sa signification, ses vacances, ce qu'elle aime. Son ton n'est pas le moindrement inquisiteur, il est vraiment intéressé par ce que ma puce lui dit, malgré l'innocence de ses huit ans. Il la considère comme un individu à part entière, c'est évident... et merveilleusement valorisant pour l'enfant.

Le secret
Lors d'une conversation téléphonique où je m'entretenais avec Mario des carnets de l'Institut et des cyberportfolios, je me suis rapidement aperçue qu'il connaissait chacun des élèves. Chaque fois que j'émettais un commentaire, il soulignait les qualités de l'un, la saine curiosité de l'autre, l'ardeur d'un troisième. Même comportement lorsqu'il s'agissait des enseignants ou des intervenants engagés dans le projet. Mario avait reconnu en chacun d'eux des qualités « extraordinaires ». J'ai rapidement constaté l'omniprésence de Mario (ainsi que celle de Clément, qu'il ne faudrait pas oublier, ni lui, ni son équipe) dans l'espace commentaires des jeunes carnetiers. Ses encouragements de chaque instant, ses remarques toujours constructives et celles des enseignants qui l'entourent ont certes été des ingrédients clés de la réussite du projet. Le secret de Mario est sans contredit son immense capacité d'écoute et un sens de l'observation auxquels on pourrait juxtaposer en tout temps les qualificatifs « participatif et interactif ». Le tout, jumelé à ses qualités de communicateur, en fait un directeur d'école comme on en voudrait dans chaque établissement d'enseignement, comme on en voudrait pour nos enfants. Lorsqu'un être aussi humain décide d'utiliser les TIC pour servir sa vision de l'apprentissage, on peut être assuré que la machine et les technologies qui l'entourent n'auront jamais la priorité sur l'être humain et deviendront un atout certain. Si Mario Asselin sait créer une bulle avec ses interlocuteurs, quel que soit leur âge, il ne vit certainement pas dans la sienne ! Si toute son attention est acquise aux gens qui l'entourent, son regard porte sur le monde.

C'était le roux grain de sel...

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