Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière
Le 6 décembre dernier, alors que je publiais un billet sur la nouvelle orthographe, je terminais en écrivant : « Ce carnet adoptera d'ailleurs bientôt la nouvelle orthographe pour tous ses billets. » Après mure réflexion, j'ai décidé de finalement faire le grand saut... avec modération. À compter de ce jour, donc, un billet sur deux sera rédigé selon les prescriptions de la nouvelle orthographe. Seuls échapperont à cette règle les billets rédigés sous la rubrique « Un mot pour le dire », afin d'assurer l'homogénéité de ce volet particulier. Le lecteur aura ainsi le loisir de s'habituer doucement à la réforme orthographique, sans que soit reniée l'orthographe ancienne. Chaque billet rédigé selon les nouvelles règles portera la mention « Rédigé en orthographe rectifiée ». Cette façon de faire s'inscrit, je le crois, dans l'esprit de l'orthographe rectifiée qui est recommandée et non imposée. Malheureusement, cette nouvelle facture ne mettra pas mes textes à l'abri des vilaines coquilles et des fautes de distraction. Mais je sais que quelque part veillent les yeux de lynx de chevaleresques lecteurs et que j'aurai une petite note en commentaire lorsque je commettrai « le réparable » ! ;)
Je me demandais justement.. Cette réforme de l'orthographe est-elle recommandée(et approuvée) par l'Office de la langue Française?
Bonjour la grande rousse,
Par ton carnet, j'apprends qu'il y a rénovation de la langue française. Ayant fait un tour sur le site Renouvo, je constate qu'un des changements apporté est la suppression de l'accent circonflexe dans nombre de mots.
Est-ce à dire qu'il n'y en aura plus dans la conjugaison à l'imparfait du subjonctif - mode que j'affectionne au plus haut point - à la troisième personne du singulier ? J'avoue que j'en serais fort marri. Je le trouvais d'une élégance sans seconde.
Pour ce qui est justement du choix d'abandonner le circonflexe, serait-il possible que tu nous expliquasses les raisons sous-jacentes.
Merci à toi de faire, par le truchement de ton carnet, du français, une langue réellement vivante.
MariAnge : Je suis à concocter une réponse, historique inclus.
Très cher BabOOn, ne craignez rien, la règle dit bien : « L'accent circonflexe disparait sur i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et en cas d'ambigüité.
Ex. : cout ; entrainer, nous entrainons ; paraitre, il parait. » L'accent circonflexe a été jugé inutile dans les autres cas mentionnés (sur le i et le u seulement, notons-le !), et on y a renoncé dans le but de supprimer des irrégularités. Une piste : « À titre de simple exemple, l'accent circonflexe disparait sur les lettres i et u : on peut écrire aout, paraitre (quelques exceptions sont justifiées : sûr par opposition à sur, qu'il partît par opposition à il partit). Cette nouvelle règle permet de supprimer des irrégularités : pourquoi, jusqu'ici, maitre (maître) prenait-il un accent circonflexe alors que ce n'était pas le cas de moutarde, mot qui pourtant s'est écrit moustarde jusqu'en 1740 ? »