Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière
Mon petit grain de sel chez Agent Solo. J'ai eu énormément de plaisir à l'écrire. J'espère que vous en aurez (au moins) un soupçon à le lire. Vous y reconnaîtrez-vous ? Mais non, voyons, pas vous ! ;))))
« La bonne vieille pantoufle
De loin la plus tentante. Elle est vieille, usée et inévitablement trouée ou raccommodée. En écriture, elle se traduite par un douteux et fragile bricolage de bouts de texte, puisés ça et là au sein des fichiers passés. […] »
Ne serait-ce pas "elle se traduit"?
Tout à fait ! je l'ai signalé hier soir... ça devrait être corrigé ce matin ou au cours de la journée. ;)
La pantoufle de Cendrillon n'était-elle pas de vair ? Cet avis, qui a le mérite de la rationalité, semble toutefois ne pas être unanimement partagé.
Plusieurs "théories" ont été émises sur le sujet (même Théophile Gauthier s'en est mêlé, à l'époque) Selon le document d'origine de Perrault, elle est de verre. Cependant, Perrault s'est inspiré d'un conte transmis depuis des générations (sûrement de tradition orale). Au moment où le conte est né, la pantoufle était probablement de vair (fourrure de petit-gris, un écureuil). Perrault aurait transformé le vair en verre pour "actualiser" la matière de la salvatrice pantoufle. Bien que plusieurs théories aient été ébauchées sur le sujet, je crois personnellement que c'est la plus plausible. Quant à celle qui prétend à l'erreur de traduction...ah pitié ! C'est de loin la plus saugrenue et elle est à reléguer au domaine des légendes urbaines. ;)
Meuh non, on ne corrigera rien ce matin! C'est fait depuis hier soir, tsé ben ;-)
Bonjour Dolorex :
Je confesse avoir eu plusieurs > à vous lire ! Très sensuel ce mot ! ;-))
Zénon
Parlant de plaisir à lire, entendant ce texte de Vincent Hugeux aux Matinales ce matin, j'ai voulu le retracer pour mieux le lire.
Pour ma part, je le trouve succulent et vous le livre ici même par peur des liens brisés et autres avanies de la toile :
"Cocorico
Venu d’Asie, le péril est à nos portes. On connaissait la peste porcine, la vache folle, la tremblante du mouton, voici la grippe aviaire. Au secours, la basse-cour attaque.
Tâchons donc, faute de mieux, de conjurer le mal par les mots. Dans notre argot -j’ai bien dit argot, pas ergot-, le poulet est le sobriquet du policier, cet agent de l’ordre volontiers pris en grippe. On n’en sort pas. Eh bien non !, la grippe du poulet n’est pas une variante de la peur du gendarme. Et moins encore celle du piou-piou, surnom familier du jeune bidasse.
Voici les précautions élémentaires qu’il convient d’observer dans le quot-quotidien, voyez, j’en bégaye d’effroi. Et tant pis si la volaille en a ras-la-crête qu’on lui fasse porter le chapon, pardon, le chapeau.
D’abord, on veillera à veiller tard. Dormez auprès de qui bon vous semble, mais plus question d’aller se coucher avec les poules. Trop risqué. A ce propos, le fléau assagit paraît-il le mari volage. Les mères maquerelles s’en plaignent assez : la poule de luxe n’a plus la côte et le jeune coq se fait rare. Nul n’ignore d’ailleurs que le manque d’amour menace le monde. Je pose la question : croyez-vous vraiment qu’on se gallinacés, que dis-je ?, qu’on se câline assez.
Côté garde-robe, vous prendrez soin désormais d’éviter le port du costume pied-de-poule et du veston grippal. Si votre collègue de bureau prétend batailler bec et ongles pour la boîte, évitez de l’approcher. Si, à l’inverse, il couve quelque chose, c’est pire. De même, fuyez quiconque se prétend heureux comme un coq en pâte. S’agissant de votre augmentation, je ne vous apprends rien : elle tombera quand les poules auront des dents. Ce qui, au rythme où vont les bricolages génétiques, ne saurait tarder.
Nous bannirons de notre lexique les poules mouillées et autres mères poules. Quant au snob, il s’abstiendra de signifier son dépit par une bouche en cul-de-ce-que-vous-savez. Et l’épargnant s’interdira de tuer la poule aux œufs d’or ou de mettre tous ses œufs dans le même panier. A propos d’œufs, sachez que le vademecum de ce matin doit beaucoup aux pontes de la médecine.
On aura, en guise d’épilogue, une pensée émue pour nos amis anglais. Il est temps pour eux de modifier la fière devise de la Couronne : Pneumonie soit qui mal y pense." Par Vincent Hugeux, 4 fév. 2004 Les Matinales, radio de Radio-Canada