Cybercarnet d'une appassionata de la langue de Molière
Il existe plusieurs facteurs qui peuvent ralentir ou carrément éloigner le carnetier de la rédaction et de la publication. De la raison la plus élémentaire (on en a tout simplement plus envie) au malaise le plus profond, c'est sans nul doute l'égratignure au sentiment de liberté (qu'on se l'inflige soi-même ou non) qui provoque les hésitations les plus tenaces. Or, la liberté d'expression et la réflexion affranchie sont sans équivoque deux des bonheurs les plus grisants du carnetier. En lisant ce billet de Mario qui m'a transportée vers celui d'André Chartrand, je me suis aperçue que j'aurai pu rédiger des bouts de textes en tous points semblables aux leurs.
L'écriture carnetière m'a atrocement manqué pendant mon absence. Alors que je m'en confiais à Mario au hasard d'une rencontre, il m'avait dit : « Tu sais, Dolores, le carnet n'est pas nécessairement une fin en soi ». Je l'avais trouvé sage et réconfortant, fidèle à sa belle nature. Je me suis répété cette phrase souventes fois, sans jamais cependant perdre ce sentiment impalpable, mais bien présent, de vide tantôt infime, tantôt envahissant.
Depuis que je suis remontée en selle, je retourne fréquemment lire ce texte que je considère dorénavant inachevé. Une suite s'impose sur l'abandon et le retour du carnetier. Mais il est encore trop tôt. Je reste à l'écoute de ce que je ressens, de ce que je vois, et je mûris les mots et leur poids. Cybernarcissisma a été rédigé d'un seul trait après de nombreuses semaines de réflexion. Il en sera de même pour le prochain maillon.