Mario tout de go

Je suis un Explorateur du Web
Coach scolaire et catalyseur de communauté d'apprentissage
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Je partage

20 novembre 2009

Rencontre avec des éducateurs de la FGA de la C.S. de Laval


Ma semaine se termine par une autre conférence, cette fois, en ouverture du mini-colloque de la Formation Générale Adulte de la Commission scolaire de Laval.

Une belle participation de plus d’une centaine de profs et surtout, le temps d’en dire davantage puisqu’on m’avait donné la chance d’intervenir pendant une heure avec tout le groupe en plus de l’animation d’un atelier de deux heures avec un peu plus d’une vingtaine de participants…

D’abord, partageons les diapositives puisque plusieurs m’ont fait promettre que je les rendrais disponibles…

Ensuite, voici quelques liens utilisés pendant l’atelier ou en lien avec les sujets abordés:

J’accumule les occasions de sensibiliser les communautés éducatives au levier des TIC pour les apprentissages depuis quelques semaines et cette rencontre m’a encore prouvé le niveau d’ouverture des enseignants. Au moment où une commission scolaire prend la décision de bloquer l’accès à mon blogue de l’intérieur du réseau informatique géré par les services informatiques, ce genre de journée me convainc de continuer à prendre le bâton du pèlerin…

18 novembre 2009

Du leadership des cadres scolaires


J’étais invité hier à animer une journée complète en compagnie d’une trentaine de cadres scolaires. L’activité était organisée par Apple Canada. Trois représentants commerciaux étaient sur place pour supporter l’organisation matérielle et technique, mais j’avais «carte blanche» du côté du contenu de la journée. D’entrée de jeu, je me suis montré «beau joueur» en affichant mon biais pour plusieurs des produits Apple, qui remonte à la période de mise en place du programme particulier que nous avons débuté en 2003 dans l’école primaire que je dirigeais. Depuis ce temps, je travaille avec un MacBook Pro et un iPhone ce qui ne doit pas être étranger au fait d’avoir été sollicité pour l’animation de cette activité.

Mes intentions pédagogiques lors de cette journée allaient comme suit:
«Partager des stratégies pouvant contribuer à favoriser des apprentissages nourriciers, tenant compte de la valeur ajoutée des outils du numérique et respectueux des enjeux de la fonction de cadre scolaire.»

J’avais reçu dans les jours précédents une présentation sous forme de diapositives que j’ai beaucoup adaptée pour tenir compte de mon approche des questions du numérique. Pour le moment, je n’ai pas reçu l’autorisation de publier le matériel qui comporte des droits d’auteur des gens de chez Apple, mais évidemment, je veux garder ici une trace de certains liens et ressources qui ont semblé plaire aux cadres présents…

  • D’abord, ma carte de réseau-concept qui décline les différents outils stratégiques qui peuvent s’avérer utiles pour un cadre désirant améliorer son quotidien. Elle se retrouve sur le site «Mindmeister».
  • Ce billet du blogue «Génération C» qui résume quelques résultats de l’étude du Céfrio (les résultats dans leur ensemble seront publiés le 1er décembre).
  • Ce lien qui illustre le «déclic intergénérationnel» face à la posture devant l’utilisation d’Internet.
  • De mon blogue, une liste de «programmes particuliers TIC, de classes ou écoles qui innovent».
  • La page wiki utilisée pour illustrer le fonctionnement de cet outil performant quand vient le temps de coconstruire; elle contient une liste d’applications iPhone très utile en éducation. Ce lien explique davantage ce qu’est un wiki.
  • La vidéo utilisée en début de journée qui illustre magnifiquement que le changement de comportements et d’attitudes peut être induit de façon originale quand on s’en donne la peine…
  • Il a été question d’identité numérique et ce wiki contenant plusieurs ressources est un incontournable
  • .

Quelques sujets ont suscité beaucoup d’échanges dont les éléments pouvant constituer des obstacles aux TIC pour un prof technophile et la gestion du changement pour des cadres qui ont à composer avec des enseignants peu enclins à envisager l’utilisation des TIC à l’école. Nous avons aussi une discussion très animée sur le rôle des enseignants; nous nous sommes demandés jusqu’à quel point ils devaient «s’adapter» aux usages des jeunes de la génération C et s’ils perdaient de vue leur fonction de modèle en matière de transmission des savoirs.

L’idée de la cohabitation de deux réseaux informatiques distincts (un dédié au secteur administratif plus axé «sécurité» et un autre dédié aux apprentissages qui relèveraient des services pédagogiques et non des services informatiques) semblait faire l’unanimité auprès de tous, même des cadres qui occupaient des fonctions dans les services TI. Il faut dire que pendant ma petite démo Twitter, il y a eu au moins dix des quelque vingt-cinq relayeurs à nous avoir fait un «coucou» à mentionner qu’il fallait cesser de bloquer certains sites Internet en général et les réseaux sociaux en particulier. Le message était clair… et il semble avoir été reçu. Je n’ai pas partagé l’existence de ce billet paru la semaine dernière, car j’ai pensé que les gens présents avaient fait leur lit du côté d’un plus grand support à donner aux pédagogues qui veulent innover.

Il est question qu’une journée du même type s’organise à Québec… J’imagine que les gens de chez Apple vont consulter les évaluations et qu’en début de 2010, nous serons fixés sur ce point. Enfin, j’ai été heureux de mettre des visages sur certains noms de personnes qui font partie du réseau de plus en plus vivant des éducateurs qui innovent…


16 novembre 2009

Frédérick Gaudreau discute de hameçonnage, d'usurpation d'identité et des «botnets»


Je me trouvais à Montréal la semaine dernière pour le lancement de la Campagne «Je protège mon identité sur Internet». Aujourd’hui, c’est à Québec que l’ISIQ me convie à titre de blogueur-reporter pour assister à la présentation du Capitaine Frédérick Gaudreau (Sûreté du Québec), le même qui s’est retrouvé à l’émission Tout Le Monde En Parle, récemment. Au menu: hameçonnage, usurpation d’identité & réseau sociaux, réseaux de zombies (botnets).

D’entrée de jeu, je dirais que la citation du Capitaine Gaudreau qui a le plus frappé mon imaginaire est la suivante:
«On trouve plus de détails sur les gens dans les réseaux sociaux que dans nos fichiers de police.»

Si le métier de policier s’est déplacé jusque sur La Toile, c’est que cette dernière est maintenant le théâtre de plusieurs méfaits; la société civile tente de s’adapter du mieux qu’elle peut. Entre les incroyables possibilités d’apprendre et de s’informer qu’offrent Internet, il y a aussi les pièges auxquels nous sommes tous confrontés. Pour nous protéger, il y a la prévention, bien sûr, mais une certaine répression est devenue inévitable puisque certains truands ont envahi le réseau des réseaux pour commettre les larcins qu’ils commettaient ailleurs, jadis.

Quand on entend dans la bouche d’une officier de police que l’une des stratégies des «voleurs d’identité» sur les réseaux sociaux est «l’ingénierie sociale» on se rend bien compte que le policier d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. C’est ce que le Capitaine Gaudreau nous a démontré ce matin… Une approche réaliste, basée sur l’adoption de bonnes pratiques sans se mettre la tête dans le sable de la crédulité. Le Capitaine Gaudreau et les membres de son équipe ne suffisent pas à la tâche au niveau des invitations à fréquenter les écoles du Québec; c’est à se demander si le milieu scolaire ne se sentirait pas un peu débordé par la cybercriminalité puisque comme pour les programmes de prévention aux toxicomanies, l’expertise des services policiers est l’une des plus en demande. En réponse à une question que je lui posais, M. Gaudreau se disait déstabilisé par le fait qu’au moins «avec les questions de toxicomanie, quelques parents ont une sorte d’expérience et ils peuvent intervenir sans trop amplifier la gravité de certains usages au niveau des jeunes (sans banaliser). Mais au niveau de ce qui se passe sur Internet, c’est souvent la page blanche…». La nécessité d’entreprendre (ou de poursuivre) le dialogue entre parents et jeunes est d’autant plus d’actualité…

J’ai été frappé ce matin par le fait que les hameçonneurs puisent allègrement dans les tactiques des bandits à cravate: «une offre extraordinaire qui paraît invitante et qui cache un leurre». Nos envies débordantes de gratuité, de meilleurs rendements, du «beau bon pas cher» sont parfois la source de nos malheurs.

Quelques collègues blogueurs étaient présents ce matin à la conférence. Sandra Bellefoy a blogué en direct et Denis-François Gravel a assuré une couverture plus anglophone. Évidemment, quelques-uns d’entre nous avons gazouillé pendant l’activité dont Pascale Soucy qui était la représentante «officielle» de l’ISIQ. À un moment donné, un journaliste de Radio-Canada a littéralement «cuisiné» le conférencier avec en prémisse, l’idée que le sujet de la cybercriminalité était devenu très important pour les services publics; il demandait «Combien de personnes sont affectées à votre service». Après trois tentatives, nous avons eu le chiffre de vingt personnes. J’ai demandé sur Twitter si on jugeait ce chiffre élevé ou bas? J’aimerais bien connaître l’avis des internautes qui passeront par ici… Un intervenant sur Twitter mentionnait qu’il en faudrait bien plus et «de vraies équipes multidisciplinaires» devaient prendre place…

Denis Talbot était à la radio de Radio-Canada (région de Québec) ce matin et je crois que son intervention était caractéristique du message qu’il tente de livrer à l’intérieur de cette campagne: «Ne faites pas sur Internet ce que vous ne feriez pas en public, devant des foules de gens!»

Le message est clair et il faut continuer de le marteler…


9 novembre 2009

Troisième mouture de la campagne «Je protège mon identité sur Internet»


Déclaration d’intérêts: L’entreprise pour laquelle je travaille conseille l’ISIQ dans un mandat qui date de quelques mois; je préfère que les internautes le sachent, même si nous ne sommes pas engagés directement dans le contenu de la campagne qui s’amorce sur la sécurité Internet. Bref, je ne suis pas rémunéré pour bloguer le contenu de la campagne. S’il m’arrive de le faire, à l’occasion, c’est parce que ce sujet est dans «ma ligne éditoriale»…
_________________________

Je suis au Centre des Sciences de Montréal ce matin pour le lancement 2009 de la Campagne «Je protège mon identité sur Internet». Je suis très heureux qu’on prenne soin cette année de ne pas prêter flanc au piège d’une «campagne de peur» qui guette toujours les intervenants quand on traite de la sécurité sur Internet.

«Concours de création vidéo»», «conférence sur la cybersécurité et la prévention», puis deux tables rondes sur des sujets connexes (commerce électronique, utilisation de l’ordinateur à domicile) et abondante présence sur les réseaux sociaux des intervenants de la campagne, sont les principales activités au programme. Sur Twitter, le «hashtag» est #jpmi.

Je suis de nature aventurièr dans mes comportements sur La Toile et je suis très heureux d’avoir l’occasion de réfléchir sur les pièges que je rencontre au quotidien par le biais de cette campagne. J’aime bien le message du porte-parole, Denis Talbot, «M. Net»: «Pas de campagne de peur, mais on ne peut pas dire «ça ne m’arrivera jamais» de vivre des problèmes avec son comportement sur Internet… donc, il faut apprendre à mieux se protéger!»

À suivre pour les trois prochaines semaines, mais en attendant, voici «le code de conduite à adopter pour naviguer en toute confiance» (source: le communiqué «officiel»):
  1. Maintenez à jour vos logiciels, surtout vos logiciels de sécurité.
  2. Faites une copie de vos fichiers importants et protégez-la contre le vol.
  3. Limitez l’accès à votre réseau personnel, surtout à celui de votre réseau sans fil.
  4. Soyez prudent lorsque vous donnez vos renseignements personnels sur Internet.
  5. Prenez garde avant d’ouvrir un fichier joint ou d’activer un hyperlien.
  6. Faites vos transactions sur des sites fiables et sécurisés.
  7. Conservez une preuve de vos transactions et vérifiez vos relevés.
  8. Créez des mots de passe difficiles à deviner.
  9. Fermez votre ordinateur après usage.
  10. Restez informé en vous rendant à monidentite.isiq.ca.

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Mots-Clés: La vie, la vie en société Partageons-le-savoir 
5 novembre 2009

Présent à la réunion nationale de la Société GRICS


J’étais invité aujourd’hui à participer à un atelier de travail organisé par Telus dans le cadre de la réunion nationale de la Société GRICS. Regroupant peu d’enseignants, mais plusieurs responsables de services TI et de cadres de C.S., «mon mandat» était le suivant:
«Démontrer jusqu’à quel point l’ampleur des usages au niveau du Web participatif et des médias sociaux bouscule les attitudes et le comportement des apprenants et le marché des nouvelles technologies. Illustrer la différence de mentalité entre les natifs du numérique et les immigrants (RF Mark Prensky). Nommer quelques pratiques émergentes et identifier quelques pièges. Trouver les opportunités… personnelles et institutionnelles ne perdant pas de vue le contexte des utilisateurs de téléphonie cellulaire.»

Le contexte était particulier… En soixante-quinze minutes, Telus souhaitait informer les participants des différentes solutions pouvant contribuer à aider les écoles à adapter leur environnement scolaire interactif aux besoins d’aujourd’hui et de demain. Une portion de l’atelier consistait donc à un genre de «pitch» des nouveautés de Telus:

  • Annonce du nouveau réseau cellulaire de 3e générations (HSPA) et disponibilité de nouveaux téléphones «intelligents», ex : BlackBerry, iPhone
  • Mobilisation d’application « mission » : GRDS
  • Offre de développement Web Portail Web hébergé Réseautage social
  • Solutions de productivité, ex : Media Signage et IP Session.

Conscients des limites que peut comporter une présentation de type «technique», les gens chez Telus avaient en tête de cadrer, à l’aide d’un «expert en éducation», l’importance des changements émergents et de ce qu’ils impliquent au niveau des services informatiques. On ne me demandait pas de «vendre» Télus; on me demandait de décrire l’importance de s’adapter. Dans le contexte de ce que j’ai mentionné dernièrement au sujet des pratiques de blocage Internet, je n’allais pas rater l’occasion de m’entretenir avec des gens que je ne réussis pas souvent «à croiser».

L’avantage de travailler en partenariat avec une entreprise de l’envergure de Telus réside dans le sérieux de la préparation, en amont. Nos interventions étaient bien planifiées et chacun avait bien en tête son «carré de sable». J’avais fourni la semaine dernière les détails de ma présentation et, à part l’inquiétude liée à ma capacité à faire entrer dans les quinze minutes qui m’étaient allouées les trente diapositives et les éléments de contenus qui allaient de pair, l’enthousiasme était au rendez-vous. Reste qu’on avait tous bien hâte de lire dans le visage des gens le type d’accueil fait à nos messages…

Je crois que ma présentation a été bien accueillie. J’ai à peine dépassé mes quinze minutes. Surtout, quelques cadres de C.S. m’ont demandé mes coordonnées pour envisager une rencontre avec les autres cadres de leur C.S. Bon… les gens qui n’étaient pas réceptifs n’ont peut-être pas pris le temps de me manifester leur réprobation, c’est possible. J’ai la satisfaction de ne pas entretenir deux «discours» en parallèle, un avec les profs et un autre avec les cadres. Mon message demeure toujours le même…

J’aurai une autre occasion le mardi 17 novembre prochain de rencontrer d’autres cadres, par l’entremise d’une invitation d’Apple Canada, cette fois. Encore ici, on ne me demande pas de «vendre Apple» (on sait que je suis très sympathique aux produits de cette entreprise), mais d’animer une journée complète sur le thème du «leadership des directions d’école». «Mon» programme de la journée n’est pas encore tout à fait arrêté, mais je compte aborder mes thèmes favoris… et faire en sorte qu’il y ait le plus d’interactions possible. En passant, c’est gratuit pour les participants!

Apple Canada et Télus me fournissent de bonnes occasions d’intervenir auprès de décideurs et je me sens tout à fait à l’aise de participer à ces rencontres. Je suis rémunéré par ces entreprises pour mes services et elles me laissent carte blanche sur le contenu; à moi de faire en sorte que ces moments privilégiés s’avèrent du «gagnant-gagnant» et à eux de faire valoir la pertinence de leurs solutions!


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Mots-Clés: Administration scolaire Pédagogie et nouvelles technologies 
4 novembre 2009

Invitation à tous les férus de «conversations sérieuses»


L’occasion du 6e colloque du CIRTA favorise la visite de collègues d’outre-mer. Dès à présent, je souhaiterais attirer votre attention sur une activité «en marge» du colloque qui s’organise pour ce lundi 16 novembre à 19 h 30: Le Serious Drink Franco Québécois!

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On peut s’y inscrire en remplissant ce formulaire chez Christophe Batier ou par l’entremise de cette page Facebook; l’inscription ne servant qu’à prévoir l’ampleur des réservations à faire chez MO, bien entendu!

Cette rencontre informelle promet d’être intéressante dans la mesure où les collègues Christophe Batier et François Bocquet sont des copains très engagés dans le domaine de l’apprentissage et des TIC. Ils ne nous visitent pas très souvent et le contexte du dernier événement Génération C se prête bien à une jasette festive et constructive!

Les sujets de discussion risquent d’émerger au rythme des propositions reçues, ici (par les commentaires), sur Facebook ou chez Christophe, qui d’ailleurs, n’en est pas à son premier «serious drink» (1, 2 et 3)!


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Mots-Clés: Pédagogie et nouvelles technologies 
31 octobre 2009

Community Manager: être ou ne pas être?


Dernièrement, j’ai participé à une discussion sur Twitter sur le sujet de l’animation des communautés. La notion de «Community Manager» était le prétexte des échanges…

Cette semaine, j’ai été rejoint par Kim Auclair qui a aussi contacté cinq autres personnes dans le cadre d’autant d’entrevues à être publiées sur un blogue spécialisé ayant pour thème le «Community Manager». D’ailleurs, la première de ces entrevues à déjà fait l’objet d’un premier billet, celle avec Bruno Boutot

Je viens d’acheminer mes réponses aux questions de Kim. Je vais attendre de voir ce qu’elle va publier de ce que je viens de lui envoyer, mais je veux garder les traces des billets de mon blogue que j’ai consultés pour documenter mes réponses:

Je réalise que j’ai beaucoup écrit sur le sujet des communautés…

Dans ce même souci de laisser des traces, Bruno Boutot a lui aussi publié sur son blogue quelques notes axées sur le définition d’une «communauté sur le Web». Je retiens ce passage:

«Dans mon contexte professionnel, une communauté sur le Web est un site où:
1 – des membres font quelque chose ensemble, avec au moins un lieu principal d’activités communes;

2 – un “membre” est une personne inscrite dont l’identité est stable et dont toutes les contributions au site sont mémorisées et facilement accessibles à tous;

3 – Il y a un “guide de participation” clair et un système de “signal aux modérateurs” (flag).»

L’ensemble de ces entrevues risque de constituer un recueil des plus pertinents sur le sujet de l’animation des communautés. Avant de publier mes réponses, voici les questions qui m’étaient posées:

  • Animateur, community leader, community manager… Quels termes conviennent-ils le mieux à la gestion de communauté ?
  • Quel type de personne peut avoir ce poste au Québec/ quelles serait ses études ?
  • Au Québec, nous avons remarqué que certaines entreprises ont commencé à créer des postes en lien avec la gestion / animation / création de communauté : combien de temps, à ton avis, cela prendra-t-il avant que ce soit un poste intégré de façon officielle pour tout type d’entreprise ?
  • Sur twitter, lors d’une discussion au sujet du terme «Community manager», tu disais de ne pas te reconnaître personnellement dans le terme ” Community manager “. Comment décrirais-tu ton rôle ?

À suivre… mes réponses. Mais disons tout de go que j’explique pourquoi je ne me retrouve pas dans le terme «Community manager».

Mise à jour du 4 novembre 2009: L’entrevue est maintenant en ligne, publiée sous le titre «Soyez des catalyseurs pour vos communautés». Plus tôt cette semaine, la deuxième de la série d’entrevues avait été publiée, celle avec Sylvain Grand’Maison; d’ailleurs, sur ce blogue, il donne plusieurs détails supplémentaires entourant sa démarche…


22 octobre 2009

Plusieurs initiatives à base d'entrepreneuriat donnent de bons résultats


Jacques Ménard l’a mentionné ce midi, voulant «que nos jeunes persévèrent dans leurs études»:
«Je n’ai pas de recette universelle. Mais, une chose est certaine. La motivation à l’école est une des clés du succès. Sinon, LA clé par excellence. Rien ne se fait sans un minimum d’intérêt. Autant que possible, au moins un peu de passion. L’éducation, c’est pareil. Nos jeunes ne vivent pas sur la planète Mars!»

Dans la foulée, une somme considérable d’initiatives à base d’entrepreneuriat ont été offertes aux 350 participants du Forum d’automne de la fondation de l’entrepreneurship.

  • Les «effets secondaires» de l’entrepreneuriat à l’école primaire Sainte-Marguerite de Magog abrite des microentreprises!
  • Un outil en ligne, le «GPS» (Guide pour s’orienter) inspiré de la théorie d’Albert Bandura permet de se situer à la fois dans une démarche d’orientation et d’entrepreneuriat.
  • À l’école secondaire de Vanier, c’est par le volet entrepreneurial qu’on répond à des besoins particuliers
  • Les micro-entreprises de l’école-des-Coeurs-Vaillants sont reconnues depuis longtemps.
  • L’immersion entrepreneuriale vise l’insertion socioprofessionnelle; c’est une sorte d’école-entreprise à l’éducation des adultes.
  • Le Centre d’apprentissage et de formation en entrepreneuriat (C.A.F.E.) permet à des jeunes de 14 à 19 ans de raccrocher en suivant un programme académique le matin et en P.M. voient au développement de leur mini-entreprise.

J’ai assisté à un atelier animé par Claire Lapointe faisant état d’une recherche du CRIRES portant sur les retombées des projets entrepreneuriaux à l’école. Il est intéressant de voir dans les écoles où ça marche, ce que des enfants en disent:
«1- On a appris à prendre des risques, avant je me sentais pas mal insécure. 2- Ne pas lâcher les choses dans lesquelles je m’engage: c’est ce que j’ai appris cette année: parce qu’avant, j’ai toujours préféré abandonner ce que… je ne me sentais pas capable, c’est une promesse que je me suis fait à moi-même. 3- Persévérance, patience: “surtout la patience avec mes coéquipiers. Travailler en équipe: avant je n’étais pas capable de travailler en équipe, parce que moi je suis plutôt solitaire”. 4- Ce projet nous a permis de devenir plus responsables, avoir plus le sens des responsabilités. Devoir garder son sang-froid en tout temps parce que parfois il y a en qui font des remarques pas très plaisantes, mais il faut passer au travers.»

Ces dernières remarques sont contenues dans les diapositives (484 Ko) présentées par Mme Lapointe. J’ai aussi eu l’occasion d’en connaître un peu plus sur la stratégie du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui mise en partie sur la Table régionale en entrepreneuriat pour intensifier une synergie déjà forte entre le milieu scolaire et le milieu socioéconomique. Enfin, j’ai pu discuter avec des profs du C.A.F.E. de la C.S. de l’Énergie. J’ai été fasciné par le fort sentiment d’appartenance à leur projet basé sur les travaux de Reuven Feuerstein qui culmine par le «Programme d’Enrichissement Instrumental».

Mise à jour du 24 octobre 09: D’autres documents en lien avec le contenu de cette journée sont accessibles sur le site de la Fondation

Mise à jour du 31 octobre 09: Le Soleil annonce ce matin que «l’École d’entrepreneurship de Beauce a cumulé des dons pour plus de 1 M $»; voilà une très bonne nouvelle!


22 octobre 2009

Jacques Ménard au Forum d’automne de la fondation de l’entrepreneurship


M. Ménard vient de quitter, au terme d’une entrevue d’un peu plus de huit minutes en direct d’un hôtel de Québec, où il prononçait une conférence devant plus de 350 personnes dans le cadre du Forum d’automne de la fondation de l’entrepreneurship. Je vais revenir plus tard sur le contenu de l’entrevue et de la conférence parce que les activités se poursuivent ici et je ne voudrais pas trop manquer d’action. Quelques notes sont sur Twitter et accessible par le fil #forum09. D’ailleurs, le fil montre les traces de nos difficultés avec la bande passante de l’hôtel, ce qui fait que pour le moment, la qualité de ce qui est récupérable laisse à désirer. J’ai eu beaucoup d’ambitions… J’aurais peut-être dû y aller pour de l’asynchrone et enregistrer le tout avec un meilleur équipement. Ça fait partie des expériences du direct.

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N.B. Un lien suivra peut-être…

Le texte de l’allocution de M. Ménard est par contre accessible: «L’entrepreneurship pour contrer le décrochage». Je remercie M. Ménard et son équipe de leur générosité. Mon contact avec lui a été très chaleureux…

Mise à jour en soirée: Je suis déçu pour M. Ménard qui avait répondu généreusement à plusieurs questions (dont certaines m’avaient été suggérées par des internautes), mais le document généré par Twitcam est inutilisable. Voici quand même un résumé des propos tenus par le Président du Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaire au Québec. L’entreprise privée (la grande autant que la PME) a un rôle de support et de soutient à jouer dans la persévérance scolaire et on ne devrait pas avoir peur de solliciter sa contribution. Le fait qu’il soit lui-même banquier a très peu à voir dans son engagement dans cette cause de la lutte au décrochage; c’est un engagement citoyen. Mais il ne peut nier que son raisonnement est influencé par sa pratique… L’équation est simple: crise démographique (peu de gens pour supporter les coûts des programmes publics) + vieillissement de la population (perte d’autonomie qui entraîne augmentation des dépen$es en santé) = productivité à accroître et pression sur l’éducation, car c’est le moyen privilégié de résoudre l’équation. Il a observé dans le milieu anglophone, entre autres, la valeur ajoutée de l’entrepreneuriat et c’est pourquoi il croit qu’elle doit devenir la pierre d’assise de sa stratégie. Et nous avons beaucoup de chemin à faire parce que sur ce volet, nous ne nous classons pas bien, peu importe les provinces/pays auxquels on se compare. La dette (si jamais on pensait emprunter)? Elle est l’une des plus gro$$e du continent. Reste l’éducation… Même s’il appuie le Plan Courchesne, il a un double rôles à jouer à l’intérieur du Plan (tout comme la Fondation Chagnon dont il n’est pas l’un des dirigeants) et à l’extérieur, également. Il sent la mobilisation très forte, mais il ne veut rien prendre pour acquis. Aussi, il ne croit pas au mur à mur; à chaque milieu sa solution. Il a mentionné l’urgence à s’adapter aux moyens que prennent les jeunes pour communiquer par nos approches dans la lutte au décrochage et il veut s’inspirer de ces moyens dans un avenir prochain. Enfin, il m’a donné raison sur la tendance «hyperconformiste» de l’école d’hier et d’aujourd’hui ce qui pouvait contribuer à briser l’esprit d’initiative et la prise de risque… donc, de rendre les projets entrepreneuriaux plus difficiles à réaliser. Mais il place sa confiance dans l’école de demain…

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N.B. Crédits photos: Stéphane Bourgeois


22 octobre 2009

Le décrochage scolaire au Québec: on recule plutôt que d'avancer


Je suis au Forum d’automne de la fondation de l’entrepreneurship ce matin et j’y serai toute la journée. Pour le moment, je publie des notes sur Twitter davantage que je ne blogue. Le fil Twitter des conversations est «#forum09».

Je veux tout de même hyperlier les diapositives utilisées (12.7 Mo) par Michel Perron (sociologue à l’Université du Québec à Chicoutimi) qui démontrent que la pente est raide au Québec en terme de chemin à parcourir pour enrayer le décrochage scolaire

Je réfère également à une vidéo publiée sur YouTube qui a été présentée ce matin:

Je reviens plus tard avec d’autres billets sur ce même sujet.


Je réfléchis

21 novembre 2009

Qui s'intéresse à l'éducation achète Le Devoir aujourd'hui


Bon… Il faut dire que j’aime ce journal, de toute façon. Mais ce matin, c’est avec bonheur que j’y découvre quatre articles qui traitent d’éducation dont un dans lequel je suis cité:

J’ai été interviewé deux fois en amont de la préparation de cet article. D’abord par Amélie Daoust-Boisvert un peu avant le Colloque Génération C. Nous avons repassé ensemble les grandes lignes des résultats de l’enquête en insistant sur certains paradoxes comme celui des enseignants qui se discréditent en disant trop souvent que les jeunes sont des experts en TIC (par rapport à eux), n’aiment pas l’idée que ces jeunes ne les trouvent pas assez «compétents pour les aider à faire un bon usage des technologies» et du même souffle, expriment un grand désarroi devant ces jeunes qui se comportent souvent en «sous doués» dans leurs usages des TIC. Drôle de situation puisque justement, l’étude du Céfrio démontre que les jeunes demandent d’être aidés pour trouver les clés de lecture de ce chaordre. Ensuite, quelques semaines plus tard, j’ai rencontré Isabelle Porter où nous avons discuté des C.S. qui bloquent plusieurs sites Internet et de plusieurs expériences intéressantes menées par des profs dans les deux réseaux d’éducation. C’est à ce moment que j’ai cité les initiatives de Sylvain Bérubé et de Jean Desjardins. Je l’ai aussi contactée par courriel pour lui souligner qu’un prof subissait des sanctions disciplinaires pour avoir utilisé son propre ordinateur portable à l’école.

Par le biais de cet article, j’aurai tout de même réussi à obtenir une admission et «un argument» de la présidente de la FCSQ au sujet des blocages. Il faudrait travailler sur la perception des parents, si je comprends bien:

«À la Fédération des commissions scolaires du Québec, on reconnaît que celles-ci bloquent beaucoup de sites. Elles n’ont pas le choix, dit la présidente Josée Bouchard. «Si on ne le faisait pas, ce ne serait pas long que les parents nous le reprocheraient.» «Cela dit, si l’enseignant est capable de faire la preuve que ce n’est pas à risque pour nos jeunes, ça peut s’arranger avec la direction de l’école.»

Cette série d’articles a le mérite de contribuer à garder dans l’actualité le nécessaire débat sur l’importance de nouveaux leviers que sont les TIC en éducation. Je trouve moi aussi que le titre de la Une est trompeur, tout comme l’affirme Gilles Jobin dans un commentaire publié à la suite de l’article:

«”Le cours magistral est mort ?” Diable ! votre article décrit justement un cours magistral.»

Il y aurait d’autres nuances à faire - je sais que Sylvain prépare un billet sur son blogue sur ce sujet - et on ne saurait trop insister sur l’importance de faire ces nuances, mais je tiens tout de même à remercier la direction du Devoir des affectations de Mmes Porter et Daoust-Boisvert dans la préparation de ce dossier. Il devient de plus en plus important que les gens en éducation prennent la parole et se prononcent sur les changements à faire en éducation autant que sur ceux qui ne doivent pas être faits.

Je cite à cet effet un billet du prof masqué qui contraste avec certaines de ses positions sur la réforme de l’éducation et qui prouve que c’est par le dialogue que nous pouvons souvent mieux nous comprendre à travers le temps. J’en profite pour dire que j’étais directeur d’une des écoles ciblées par le MELS au primaire et que pendant que j’étais directeur, nous avions continué - à tort ou à raison - d’évaluer les connaissances en contexte formatif. Dans cet esprit, j’aime bien le billet du prof masqué… qui lui aussi, mériterait que je m’étende sur quelques nuances…:

«Pendant les années où on a voulu me réformer, ce qui m’a étonné dans mes formations, c’est à quel point j’étais «réforme» dans mes évaluations finales en écriture, à quel point j’étais «réforme» dans les méthodes et moyens que je donnais à mes jeunes. (…) Voilà qu’on ramène maintenant véritablement l’enseignement des connaissances dans les écoles. Bravo! Mais ce ne doit pas être que cela. Les connaissances ne s’opposent pas aux compétences; elles les précèdent. Et la réforme, par son enseignement par projet par exemple, a souvent fait table rase de cette idée.»

Tout cela ce matin pour dire qu’il y a dans les articles en éducation du Devoir d’aujourd’hui beaucoup de matières à discussion. Profitons-en!


15 novembre 2009

Le Web en temps réel


Chacune de mes rencontres avec Christophe Batier est l’occasion de grands moments de réflexion et de folie. On se souviendra des premières causeries en sa compagnie en direct de Lyon. Ce matin dimanche, nous avons remis cela avec de tout nouveaux sujets.

La première de quatre est maintenant prête à être publiée, mais elle exige une certaine mise en contexte. Il faut d’abord dire que Christophe est ici au Québec pour participer au Colloque du Centre Interuniversitaire de Recherche en Technologies d’Apprentissage dans lequel j’interviens moi aussi mercredi. Nous avions convenu d’enregistrer nos conversations dans nos nouveaux bureaux du quartier Saint-Roch. Le premier sujet se voulait lié à cette idée d’un Web en temps réel qui émerge ici et là. Tant qu’à faire, j’ai proposé à Christophe de tenter une expérience avec mon canal Twitcam, même si le dimanche, on ne risquait pas de rejoindre beaucoup d’internautes pour se joindre à la conversation. La causerie n’ayant pas été un succès technique, nous avions pris la précaution d’enregistrer également avec deux caméras, ce qui nous permet de la consulter disons… d’un autre angle. De fait, on a réalisé en objectivant notre exercice qu’il nous fallait une connexion filaire pour que le tout fonctionne bien.

Je propose donc l’écoute de notre entretien et celle de l’objectivation. Je souligne au passage que dans les prochains jours, je placerai les autres conversations à la suite de celle-ci, en mise à jour. Je ne sais pas trop comment qualifier ces grands moments de rencontre avec Christophe, mais je peux affirmer sans détour que nous avons eu un immense plaisir à tourner nos causeries…

N.B. À noter que demain lundi, nous organisons un Serious drink qui devrait être tout aussi festif et ressourçant!

Mise à jour du lendemain: Christophe vient de mettre en ligne notre deuxième causerie…

Mise à jour du 18 novembre 2009: Notre troisième causerie n’est pas tout à fait dans le même style que les autres… Ayant à discuter d’un sujet un peu plus lourd, nous avons décidé d’adopter une posture plus relaxe. C’est court, on a eu beaucoup de plaisir, mais on ne sait pas trop si la vidéo va «bien vieillir»! On peut regarder tout ça du côté de «Apprendre 2.0» (lire les commentaires) ou à l’aide du lecteur ci-bas:


1 novembre 2009

Une tribu? En éducation?


J’ai lu Martin Bélanger avec beaucoup d’attention et d’empathie ce matin. Son billet «La victoire de l’inertie» témoigne d’un certain découragement, en apparence, mais révèle surtout un certain sentiment d’isolement.
«La masse critique de ceux qui sont prêts à “refaire le monde” de la pédagogie est trop petite.»

Martin est un prof qui travaille pourtant dans un des projets pédagogiques les plus ouverts qu’il y ait à l’école secondaire, mais il semble se sentir rattrapé par le peu d’ouverture au questionnement et aux remises en question des pratiques évaluatives «douteuses» et inconséquentes d’un programme «par compétence». Comme le mentionne Éric Delcroix dans un billet qui n’a pas été écrit pour faire écho à celui de Martin, on en vient souvent à développer une sorte d’écoeurite aigüe de «la politique du moins pire»!

Sur un autre front, c’est la tension chez les directeurs d’école qui préoccupe. Depuis quelques semaines, la FQDE est dans une sorte de croisade qui vise à dénoncer l’ampleur de la bureaucratie qui les empêche carrément de pouvoir privilégier leur travail de leader pédagogique auprès des profs et des élèves. Ce matin, la diffusion d’une étude du département d’administration et de fondement de l’éducation de l’Université de Montréal vient donner de l’eau au moulin de Chantal Longpré qui discutait de la situation précaire des directions cette semaine avec Benoît Dutrisac. Ce passage du document, signé par Emmanuel Poirel (doctorant en psychopédagogie), me paraît être représentatif de ce que j’observe sur «le terrain», à savoir que la profession est sous haute tension et que la marge de manœuvre déjà étroite est rétrécie par les contraintes administratives qui viennent souvent d’en haut sous le prétexte de la reddition de comptes, mais en réalité, qui président d’une lourdeur administrative chronique:

«Si les contraintes administratives apparaissaient comme la principale, en tant que construit conceptuel, on s’aperçoit que l’analyse des statistiques descriptives permet de compléter et de nuancer ce premier constat : l’activité des directions est composée de tensions entre ce qu’elles souhaiteraient faire et une série d’interruptions (téléphone, personnel), d’incidents (conflits), de contraintes (règlements, documents et délais administratifs) ou d’absence de ressources informationnelles qui les empêchent d’agir.»

J’aime bien ce tableau de la page 10:

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À ce stade de mon avant-midi, compte tenu qu’il fait beau dehors et que nous sommes dimanche, je suis sorti à l’extérieur. Au moment de revenir, je me suis rappelé que j’avais une vidéo à regarder qui ne monte jamais dans ma liste de «to-do», parce qu’elle ne réussit pas à déloger les autres priorités…

On comprendra mieux le titre de mon billet après l’avoir regardé. Le concept des «tribes» de l’auteur Seth Godin est abondemment cité par les blogueurs en marketing, mais il ne semble pas beaucoup attirer les gens en éducation. Tout à coup, je me suis à penser au billet que je venais à peine d’écrire sur les communautés; difficile de ne pas faire le lien avec les enseignements de M. Godin…

Nous racontons souvent comment la période actuelle axée sur la lutte au décrochage scolaire et le questionnement de nos pratiques à la lumière de ce que nous savons sur les natifs du numérique représentent un gros défi. Dans le contexte de ce que je soulevais au début de ce billet, il convient d’envisager toutes les solutions qui pourront contribuer à briser l’isolement dont souffre trop d’intervenants dans le monde scolaire. Raconter ce qui nous occupe, c’est bien, mais comme le dit Seth, il faut aussi apprendre à mieux s’interconnecter pour augmenter nos échanges et s’engager à fond dans les changements à faire. La troisième étape qui nous attend consistera en la création d’effets de levier qui permettront d’impliquer les gens de l’extérieur de notre domaine. J’aime bien ce résumé des principes de l’auteur de Tribes.

Pour le moment, nous n’en sommes probablement qu’à l’étape de l’interconnexion entre les membres de la «masse critique» dont parlait Martin Bélanger. Il faut augmenter le nombre de ces personnes qui n’ont pas besoin d’avoir tout en commun, mais qui croient aux vertus de l’échange et du partage en plus de refuser le statu quo et la nostalgie de l’école où tout le monde doit apprendre les mêmes choses en même temps à la même vitesse. De fait, nous n’avons pas besoin d’être des milliers avant de pouvoir provoquer les changements escomptés pour se «guérir» de l’école d’hier qui créé trop souvent le décrochage d’aujourd’hui. Il nous faut seulement mieux s’organiser et se regrouper avec des réseaux constitués d’éducateurs qui utilisent les moyens modernes de communiquer. Les actions futures doivent-ils passer par les associations professionnelles, les syndicats, les représentants des divers acteurs de l’école (parents, cadres, etc.) ou les politiciens? Probablement… mais il faudra peut-être accepter de ne plus attendre après ces groupes dont l’inertie des uns explique peut-être l’inertie des autres.

Comme je l’écrivais chez Martin (avant de voir la vidéo de Seth Godin), «l’inertie a peut-être remporté une bataille, on pourrait le «concéder». Mais s’il y a une guerre, l’inertie ne l’a pas remportée.»

«Je ne me considère pas en guerre parce que j’ai peine à identifier contre “qui” je “me battrais”, mais je travaille à augmenter la masse critique dont tu parles. Sur ce front, je trouve que ça ne va pas trop mal. Déjà, il faut veiller à développer nos solidarités entre tous ceux qui offrent un espace (quel qu’il soit) pour “faire différemment”.»

Je suggère qu’il en soit question à Clair 2010!


28 octobre 2009

À propos du conformisme et des écoles...


L’Infobourg et Martine Rioux me font l’honneur d’un éditorial ce matin, «Le conformisme dans les écoles, ça suffit!»

J’assume totalement ce que j’ai dit devant plusieurs des participants au colloque Génération C. J’ai senti le besoin de cette sortie parce que plusieurs personnes m’ont encouragé dans ce sens, contrairement à il y a quelques années où le fait d’évoquer l’existence des filtres et du blocage d’Internet dans les commissions scolaires ne semblait créer aucune réaction.

Si j’ai lié ce sujet à la valorisation d’une culture du conformisme à l’école, c’est surtout parce que j’ai observé depuis toujours que ceux qui réussissaient le plus à l’école primaire et secondaire étaient ceux qui avaient le plus intégré dans leurs attitudes et leur comportement cette valeur. Plus tu te conformes en classe, plus tu écoutes, plus tu suis les consignes, plus tu gardes les rangs, plus tu agis en conformité avec ce qu’on attend de toi… plus tu as de bonnes notes et mieux tu es perçu par «le système». Moins tu t’affirmes, moins tu déranges, moins souvent tu t’éloignes de la ligne droite tracée devant toi, mieux «tu performes» dans ce système.

Pourtant, en dehors de l’école, sur le marché du travail, dans les arts ou les sports, en famille, «se conformer» en prenant le moins d’initiatives possible n’est absolument pas utile. En société, agir sans trop de discernement, «comme tout le monde», ça peut même te mettre en danger!

On veut former des gens autonomes et responsables pour le collégial et l’université, sans leur montrer comment s’affirmer. D’ailleurs, quand ils osent s’avancer avec un point de vue divergent, ils en paient souvent le prix par le reproche ou l’exclusion.

Je sais. Je ne fais pas dans la nuance avec ce commentaire. Il y a des exceptions.

C’est que j’en ai marre de ce système qui survalorise un comportement nuisible en société quand vient le temps de s’adapter. Trop de nos leaders sont de ceux qui ont refusé de rentrer dans les rangs… voire, ont décroché de ce système. Ne l’a-t-on pas remarqué?

C’est dit… et redit!

Mise à jour du 31 octobre: Autre coup de poing sur la table, cette fois en provenance de Carole Beaulieu de l’Actualité: «Bye-bye école du 17e siècle !»


26 octobre 2009

Twitter... capteur d'attention ou constructeur d'apprentissage?


En fin d’après-midi aujourd’hui, plusieurs gazouillis en provenance de France ont capté mon attention dont ceux de la «session de formation des personnels de l’enseignement supérieur concernés par la pédagogie via les TICE» de Grenoble, partie intégrante de l’université de printemps Vivaldi 09. Je passe sous silence une série d’autres qui concernent une personne se vantant d’avoir alerté un collectif d’enseignants (toujours en France) afin d’écrire au ministre pour qu’il se prononce sur le bien-fondée d’une stratégie pédagogique dont j’ai déjà parlé ici et déjà approuvée par un inspecteur. Le gazouilleur se faisant appeler «desormiere» m’a bloqué quand j’ai voulu suivre son compte, mais pour le moment, je peux encore voir «sa logique», son canal étant encore «public».

J’écris ce billet parce qu’à la suite de l’écoute de cette vidéo enregistrée lors d’un de mes passages à Lyon, un autre gazouilleur m’a adressé quelques bonnes questions:
  • Ne crois-tu pas que cette attention de surface des utilisateurs de Twitter en conférence nuit?
  • Toujours prêts à rebondir, ils ne sont jamais vraiment dans l’écoute du vivant, mais dans un “méta” avant ou arrière… ce back channel ne suppose-t-il pas que le conférencier ait un propos redondant au sens sans profondeur?
  • N’est-ce pas là l’inverse même de la prise de note?
  • Le conférencier abordant un sujet complexe ne devra-t-il pas demander “éteignez vos portables et vos tweet”?

Je suis loin d’être certain que pour tous les apprenants, Twitter favorise de façon optimale la construction des apprentissages. Par contre, je ne vois pas bien en quoi les gazouillis seraient «l’inverse d’une prise de notes». Pour moi, en posture d’écoute, cela agit exactement de la même façon. D’ailleurs, le principe même de l’écoute active postule qu’elle doit être «plus fine que la reformulation en ce qu’elle ne se limite pas à dire autrement ce qu’une personne vient d’exprimer, mais de décoder la dimension affective généralement non verbalisée». Le «back channel» auquel on réfère me paraît être bien davantage que ce qu’on n’entend pas normalement. N’importe quel intervenant d’expérience sait que «l’écoute du vivant» n’empêche pas l’auditeur de se parler dans sa tête même quand il paraît être à 100% présent au message du conférencier (ou de tout autre «enseignant»). L’acte d’écrire ce qui est pensé ne me paraît pas être moins profond que celui de réfléchir sans laisser de trace. Pour celui qui agit en émetteur, je peux comprendre qu’un doute puisse s’installer; l’auditeur est-il vraiment «branché» sur le sujet? Pourtant, quand on a accès aux gazouillis (du moins après la présentation), on a accès à la pensée de celui qui écoute, il me semble que ce soit une sorte «de progrès», par rapport «au mirage» du regard béat de celui qui écoute «en silence»…

Bien sûr, la lecture des gazouillis des autres qui assistent à la même présentation dilue quelque peu l’attention disponible. Plusieurs personnes en situation de réception ne vont pas nécessairement prêter attention aux autres qui gazouillent en même temps qu’eux, à part peut-être si ces derniers s’adressent explicitement à eux. Il convient souvent de faire confiance à celui qui apprend dans la façon dont il distribue son attention. Ce qui devient le «plus rentable» en terme d’apprentissage est souvent choisi par l’apprenant qui est sincèrement «engagé» intellectuellement dans ce qu’il est en train d’apprendre. Parfois, les gazouillis des autres, quand on choisit d’y prêter attention deviennent aussi des occasions de faire des liens avec du contenu en périphérie de ce qui constitue l’essence du sujet. Parfois, c’est simplement une petite pause qui permet, telle le repos entre des contractions musculaires, qui permet de revenir encore plus fort. Le pari de faire confiance à l’apprenant me paraît être meilleur que celui d’exiger de se priver d’un moyen d’objectiver, dans le contexte où c’est perçu de cette façon par celui qui utilise Twitter. Mais bon… ce n’est pas une science exacte et à ce stade-ci, mon «expérience» de cette forme d’apprentissage vaut probablement celle des autres. Une chose est évidente pour moi: chacune de mes expériences d’apprenant m’a convaincu, pour moi, du bénéfice de «suivre» en gazouillant. Ce sont ces expériences qui teintent mon regard de conférencier maintenant. Je ne fais pas d’acte de foi… Je l’ai expérimenté personnellement. Si cela n’avait pas été le cas, je ne peux garantir que j’écrirais ce que je viens d’écrire. Ça explique probablement mon préjugé favorable, même quand je suis dans la position de celui qui fait apprendre…

Pour terminer, j’ai le goût de garder en mémoire ce qu’on me suggérait cette après-midi par gazouillis interposé: «C’est tout le charme de Twitter : l’essence d’une pensée dans une bouteille à la mer numérique».

Mise à jour du 28 octobre: Je ne suis plus bloqué chez «desormiere», mais tout a été soigneusement effacé de son canal Twitter des contributions de cette journée du 26 octobre. Plus aucune trace d’un différent qui ne devait pas en valoir la peine, j’imagine. Ne plus assumer ce qu’on a déjà écrit… ça peut signifier tellement de choses différentes. Comment interpréter cette rétropublication? Il me reste ceci, tout de même…


24 octobre 2009

Le Centre des congrès de Québec marque le déploiement du 200e point d’accès de ZAP Québec


Beaucoup d’action cette semaine pour ZAP Québec. Pendant que notre président était au Mexique (à l’invitation de l’ambassade du Canada dans le contexte des «Ciudades Digitales») pour présenter notre projet de ville sans fil à «des intervenants de partout en Amérique», nous annoncions que le Centre des congrès de Québec devenait notre 200e point d’accès:
«Soucieux de contribuer au développement de son milieu, le Centre des congrès de Québec est ravi de participer au projet ZAP Québec et d’ainsi souligner l’apport de l’organisme à l’économie numérique et au rayonnement régional de la Capitale-Nationale. “Outre les technologies de pointe déjà installées en permanence dans le Centre, nous pouvons maintenant, grâce à cet ajout, satisfaire les besoins toujours grandissants des quelque 200 000 visiteurs d’affaires qui transitent par le Centre chaque année”, ajoute Ann Cantin, directrice des communications et de la mise en marché du Centre des congrès de Québec.»

La pression est constante sur les municipalités en ce qui concerne l’accès Internet gratuit. À Sherbrooke (212 bornes, 26 000 usagers), La Tribune mentionnait cette semaine qu’on mise sur «une expansion du côté des institutions commerciales, comme les restaurants, les cafés et les salles d’attente» pour accélérer la progression de ZAP Sherbrooke. Même une candidate aux élections municipales de la Ville de Saguenay lorgne du côté du modèle des Zones d’accès public (ZAP) pour «mousser sa campagne». Heureusement, ici à Québec (207 bornes, 28 000 usagers) les candidats s’entendent sur l’importance de notre initiative. Pendant que Jeff Fillion souhaite que la ville donne «tous les outils nécessaires à Zap Québec pour arriver» à sensibiliser les commerces de la Capitale, le maire de Québec Régis Labeaume y allait de son engagement, au moment où la ville joint le groupe de partenaires institutionnels, par l’entremise de ce communiqué de ZAP accompagnant l’annonce du 200e point d’accès:

«La Ville partage avec ZAP Québec la vision d’une cité branchée, dynamique et avant-gardiste. En facilitant l’utilisation de ses équipements municipaux comme zones d’accès publics à la technologie sans fil, elle remplit sa mission première, celle d’offrir à la population des milieux de vie de qualité. Au cours des prochains mois, nous entendons fournir une collaboration soutenue afin que Québec devienne LA référence en matière de ville sans fil.»

À Montréal, Île-sans-fil (189 bornes, 124 000 usagers) suit aussi de très près le scrutin municipal puisque certaines annonces touchent leurs préoccupations. Après avoir été très présent au Colloque Génération C du Céfrio, ZAP Québec entreprend l’automne avec beaucoup d’énergie…

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20 octobre 2009

Une journée sur le sujet de la génération C


L’avantage de Twitter est que c’est un outil fantastique qui tient lieu de carnet de notes, personnel ou collectif. Le désavantage de Twitter, c’est de pouvoir noter beaucoup de petits trucs, mais aussi, de risquer de mettre de côté le blogue, un des outils les plus puissants quand vient le temps d’objectiver une journée comme aujourd’hui.

Je parle évidemment de ma présence au Colloque Génération C, dont c’était la première des deux journées. Cinq cent trois participants, une vingtaine d’accréditations médias et beaucoup de conversations plus tard, on peut dire que la rencontre tient ses promesses. En intensité et en apprentissage… Je rappelle qu’à la mi-septembre, quelques résultats avaient été dévoilés. J’en ai déjà parlé ici et .

Demain, les impacts du communiqué de presse et la lecture des journalistes présents «transiteront» par médias interposés vers la population. Allez savoir ce qui sortira de tout cela… Déjà, on peu lire quelques comptes-rendus (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 et 11). Plus tôt ce matin, Taïeb Moalla du Journal de Québec avait témoigné en direct de son expérience. Mais c’est du côté du fil Twitter #genc (plus d’un milier, semble-t-il, dans cette seule première journée) qu’on retrouvera les plus généreuses contributions. Les gens ont été généreux de leurs gazouillis et il faut saluer l’audace du Céfrio d’avoir accepté l’aménagement sous forme d’écrans géants devant la scène qui retransmettait en direct les «tweets» de tous et chacun. L’image d’un membre du gouvernement traitant des services gouvernementaux avec au-dessus, la critique d’un de ces services, me restera longtemps en mémoire. Pas de malaise ici, seulement le reflet d’une façon inusitée [et moderne?] d’échanger et le symbole de certains dogmes qui tombent…
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Crédit photo: Denis Francois Gravel

Il n’y a eu que très peu de ces moments de vertige. La grande majorité du temps, le gazouillis exprimait un questionnement, une information complémentaire ou précisait une réflexion qui découlait de ce qu’on venait d’entendre. Au moment où notre conférencière unilingue anglais s’est exprimée (une synthèse, au Devoir), certains se sont mêmes demandés si l’écran ne s’avérait pas plus utile à suivre que la traduction simultanée? En rafale, quelques réflexions qui remontent au moment de mettre fin à cette journée:

  • J’ai rebaptisé Danah Boyd, «la Louis-José Houde du “social networks”», tellement elle possède un débit rapide. J’avais rencontré Danah à LeWeb3 en décembre 2008 et j’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à renouer de bons souvenirs en sa compagnie, après son allocution. Selon elle, Google Wave ne «décollera pas» étant un «geek tool», sans plus. Si elle convient que l’initiative OLPC repose sur une très belle vision, elle croit fermement que ça représente la façon «américaine» de faire les choses et qu’on en a un peu soupé de se faire organiser «par les U.S.»; il y a peu de chances que le futur soit rose pour les XO, dans son esprit. Le mérite aura été de contribuer à voir autrement l’éducation et de servir de lancement au microportables… Danah est repartie à Boston en automobile, vers le milieu de l’après-midi…
  • Le gazouillis de la journée quant à moi est survenu en fin de journée au moment où on discutait de l’inertie expliquant la difficulté de lutter contre la fracture numérique: (Luc Gendron) «Qui/où est la force d’inertie? Ceux que la démocratisation de l’information menace, car elle dilue leur pouvoir.»
  • Comme souvent, la rencontre d’une personne qu’on côtoie dans l’espace numérique est remplie de lumière. Cette impression de se connaître même si on se voit pour une première ou deuxième fois est toujours indescriptible…
  • Il a beaucoup été question d’éducation aujourd’hui et les gens m’ont paru très ouverts dans leurs analyses des bons coups et de ce qui reste à accomplir en terme de défis. il y avait une telle qualité d’intervenants et de participants que je n’ose nommer personne. Le Céfrio aura réussi son pari: réunir toutes les forces vives de notre domaine!

La suite demain… Je dois aller me coucher si je veux être un tant soit peu à la hauteur!