C’est la triste conclusion qu’il faut tirer de la consultation d’une étude britannique qui a porté sur le comportement des enfants nés à partir de 1993. La «Google generation» passe rapidement d’une chose à l’autre sur Internet, consomme l’information à une vitesse d’enfer, mais est incapable de s’assurer de la validité de ce qu’elle rencontre. Livrés à eux-mêmes sur La Toile au contact des moteurs de recherche, les jeunes risquent beaucoup et vont quand même changer la donne en terme de consultation média:
«Dans l’ensemble donc, l’étude met à mal la “Google Generation” en la présentant comme une population au jugement simpliste et aux compétences réduites, tout en précisant qu’elle signe la mort des médias non interactifs comme la presse papier ou la télévision.»(source)
L’objectif des chercheurs était de pouvoir aider les bibliothécaires à mieux comprendre comment les jeunes cherchent l’information dans un monde dominé par le numérique. En rafale, voici quelques données qui émanent de la recherche longitudinale «commandée», entre autres, par la Bibliothèque nationale du Royaume-Uni:
Les auteurs vont jusqu’à répondre à la question «Existe-t-il une génération Google qui serait composée de jeunes au statut d’expert»? Une question, mais plusieurs éléments de réponse…
Je retiens de ma lecture de tout le document que les jeunes nés après 1993 ne sont pas des experts d’Internet, malgré qu’ils aient beaucoup à nous apprendre. De fait, ils ont encore beaucoup à apprendre, aussi… Les adultes sur leur passage doivent développer les stratégies pour influencer leur comportement et ainsi, éviter que se structurent de mauvaise habitudes qui les enfermeront dans leur condition de sous-doués! Je termine avec cet extrait original qui ouvre sur le rôle des éducateurs dans les bibliothèques qui ne doivent pas qu’être présents dans les univers virtuels des jeunes:
«So, a number of progressive librarians have started building a presence in MySpace and Facebook by creating profiles. It is too early for a solid evidence base to emerge to see whether this kind of initiative will bear fruit, but there are clearly dangers in trying to appear “cool” to a younger audience. In fact, there is a considerable danger that younger users will resent the library invading what they regards as their space. There is a big difference between “being where our users are” and “being USEFUL to our users where they are”.»
Je trouve ce constat plutôt inquiétant:
Toutefois, ils annoncent, par leur comportement, l’avènement du Web sémantique : un Web où le langage naturel, détaché de ses nuances, sera la norme dans la recherche d’information.
Toutefois je suis en accord avec toi, Mario, que ces jeunes adolescents en ont certes beaucoup à nous apprendre et que les éducateurs qui interviennent auprès d'eux ont le devoir de les encadrer à défaut de quoi le système d'éducation deviendra tout à fait inutile; il faut, comme je l'ai lu souvent, leur apprendre à apprendre!
J'adore te lire Mario et te remercie de me tenir à jour intellectuellement... à 65 ans sous peu.
Attention ces difficultés ne sont pas le seul apanage de la jeunesse. Faites le même test dans le monde adulte et vous serez bien surpris. Il me semble qu'il ne faudrait pas réduire le monde adulte au monde des spécialistes des TIC....
Quand à ce que les jeunes ont à nous apprendre, cela n'est pas clairement perceptible en ce moment, il faut attendre qu'ils deviennent à leur tout adulte pour mesurer réellement ce qui s'est passé. Pour l'instant ils nous montrent simplement leur mode d'appropriation et ses spécificités.
Ce pourquoi, il est très intéressant de bloguer avec ses élèves. Venez nous voir!
Faire croire que les jeunes agissent comme des idiots, c'est un peu simpliste.
Gros utilisateur moi même d'Internet, il semble en tout cas impératif de transmettre notre expérience du surf en en montrant les intérêts et les dangers qu'il y a à utiliser Internet et je pense tout spécialement à la problématique de la gestion de l'identité pour laquelle bien peu de gens (même les adultes) sont armés.
Vous avez bien raison de mentionner ce point de l'identité, Olivier. Justement, Bruno qui est intervenu précédemment, a écrit un bon billet sur le sujet.