Je ne suis pas le premier à en parler… Le rapport que François Taddei (généticien, chercheur en biologie des systèmes et spécialiste reconnu de l’évolution) a réalisé pour l’OCDE au printemps 2009 est en droite ligne avec plusieurs des constations qui se retrouvent dans les réseaux avec lesquels je travaille. Bruno Devauchelle écrivait que «la société de la connaissance ne le sera que pour ceux qui sauront apprendre». Rémi Thibert ajoutait: «Oui, il faut former à l’école des gens capables d’être autonomes par la suite, de transférer des connaissances, des compétences dans d’autres domaines, des gens capables d’adaptation…»
C’est le concept, «la capacité d’adaptation», que Libération a choisi de mettre de l’avant lorsqu’il a publié un article sur le rapport de Taddei…«François Taddei vient d’achever, à la demande de l’OCDE, un rapport sur les orientations à donner à une réforme de l’éducation. Il a un credo, emprunté à Charles Darwin : «Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.» Et une conviction : le système le plus performant sera celui qui forme les meilleurs autodidactes.»
Par l’entremise de Michel Lévy de TEDxParis, je suis tombé sur cette vidéo où François Taddei revient sur certaines de ses idées dont les notions de créativité, d’adaptabilité et de collaboration.
Le rapport complet n’est disponible que dans sa version anglaise, «Training creative and collaborative knowledge-builders: a major challenge for 21st century education», mais le billet de Bruno comprend une traduction libre de quelques-unes de ses recommandations.
Je demeure fasciné dans le débat actuel par le nombre de personnes qui applaudissent (dont la journaliste Nathalie Collard) à un supposé retour en force «d’une approche plus classique, centrée sur l’acquisition des connaissances». Comme si le fait de vouloir qu’on sache agir avec ce qu’on sait était rétrograde. Et que dire du «savoir apprendre» qui est à la base du concept des compétences transversales dont plusieurs journalistes et syndicalistes se moquent sans savoir de quoi on parle. À ce sujet, je recommande l’écoute de ce court extrait d’une entrevue radio (4.2 Mo fichier mp3) en compagnie de Manon Bernard, présidente de la FSE-CSQ, incapable de renseigner le journaliste - et les auditeurs de Radio-Canada - sur une question simple comme la différence entre «connaissance» et «compétence». Pas étonnant que les syndicats aient mis autant d’accent à revendiquer de se contenter des connaissances… C’est François Taddei qu’il faudrait inviter au Québec pour inspirer certains leaders syndicaux!
Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.
«Apprendre», c’est un bien grand mot. Du haut de ses neuf lettres, il évoque la présence d’un mystère attrayant, d’une clé passe-partout qui ouvre toutes les portes ou d’un concept creux utilisé à toutes les sauces pour qualifier un comportement humain, naturel et instinctif qui permet à tous de s’adapter à son environnement. Apprendre est un verbe; on fait référence ici à un processus. Souvent, « apprendre » est lié à un sujet d’étude qui est en même temps, une sorte de résultante, l’éducation. Tout cela pour situer «l’apprenant», celui qui apprend.
Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.
Nous avons donc statué que les sources de connaissance sont multiples et que ces dernières circulent de plus en plus librement. Si l’enseignant reste un des importants transmetteurs de connaissances, sa fonction de guide pouvant contribuer à enseigner les clés de lecture prend énormément de valeur. Tel un harmonique pour le domaine du son, « l’enseignant qui guide » agit en médiateur entre les possibles qui s’offrent à l’apprenant; ça ne signifie pas qu’il se contente de n’être que «guide»; je le rappelle… l’enseignant demeure une source privilégiée de connaissances; il «enseigne» encore… Si parfois, il révèle, si souvent il démontre, il lui faut aussi adopter la posture de celui qui cadre l’analyse devant s’imposer à un apprenant quand il y a plusieurs choix possibles devant lui. Une certaine migration s’impose; on lui demande de devenir meilleur «poseur de questions» après avoir été longtemps «conditionné» à être le meilleur «donneur de réponses».
Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.
Todd Richmond (2006) utilise l’expression «tempête parfaite» («perfect storm») pour décrire ce qui nous attend en éducation et je serais porté à penser comme lui:«Richmond compared the future technology-triggered transformation of educational institutions to the “perfect storm” that hit the music industry when several different factors intersected to disrupt the existing institutions for making, distributing, and monetizing music: millions of people acquired broadband connections and used sufficiently powerful personal computers, the MP3 format made it easy to encode, transmit, and decode music via the Internet, digital tools for capturing and editing audiovisual content made “studio quality” production widely available, online social networking made p2p and viral distribution possible.» (Kinnaman 2007).
Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.
Tous les gestionnaires sont préoccupés par la problématique de l’intégration des TIC aux apprentissages. Certains privilégient une approche « objet technologique »: on introduit en masse des ordinateurs portables ou des Tableaux Blancs Interactifs (TBI) et on fait le pari que ce « geste levier » va bien faire le travail qui consiste à changer les pratiques pour mieux faire apprendre. D’autres privilégieront l’approche portail ou Environnement Numérique de Travail (ENT): on introduit un dispositif technologique (à la manière de ceux que les banques mettent à notre disposition par lequel on peut avoir accès à des services personnalisés, mais pédagogiques, dans le cadre d’une institution scolaire) qui fournit «à chaque utilisateur (enseignant, élève, administratif, technicien, mais aussi parent, intervenant extérieur…) un point d’accès unifié avec authentification unique (SSO), «login/mot de passe», à l’ensemble des outils, contenus et services numériques en rapport avec son activité»
Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.
La notion d’identité numérique est au coeur des nouvelles réalités de l’apprenant et de l’école. Elle concerne aussi les enseignants et les professeurs qui ont à en encadrer le développement. Plus les étudiants sont jeunes, plus ils cheminent en réseau, constamment entourés par les gens qu’ils fréquentent à l’aide des réseaux sociaux et ils se racontent, au quotidien. Alors que les adultes tentent de laisser le moins de traces possible sur Internet, les adolescents trouvent souvent louche que des copains soient pratiquement absent de La Toile. Ils laissent des traces de ce qu’ils font, de ce qu’ils sont et de ce qu’ils pensent dans de multiples lieux que certains dispositifs agrègent de façon à former un ensemble cohérent qui leur ressemble; tout cela compose leur «identité» dans le vaste ensemble «du numérique» ! Je constatais avec ravissement en ce début d’année scolaire que les enseignants en enseignement de l’UQAM favorisaient l’utilisation des outils du Web participatif dans l’élaboration des portfolios numériques d’apprentissage. Cet exemple, www.mireillelohe.com est éloquent, en ce sens. Au Colloque portfolio, Jacques Raynaud (2009), rapportait le constat suivant dans un gazouillis: « les outils du Web 2.0 concurrencent fortement les outils de portfolio. Ils sont modulaires et rapides !»
Mise en garde: Ce document fait partie d’un dossier complet produit dans le contexte du colloque «Contenus numériques» se tenant les 4 et 5 février 2010 pour le réseau de l’Université du Québec.
De nombreux auteurs s’intéressent au domaine de la pédagogie, des apprentissages et de la contribution que peuvent apporter l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Dans les dernières années, il est devenu plus facile de produire du contenu numérique, de le diffuser sur le Web et de contribuer, ainsi, de façon originale et performante, à sa formation. Cette situation bouscule «l’ordre établi» dans les processus de diffusion du savoir autant que dans la relation professeur-étudiant; la dynamique des apprentissages s’en trouve elle-même modifiée. Le sujet est relativement jeune, mais la littérature est abondante. Le choix des documents référencés est basé sur une tentative de conserver une relative équilibre entre les différents thèmes abordés dans ce dossier. Souvent, les auteurs sont plus importants que la nature stricte de la source identifiée. Un travail de recherche plus approfondie sur cette thématique impliquera donc de fouiller les références mêmes des documents ci-après soumis.
Je me souviens d’avoir souvent écrit à l’occasion de ma participation à des non-conférences en éducation que je me sentais comme si j’étais assis en «plein centre de mon agrégateur». De fait, le grand nombre de personnes présente à Clair 2010 qui blogue ou publie du contenu par Twitter nous donne cette impression surréaliste de se retrouver au confluent de plusieurs «chemins de connaissances»! Mais il y a de ces rencontres qui laissent un souvenir encore plus intense; j’ai particulièrement goûté chacune des quarante-cinq minutes passées en compagnie de Marc Prensky et Viktor Freiman, président de l’Aptica.
Il faut dire que la veille, M. Prensky nous a offert une intervention digne des plus grands! On m’avait demandé d’introduire notre conférencier et plusieurs angles s’offraient à moi. Auteur, écrivain, visionnaire et innovateur… n’importe qui s’intéressant au domaine des technologies et des apprentissages est fasciné par les idées de celui qui s’est adressé à nous dans un français de très grande qualité. Un résumé complet de sa conférence sera disponible dans les prochains jours et j’hyperlierai quand ce sera en ligne. Trois idées fortes ont continué de captiver les gens au lendemain de sa prestation:
Revenons à cette rencontre du lendemain. On se souviendra que récemment, dans un billet où je rappelais l’importance de lire des auteurs aux points de vue divergents, je pointais vers un billet de Normand Baillargeon qui mettait en doute certaines facettes de l’argumentaire porté par le concept des «digital natives». Les questions entourant des changements dans «la structure du cerveau des “natifs du numérique”» ont donc été parmi les premiers points sur ma liste de sujets à discuter avec M. Prensky. Sa réponse a été sans équivoque. Selon lui, l’évidence est que le cerveau humain s’adapte et a toutes les capacités de le faire. Si cela est assez bien documenté, rien n’indique qu’à la base du cerveau des natifs, il y aurait un changement structurel. Par exemple, sur le fait qu’ils seraient plus «multitâches» que leurs aînés, on doit comprendre que plus le cerveau des jeunes est «occupé», plus le degré d’attention pour une de ces tâches peut être affecté par l’autre, surtout, si des automatismes ne sont pas apparus dans le cerveau de la personne confrontée souvent aux multitâches. Auraient-ils développé plus d’automatismes que les «immigrants du numérique»? Ça demeure une hypothèse à être confirmée.
Dans l’échange, j’ai senti que la position de M. Prensky avait cheminé sur ce sujet. Étant toujours convaincu de l’importance d’apporter des ajustements dans nos stratégies avec les natifs puisqu’ils ne communiquent pas avec les mêmes outils que leurs prédécesseurs, il préfère insister sur la dualité «contraintes» vs «passion» qui le distingue de certains penseurs en éducation. Son discours est devenu beaucoup plus affirmatif quand est venu le temps d’insister sur la fausse route de la motivation extrinsèque en tant que levier pour éduquer les jeunes. Il n’a pas hésité à condamner Arne Duncan et l’administration Obama pour son manque de vision en éducation. Quand il entend des phrases comme «”More discipline” (dans le sens de “il faut les contraindre”) est le facteur clé pour que les jeunes réussissent en math et en sciences», il se désespère.
«C’est la passion qui est le facteur clé de la motivation scolaire. Si l’administration Obama comprenait qu’en encourageant les jeunes à développer leur passion pour les sciences et les maths, ils arriveraient à atteindre leurs objectifs avec beaucoup plus d’assurance qu’en blâmant les enfants pour leur manque de discipline et de rigueur. Je n’en peux plus de cette radicalisation qui laisse entendre qu’en augmentant les contraintes on risque d’augmenter la réussite scolaire. Je crois à la discipline qui vient de l’intérieur et cette discipline qui engage les jeunes dans l’effort, elle vient avec la passion, réel moteur des apprentissages!»
Au terme de la rencontre, Marc Prensky a cru bon fournir à certains d’entre nous «le pdf» de son prochain livre «Teaching Digital Natives: Partnering for Real Learning»; je suis l’un de ceux qui se sont dits prêts à lui transmettre quelques feedback et je compte bien revenir ici sur le bouquin. Un extrait en lien avec les propos qui précèdent…
«Education‘s approach to motivating students has traditionally been the stick, i.e., discipline. The stick has long been used both literally and figuratively (as demerits, detention, and downgrades). In some circles, discipline is even making a comeback as a remedy for our often-failing system. But educational experts and teachers who really know kids are increasingly pointing to a better approach to student motivation, one that works much more effectively in both the short and long term. That better way is to motivate each student to learn through his or her passion. Passion drives people to learn (and perform) far beyond their, and our, expectations. And whatever is learned through the motivation of passion is rarely if ever forgotten.»
Prensky un de ces «technophiles en éducation» qui interviennent à coup de «grandioses promesses» s’accompagnant de «l’assurance qu’apprendre se fera désormais sans effort et “naturellement”»? Ce n’est pas le Prensky que Viktor et moi avons rencontré…
N.B. Par «la magie» du tag #educon (la non-conférence anglophone qui se déroule à Philadelphie), aussi prolifique aujourd’hui que #Clair2010, j’apprends qu’un autre livre paraît sur le même sujet écrit par le professeur John Palfrey du Harvard law.
Nous étions plusieurs à attendre fébrilement le rassemblement de Clair 2010. La conversation numérique a besoin pour s’enrichir de ces contacts en présence les uns des autres. La première soirée du jeudi soir était marquée du sceau de l’accueil et de l’informel. Plus de la moitié des 200 participants étaient déjà sur place en milieu de soirée, chacun étant muni de ses questions et de «sa liste» de gens à identifier.
Mettre un visage et «un corps» sur ce pseudonyme engendrait presque toujours des ho et des ha… L’équipe du Centre d’Apprentissage du Haut-Madawaska était sur place, bien entendu. Aménagé par les gens du village de Clair, le gymnase s’était transformé en salle de conférence, un espace plus chaleureux qu’un de ces locaux d’hôtel avec beaucoup de fleurs et un podium majestueux. De grandes tables et plusieurs prises électriques pour alimenter les portables des internautes qui venaient vérifier en grand nombre le réseau wifi dès leur arrivée.



Sitôt rassuré du bon fonctionnement, le participant type entamait la ronde des présentations, ce qui nous a tous mené au lit assez tôt - sauf exceptions - le voyage ayant laissé quelques traces pour la majorité.
De bien mauvaises nouvelles nous attendaient au lever chez Roberto et Dany puisque les autorités du district scolaire ont annoncé vers six heures du matin que les écoles devaient fermées en ce vendredi puisque la condition des routes laissait à désirer à certains endroits. Nous n’avions pas eu le temps «d’encaisser» qu’on se faisait dire que l’aéroport où devait atterrir Marc Prensky avait lui aussi pris congé d’avion ce qui compromettait la venue de notre conférencier de prestige. En s’en allant vers le CAHM, Roberto et moi nous creusions les méninges pour inventer des plans «B», histoire de ne pas décevoir personne. C’est ici qu’on se rend compte que l’école est en réseau; par la radio, les courriels et le téléphone, certains élèves et la très grande majorité des profs apprennent que la «non-conférence» a bel et bien lieu! Plus d’une cinquantaine d’élèves se présentent et la journée est sauvée. Reste à trouver le moyen de transporter M. Prensky jusqu’à nous dans un contexte où dame nature ne semble pas vouloir collaborer.
Patrick Giroux (logiciels libres) et moi (les outils du Web 2.0) animerons trois ateliers ce qui permettra une rotation des trois groupes de participants qui alterneront de la visite des classes aux discussions. Chacun découvre la saveur des approches pédagogiques, la valeur du travail des enseignants et des élèves du CAHM après avoir goûté à l’accueil proverbial des gens de la communauté éducative.
En milieu d’après-midi, nous apprenons de bonnes nouvelles à propos de M. Prensky; il sera capable d’atterrir non loin du CAHM. Je me souviendrai du sourire de Murielle (une dynamique adjointe administrative du CAHM) qui transmettait bien notre état d’esprit. Tout est donc au rendez-vous, malgré la mauvaise température, pour que l’événement Clair 2010 soit un succès!
La démarche est inusitée. Depuis cette rentrée hivernale, le professeur Patrick Giroux du cours «Initiation aux technologies éducatives» de l’Université du Québec à Chicoutimi fait bloguer ses étudiants. Le mois de janvier n’est pas terminé et on cumule déjà plus de 80 billets et 150 commentaires sur PédagoTIC, un blogue avantageusement connu en éducation, depuis quelques années.
Aujourd’hui, le prof Giroux publie une échelle de niveaux de compétence à cinq «barreaux» visant à évaluer les contributions étudiantes:«J’avais initialement prévu une évaluation qualitative allant de A+ à E essentiellement basée sur la qualité de l’argumentation et de la réflexion, le respect de la nétiquette et de la culture des blogues et, dans une moindre mesure, l’originalité des interventions. Il faut aussi ajouter la qualité de la langue qui, à l’UQAC, peut être pénalisée jusqu’à concurrence de 20% de la note dans tous les travaux! Je n’avais cependant pas fourni d’échelles décrivant les niveaux de compétence. J’ai pensé que quelques phrases suffiraient… J’avais ensuite prévu de donner beaucoup de rétroaction à l’aide de commentaires sur le blogue pour les aider à apprivoiser l’outil et les encourager à contribuer. Depuis deux semaines, j’ai écrit plus de 100 commentaires et évalué deux séries de contributions étudiantes. Ça m’a demandé plus de 4 jours de travail! Je dois constater que d’évaluer un blogue sur lequel 30 personnes écrivent est difficile! J’ai donc ressenti le besoin de me donner des balises beaucoup plus détaillées et de fournir des indications plus claires à mes étudiants concernant leurs contributions à PédagoTIC.»
J’aurais aimé lire plus attentivement les cinq niveaux, mais je pars pour Clair 2010 demain et il me reste beaucoup trop de choses à faire avant de pouvoir quitter la tête - un peu - tranquille. J’y reviendrai…
À première vue, je dirais que ces repères sont précieux. J’aurai sûrement l’occasion d’en discuter avec plusieurs des principaux intéressés (quelques étudiants et le prof seront sur place au Centre d’Apprentissage du Haut-Madawaska), mais je voulais garder la trace de ce «milestone» pour qui s’intéressent au levier que peut représenter la publication Web dans un contexte d’apprentissage scolaire.
Je souligne au passage la contribution de Stéphane Allaire et de Christine Hamel à la construction de ces échelles, des blogueurs de la première heure en éducation qui m’ont beaucoup appris au début de ma pratique en 2002-2003…
Demain mardi, je passe une partie de l’avant-midi à l’Institut Universitaire de Montpellier. De fait, je serai en liaison avec les organisateurs des Journées PPP dans le contexte d’une table ronde sur le sujet de l’identité numérique. Cette activité s’inscrit dans un programme complet d’activités s’adressant à des étudiants du cours sur le Projet Professionnel Personnalisé de l’IUT de Montpellier (IUT Montpellier - Université Montpellier 2).
Mes «compagnons d’arme» sont des personnes avec qui j’ai déjà discuté - en personne - de ce sujet: Christophe Batier, Pierre Bénech et Christian Mertz. D’ailleurs, si j’ai bien compris, quelques-unes de nos causeries (1, 2) ne sont pas étrangères au fait de se retrouver ensemble, à distance, à discuter avec des étudiants de Montpellier…
Voici comment Stéphanie Metz (une des personnes responsables de l’activité) résumaient le contexte de notre intervention:«L’idée générale est de mettre en garde les étudiants sur les traces qu’ils laissent sur internet et sur le fait qu’elles peuvent être un atout mais aussi un handicap pour leur prochaine vie professionnelle».
Les pièges et les opportunités, en quelques sorte. Avant d’assister à la table ronde, les étudiants auront vécu des ateliers sur le sujet (consultation de documents, réflexion sur leurs traces existantes sur Internet, etc). On devrait aussi pouvoir échanger avec eux. Le texte de Dominique Cardon «Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0» pourrait constituer un des éléments déclencheur de notre activité:
«La manière dont est rendue visible l’identité des personnes sur les sites du Web 2.0 constitue l’une des variables les plus pertinentes pour apprécier la diversité des plateformes et des activités relationnelles qui y ont cours. Que montre-t-on de soi aux autres ? Comment sont rendus visibles les liens que l’on a tissés sur les plateformes d’interaction ? Comment ces sites permettent-ils aux visiteurs de retrouver les personnes qu’ils connaissent et d’en découvrir d’autres ?»
Au moment d’identifier ce qui m’a amené à me poser des questions sur le thème de l’identité numérique dans le premier tour de table, je risque d’avoir en tête ces premières fois (automne 2003) où des jeunes de dix ans venaient à mon bureau de directeur d’école pour me raconter comment ils étaient étonnés que leur travail scolaire dans leur blogue de classe soit aussi bien référencé par les moteurs de recherche. Ils sortaient presque toujours de notre conversation en me disant «c’est sérieux ce qu’on fait sur Internet, n’importe qui peut arriver jusqu’à nous… suffit qu’on écrive sur un sujet qui intéresse quelqu’un»!
Mise à jour du lendemain: L’activité vient de se terminer… Deux heures d’échanges qui se sont bien déroulé sur le plan technique. On peut revisiter par ici, je crois. Du point de vue «contenu», faudra demander aux étudiants… À lire aussi, ce billet de Jean-Paul Moireau, «Mufle numérique ?». Voilà aussi, une petite capture d’écran faite par Christophe:
Après ma présentation du jeudi matin, j’ai senti que l’accueil était teinté de prudence, mais que plusieurs avaient dépassé le stade «de la résistance»; les universitaires veulent aller de l’avant! Je ne veux pas dire qu’ils avaient remisé au garde-robe leur sens critique, mais, à l’évidence, les nombreux retours d’expériences et la qualité des références semblaient leur donner la motivation nécessaire pour envisager de joindre les réseaux de ceux qui ont décidé de mettre en commun leurs trouvailles et leurs expériences.
Ce matin, je ne me fais pas d’illusion. Plusieurs vont s’ouvrir un compte Twitter pour pouvoir lire ce que les plus actifs d’entre nous publions individuellement. Le «hashtag» #UQnumw2, créé pour trouver «du signal» sur l’enseignement universitaire par le numérique à travers «le bruit» de Twitter, faisait consensus… mais va-t-il regrouper autant de contributeurs que l’atmosphère le laissait croire? Certains vont s’inscrire sur Diigo et joindre le groupe UQ numérique, sans vraiment contribuer en référençant du contenu. Quelques-uns vont conserver une certaine curiosité pour le BarCamp «Apprentissage par le numérique», sans vraiment envisager de participer à l’organisation ou même d’assister à l’événement…
Je dois donner l’impression que je reviens de mon expérience universitaire rempli de scepticisme, mais ce sentiment n’est pas représentatif de tout ce que je rapporte de mon expérience. C’est juste que l’exaltation était à son comble hier au sortir de l’événement… Que des commentaires positifs! Je me méfie.
J’ai trop souvent vu dans des dynamiques de groupe où il ne s’exprimait que très peu de points de vue divergents une grande poussée de motivation suivie d’une chute amère et l’arrivée d’une crise qui souvent, permet au groupe de vraiment prendre son envol. J’espère me tromper, mais je serais étonné qu’il y ait bien plus d’une vingtaine de participants à participer activement aux réseaux déjà existants. Certes, certains piliers étaient présents et ne demandent qu’à agrandir la portée de nos réseaux, mais les quelques sourires complices échangés ici et là tout au long des délibérations me laissent croire qu’eux aussi vont doser leur optimisme. Comment interpréter, par exemple, cet appel d’un prof de l’ETS: «La communauté qui semble souhaitée devrait être au service des universitaires qui enseignent»?
Il faut dire que les obstacles sont énormes. La culture universitaire fait en sorte qu’aucune reconnaissance professionnelle n’est attribuée en recherche à la publication Web. Et que dire de l’enseignement universitaire, parent pauvre quand on le compare au domaine de la recherche. Les gens présents hier voulaient tous que la pédagogie universitaire retrouve certaines lettres de noblesse - par le numérique? - dans ce monde éclectique des Phd, mais y a-t-il vraiment des conditions favorables pour qu’un tel phénomène survienne? Il n’y a qu’à regarder dans la sphère publique actuellement; où sont ces universitaires du début de l’implantation de la réforme qui en motivaient la mise en oeuvre? Au moment où la ministre de l’Éducation consacre une réforme de la réforme qui a des airs de retour en arrière, ils se montrent bien silencieux. Pourrait-on croire que ceux qui disposent d’une des plus grandes marges de manoeuvre en terme de prise de parole publique choisissent de ne s’en prévaloir qu’aux moments où des subventions de recherches pointent à l’horizon?
Je le répète… L’événement de jeudi et vendredi dernier m’a impressionné au plus haut point. Le rythme des échanges et la participation de chacun ne pouvaient guère être meilleurs qu’ils ne l’ont été. Les projets FODAR vont probablement contribuer à générer des initiatives intéressantes découlant du colloque. Mais je crois vraiment que quelques mois seront nécessaires pour évaluer le réel impact qu’aura eu la rencontre.
En attendant, nous sommes sous le charme de la citation de Régis Barondeau: «Marcheur, le chemin se construit en marchant (Machado), c’est en marchant que nous construirons l’UQ numérique»!
N.B. Au cas où ça intéresserait des internautes passant par ici, un copain (Yves Otis) me signale qu’il contribue à l’organisation pour le compte du GTN-Québec d’une journée non-conférence sur les environnements numériques d’apprentissage en mutation. Ça se tient le 23 février à Montréal. Le focus semble un peu plus «techno-institutionnel» que pédagogique, mais Yves m’indique que le groupe aimerait bien pouvoir compter sur quelques pédagogues pour «brasser un peu les choses et ouvrir les échanges»!
On m’a demandé d’écrire le dossier «L’apprenant comme participant à la construction de contenu» dont je reproduis sous les hyperliens plus bas les différentes sections. Demain en ouverture du colloque, nous serons quatre à présenter un résumé de nos travaux. Puis, Jean-Sébastien Bouchard de l’entreprise Grisvert assurera l’animation des professeurs et du personnel administratif autour des questions suivantes:
Les présentations et les dossiers de chacun seront disponibles par l’entremise d’un site Web qui sera accessible dans les quelques jours suivant l’événement. Les gens de l’UQ désirent que le fruit de ce travail profite au plus grand nombre. En attendant, voici les cinq textes et la bibliographie commentée qui compose «le dossier» que je présenterai demain; la conversation sur ces travaux peut déjà commencer sur ce carnet…
N.B. Je remercie Lori Brabant Hudon pour son aide à la réalisation de cette abondante documentation.
Clair 2010 est terminé. Du moins, le rassemblement en personnes, sur place au Centre d’Apprentissage du Haut-Madawaska, car de nombreuses conversations vont probablement continuer. Elles seront répertoriées dans cette page. Le wiki qui a servi en amont à préparer l’événement et qui renferme plusieurs des traces de ce qui s’est dit, peut s’avérer d’une grande utilité.
À ce stade-ci, je manque un peu du recul nécessaire pour mesurer jusqu’à quel point l’événement contribuera à réseauter les enseignants et les autres intervenants scolaires qui oeuvrent auprès des jeunes dans les écoles. Bien sûr, la complicité avec Roberto, Danis, Brigitte, Murielle et tous ces gens du CAHM et du Nouveau-Brunswick ne ment pas… Nous avons passé un excellent moment ensemble, à témoigner de ce qu’une école réseautée peut accomplir, mais il ne faut rien tenir pour acquis. Le rayonnement ne fait que commencer…
Je retiens cependant que plusieurs des participants avaient aimé la formule ouverte de la rencontre de Clair et que la différence avec les événements plus «traditionnels» était frappante. Ce genre de commentaire représente bien le ton de ce qu’on pouvait entendre samedi en fin d’après-midi: «Les experts étaient dans la salle et ils se sont tous exprimé. La rencontre est un succès parce que nous avons pu échanger avec respect, sous l’angle de sa fonction et de son point de vue. Étudiant ou cadre, la voix de chacun était au programme!»
Il y avait beaucoup de Autrans 2010 et de Educon 2.2 dans le ton de Clair 2010 et je crois que le futur du réseautage tient beaucoup à la multiplication de ce genre d’événements qui se construit avec et pour les gens.
Il y a bien eu quelques difficultés avec le blocage d’Internet et les aléas de la température, mais ça ne nous a pas empêchés de vivre une belle rencontre «entre gens convaincus de l’importance du rôle des technologies», il faut bien le dire. Je rapporte ici un autre des commentaires entendus. Sur le blocage, je retiens cette suggestion de mon copain de travail Carl-Frédéric qui suggérait de trouver une école pilote pour tester une formule de mur coupe-feu («firewall») agissant comme filtre à Internet pouvant être administré et géré par des élèves, membres d’un conseil étudiants, majoritaires et supportés par un parent et un prof, dans un réseau informatique dédié à la pédagogie. Chez Opossum, nous sommes prêts à supporter un tel projet pilote qui pourrait contribuer à faire avancer le débat.
Cet après-midi, au moment où se termine Educon 2.2, je regarde le tag #educon sur Twitter et plusieurs extraits me font croire que nous aurions avantage à multiplier les événements de type non-conférence:
Au retour, hier, on apprenait que la ministre de l’Éducation du Québec avait donné son aval à une entente entre la Commission scolaire de Montréal et l’Alliance des professeurs portant «sur une réforme de la réforme». Il y aura différentes réactions demain lundi et toute la semaine dans les écoles du Québec… Des «high five» entre certains profs qui ont attendu le plus possible pour remettre en question leurs pratiques pédagogiques, l’entente leur donnant l’impression qu’ils auraient eu raison «d’attendre»… Pour d’autres, ce sera interprété comme un rendez-vous manqué avec le bon sens; chez ces gens, inquiétude ou déception parce qu’ils croyaient fermement dans la valeur du nouveau programme de formation escomptant maintenant qu’il sera sacrifié sur l’autel des connaissances.
Pourtant, je ne vois pas de raison de baisser les bras. Ça fait longtemps que ça ne sert plus à rien de s’identifier à des groupes de «pros» ou «d’anti» réforme… Personne n’a été contraint de mettre de côté l’enseignement des connaissances depuis cinq ou six ans. Je ne vois aucun obstacle dans l’entente pour ceux qui voudront continuer de travailler pour l’acquisition de compétences! Je ne dis pas que l’annonce de ce pacte est banale, mais je crois qu’un prof qui avait développé des affinités avec l’approche par compétence pour la réussite de ses élèves peut trouver l’espace pour continuer de faire apprendre du contenu et développer des savoir-agir avec ce que ses élèves sauront. Et puis, il faut bien le dire, on ne peut pas reprocher à une ministre de s’entendre avec les syndiqués de la plus grande commission scolaire de la province. On peut tolérer un certain bout de temps que des groupes se dissocient des pratiques «régulières» prévues dans le cadre d’un programme de formation, mais à un moment donné, il faut s’entendre ou passer à des mesures coercitives. La ministre a choisi de s’entendre quitte à s’aliéner une partie de «son monde». Je crois que ce pari peut tenir la route, à condition que maintenant, on cesse de faire croire que travailler des compétences, c’est refuser de chercher à rendre un élève «savant».
Si je ne privilégie pas systématiquement le recours aux contraintes avec les jeunes, je ne privilégierai certainement pas cette approche avec des professionnels qui doivent avoir de bonnes raisons de voir dans la situation actuelle une grosse problématique. Je ne suis pas naïf non plus… Un syndicat c’est là pour défendre les membres. Même si ça arrive que la défense des membres coïncide avec la défense de ceux qui bénéficient des services des membres, dans ce cas-ci, plusieurs syndicats de professeurs ont adopté une position dogmatique (presque idéologique) qui manquait cruellement de nuance quand venait le temps de conclure «qu’on sacrifiait» toute une génération d’élèves. Ce n’est pas le retour aux aux étapes pondérées qui fera la différence. Je me souviens du début des années 2000 où le nouveau programme de formation entouré de cellophane était balancé à la poubelle sans avoir été ouvert parce qu’on avait décidé de s’en servir comme objet de négociation de meilleures conditions de travail…
Les défis sont nombreux et aucun changement significatif ne se réalisera en éducation sans le leadership des enseignants. J’espère sincèrement que les manifestations du type de celle de Clair 2010 où chacun a droit de parole se multiplieront. Si les mentors en TIC et quelques officiers du ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick étaient présents à Clair, il n’y avait aucun représentant du MELS québécois, bien peu de personnes-ressources du Récit et du secteur collégial du Québec, alors que tous les autres secteurs (profs du primaire/secondaire, cadres, étudiants, parents, universitaire, etc.) assuraient une présence active et engagée. Il y a lieu de redoubler d’efforts pour que le plus grand nombre possible d’intervenants participe aux efforts de réseautage…
Mise à jour du lendemain: Will Richardson publie ce qu’il retient de sa «non-conférence» Educon 2.2 et ça s’applique tout autant à ce qu’on peut ressentir au sortir de Clair 2010:
«Stop complaining. Be the change. Love your students and do well by them. If that includes technology, so be it.»Tout est là… Parlant de «bilan», celui de Patrick Giroux est une lecture incontournable: «Le changement viendra du bas. En se réseautant, les électrons libres innovateurs du réseau éducationnel renforcent lentement leurs actions individuelles en interagissant.»
Je ne croyais jamais animer autant à Clair 2010. En tout, cinq ateliers… Deux étaient déjà prévus à l’horaire du samedi, mais les trois du jeudi avaient un caractère disons, «improvisé». Je retiens des trois discussions sur les outils du Web 2.0 qu’en groupe, nous en ratissons pas mal large. C’était beau de voir comment chacun possédant «un bout de réponse». En se levant devant les participants, chacun a pu démystifier un pan de tout ce chapelet d’outils.
Nous avons beaucoup discuté de l’utilisation de Twitter, d’Etherpad et de plusieurs autres outils collaboratifs. Moins de «comment ça marche» que de «ça apporte quelle valeur ajoutée aux apprentissages en classe»? Un participant a posé une question inattendue:«Pourquoi cette course aux outils du Web 2.0 alors que les individus/institutions n’utilisent pas de façon optimale le Web 1.0?»
La perspective de rester centrer sur les besoins a fait l’unanimité, je crois. Les deux autres ateliers m’ont beaucoup fasciné parce qu’il était possible d’intégrer des gens qui n’étaient pas sur place . D’ailleurs, il est possible de revoir (et entendre) le tout…
N.N.B. Pour ceux qui se demanderaient si j’ai pris dernièrement autant de poids que cela laisse voir à l’image, la réponse est «non» ;-)
Je retiens aussi deux autres commentaires issus des discussions:
J’aime bien la posture d’animateur. Je souhaite avoir contribué par de bonnes questions bien davantage que par les quelques éléments de contenu que j’ai pu «mettre sur la table»…
L’année 2010 promet d’être différente de celle qui précède. Depuis que je suis chez Opossum, je fais beaucoup de nouvelles rencontres, mais force est d’admettre que parmi tous les groupes que je côtoie, il y a toujours eu un peu moins d’universitaires et de gens d’affaires. En 2009, par le biais de certains mandats, j’ai pu soutenir quelques entrepreneurs. Dans des colloques, en France en particulier, j’ai eu l’occasion de travailler avec quelques professeurs ou chercheurs, mais je constate depuis quelques semaines que le Web et les réseaux sociaux interrogent différemment les gens issus de ces secteurs.
C’est donc sans surprise que la semaine dernière, j’ai été contacté par l’équipe de journalistes de l’émission «Je vote pour la science» qui voulait me proposer une entrevue autour de l’état des lieux sur la science 2.0. Cette question semblait au centre des préoccupations: «Où sont ceux qui jonglent avec l’idée d’une science plus participative?» Bien entendu, mon expertise se situe davantage en éducation, mais on voulait surtout que la discussion porte sur l’utilisation des nouvelles technologies au Québec, en milieu universitaire. «Sommes-nous à la traîne ou tirons-nous bien notre épingle du jeu? J’ai accepté parce que je viens de terminer l’écriture d’un dossier complet que je dois présenter à des universitaires de partout au Québec. Cet exercice d’écriture m’a fait prendre conscience d’un certain nombre de choses et je pouvais soulever une partie du voile sur quelques-uns de ces constats. Je pourrai en dire davantage dans quelques semaines. En attendant, faudra se contenter de l’entrevue que les gens de Radio Centre-Ville ont déposé sur leur blogue.
Curieusement, la même journée, je recevais l’édition de février-mars du Magazine Capital-Québec, un périodique de la Chambre de Commerce de Québec. Avant la pause des Fêtes, j’avais été sollicité pour exprimer mon point de vue sur les expériences d’intégration du Web 2.0 en entreprises et sur le profil des entrepreneurs qui choisissent d’en tirer profit. En compagnie de d’autres intervenants de la région qui ont une opinion sur le sujet, je figure dans un article qui me semble bien documenté et qui porte le titre «Le Web, les réseaux sociaux et votre entreprise» (554 Mo, en format pdf).
La journée a commencé à Montpellier avec des étudiants de première année universitaire et elle s’est terminée en acceptant un nouveau mandat en entreprise. Je ne m’éloigne pas des apprentissages… c’est ça l’essentiel!
Sur mon blogue, je n’ai jamais raté l’occasion de contredire Joseph Facal sur sa critique d’une réforme de l’éducation qui n’existe que sur le papier du mouvement qui s’y oppose (1, 2). On ne parle pas ici de positions aussi «extrémistes» qu’un Jean-Paul Brighelli en France, mais parfois, M. Facal s’emporte avec la même obstination. À l’occasion de la sortie de son dernier livre Quelque chose comme un grand peuple (lire cette entrevue au Devoir), je ne prévoyais pas bloguer. Comme je le publiais plus tôt cette semaine dans un gazouillis, M. Facal n’aurait pu choisir un plus «mauvais timing pour le lancement de son ouvrage cette semaine» puisque les médias (et la population, à raison) n’en n’ont eu que pour la crise en Haïti. J’ai fait la même chose et je n’ai pas beaucoup accordé d’attention à celui qui interrompt son année sabbatique en Espagne pour cette petite tournée. Reste qu’il est passé chez Mme Bazzo et chez Christiane Charette, mais sans vraiment avoir abordé les chapitres de son livre qui traitent de la famille ou de l’éducation. Je n’avais donc que très peu à redire…
Tout comme que je le racontais à propos de Jacques Brassard dans ma critique du livre de Normand Baillargeon, Joseph Facal était député (et ministre) au parti québécois dans les premières années de la réforme de Mme Marois, alors aux commandes de l’éducation. En les lisant, on peut facilement penser que les deux se sont laissé convaincre que ce qui a été implanté en terme de renouveau pédagogique est très loin de ce qui leur avait été expliqué et de ce qu’ils ont appuyé à la fin des années 90 et au début des années 2000. Pour être certain qu’on ne les accuse pas d’avoir changé d’avis, ils tendent à adopter l’option d’une réforme où on ne croirait plus à la transmission possible des connaissances puisque chacun «construirait» son savoir et SA réalité, ce qu’est le «relativisme cognitif» dont plusieurs, dont moi, cherchent la trace dans les changements que nous vivons actuellement en éducation au Québec.
Je le dis sans détour: je travaillerais avec M. Facal n’importe quand! J’aime sa vision du Québec, en général.
J’ai des réserves sur sa prise de position face au maintien de sa chronique au Journal de Montréal en ces temps de lock-out (lire aussi ce texte de Bertrand Raymond où il annonce sa retraite) et je me désole qu’au moment de son passage cette semaine, il n’ait pas eu le courage de Jacques Ménard. Il a affirmé (chez Mme Charette) ne pas avoir lu la lettre de Pierre Karl Péladeau à l’effet que «les entrepreneurs québécois doivent dédier “trop de temps, d’énergie et d’argent à gérer leurs relations de travail”». Je ne suis pas le plus «pro syndicat» des blogueurs, mais dans sa position du chroniqueur-qui-prête-flanc-au-statut-de-scab, j’en aurais profité pour prendre une distance du patron de Québécor pour éviter de passer pour un homme prenant position contre les syndiqués en lock-out, déjà qu’en continuant de soumettre ses chroniques, il n’aide guère la résolution du conflit.
Sur le sujet spécifique de l’éducation, je me désole aussi que ses idées ne puissent que s’exprimer à partir d’une grande méprise sur ce que contient le nouveau Programme de formation de l’école québécoise.
Dans un billet consécutif à ma critique du livre de Normand Baillargeon, j’avais publié la perspective d’un collègue (Michel P. Trudeau) qui avait réagit par courriel; il est revenu par la suite à même les commentaires du billet. Hier midi, il m’a expédié un texte qui découle de sa lecture du livre de M. Facal. Sous l’hyperlien plus bas, je reproduis (avec sa permission) ce point de vue qui pourrait bien rejoindre le mien, au moment de lire l’essai de M. Facal, ce que je ne manquerai pas de faire, un de ces jours…
N.B. Autres commentaires sur le livre de M. Facal chez Jean-François Lisée.