Mario tout de go

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Coach scolaire et catalyseur de communauté d'apprentissage
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17 novembre 2011

Le temps d'un gazouillis en 140 caractères


Gazouiller serait une perte de #temps. La rumeur le colporte, mais pourquoi lui obéir? Ma vie numérique en salmigondis s’en porte doctement.

Il s’agit de ma contribution au Défi éclair Twitter :

« Écrire une courte histoire en 140 caractères devant obligatoirement inclure le mot-clic #temps. »

Les règlements disponibles sur le site Zone d’écriture de Radio-Canada.

Et oui… c’est de la Twittérature!

Mise à jour du lendemain : Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, annonce aujourd’hui « un projet de recherche-action portant sur l’utilisation en classe d’un outil inspiré de Twitter pour développer la compétence à écrire des élèves du secondaire». La twittérature et l’Institut de twittérature comparée sont au centre de ce projet de recherche… Détails dans Le Soleil de Québec.


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15 novembre 2011

Vingt actions pour agir sur l'avenir


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Cliquer sur l’image pour grand format (.pdf)

Simple. Clair. Documenté.

Issus du plan d’action du nouveau parti politique provincial lancé aujourd’hui : Coalition Avenir Québec.


11 novembre 2011

Votre blogue est-il inscrit?


Suite à ce billet où j’évoquais l’importance de commenter la publication Web des jeunes, François Bourdon a mis sur pied le site www.partajeunes.com, complément indispensable du mot-clic #partajeunes sur Twitter. L’idée me parait stimulante : regrouper les internautes intéressés à participer et les blogues comportant du contenu « à commenter »… Si bien compris l’intention de François, il s’agit de se donner une chance de développer au maximum les compétences des jeunes utilisateurs en leur permettant de recevoir du feedback. Il me semble que cette piste est la bonne.

Je lisais chez Patrick Giroux la conversation sur l’utilité de bloguer dans le milieu universitaire et je me disais qu’un des leviers qui devraient nous guider est celui de la mise en réseau de tous les apprenants et formateurs. Quel bel outil pour nous aider à réseauter que celui qui nous permet d’interagir au service des apprentissages. Le rapport écrit par des chercheurs de Université du Québec à Chicoutimi (dont j’ai déjà parlé ici) identifie la motivation vécue par les jeunes au contact de la pratique carnetière. Raison de plus de s’inscrire à www.partajeunes.com pour encourager un des aspect captivant de la pratique du blogue : la conversation!

Si d’autres arguments sont nécessaires, il suffit de relire le billet de cette lycéenne qui raconte son plaisir d’avoir découvert par l’entremise d’une de ses enseignantes « les vertus » de la publication Web : « Avant l’an dernier, il était inconcevable pour moi d’utiliser un réseau social pour travailler ».

De moins en moins anecdotique, la publication de contenu sur le Web dans un contexte pédagogique n’est pas encore une pratique généralisée, on s’entend. En multipliant les initiatives et surtout, en documentant les usages, on pourra mieux jauger la qualité des résultats obtenus. Je suis cette piste de l’utilisation des blogues en contexte scolaire depuis 2002 et je ne cesse de m’étonner de ce qui m’attend au hasard d’une nouvelle expérimentation.

Je souhaite que cet outil pouvant permettre que des commentateurs et des producteurs de contenu - en train d’apprendre - s’entraident permette de pousser plus loin nos expérimentations.


2 novembre 2011

Un appel à commenter la publication Web des jeunes


Je me suis rendu hier matin au edcamp Montréal où étaient rassemblés à l’École Wilfrid-Bastien autour de quatre-vingt éducateurs tel que rapporté par cet article du Progrès Saint-Léonard. Ces colloques inspirés par la formule ouverte des «camps» (prononcée à l’anglaise) sont toujours intéressants parce qu’ils privilégient le fait que chacun des participants soit très actif dans l’organisation des activités. L’équipe de Wilfrid-Bastien était en journée pédagogique et avait eu la bonne idée de favoriser la participation des élèves du primaire ce qui s’ajoutait au plaisir de retrouver plusieurs des visages de personnes connues au Québec pour leurs capacités à innover en éducation.

Parmi les envies qui m’animaient, il y avait celle d’en apprendre un peu plus sur le fonctionnement de l’Hyperclasse dont l’énoncé de positionnement cadre bien avec mes valeurs personnelles : « Inspiré par la technologie, guidé par la pédagogie ». Depuis quelques années, Pierre Poulin, François Bourdon et quelques-uns de leurs collaborateurs nous parlent « sur les Internets » du concept des iClasses et je me disais que l’occasion était la bonne pour satisfaire ma curiosité sur ce qui est devenu une sorte de « brand » académique (iCl@sse™).

Disons simplement que l’organisation pédagogique des deux classes (celle de Pierre/Sabrina et celle de François) est très stimulante et je n’ai aucun doute que pour des jeunes, ce sont des environnements bien adaptés au contexte actuel à être mis en place pour former des individus autonomes et responsables. Le témoignage des jeunes qui ont animé un atelier nous présentant leur classe était éloquent sur la question du sentiment d’appartenir à une communauté d’apprenants. Des jeunes allumées, articulées et bien guidées par leur enseignante (Sabrina qui était présente) ont répondu à nos questions avec aplomb et surtout, conscientes d’apprendre dans un environnement hors de l’ordinaire. Dans ces iClasses, on forme des élèves tels que ce devrait être fait en 2012 au contact de tous ces outils qui aident à devenir « savants » et « compétents ». Évidemment, on pourra poser la question de savoir si tous les enseignants du Québec sont prêts à oeuvrer sous l’inspiration d’une pédagogie aussi ouverte et empreinte de l’utilisation d’outils modernes pour faire apprendre, mais en gros, j’ai retrouvé les éléments de base, caractéristiques des autres programmes du même genre, ailleurs au Québec.

Un des facteurs de réussite des élèves des groupes de Monsieur Pierre/François et de Madame Sabrina est l’ouverture de la classe vers l’extérieur. Le haut niveau d’engagement des élèves dans leurs apprentissages et un système d’émulation qui porte les jeunes à se dépasser font en sorte que le contact avec les outils technologiques dans ces classes deviennent des « moyens » de faire mieux et non « des fins en soi ». Dans l’atelier animé par François Bourdon qui portait spécifiquement sur l’utilisation des blogues (dont celui de sa classe), il a attiré notre attention sur l’importance (en terme de motivation) des commentaires que reçoivent les jeunes lorsqu’ils publient du contenu. Il nous a partagé son souhait de trouver une alternative francophone au hashtag #comments4Kids utilisé par les anglophones pour attirer l’attention des internautes sur du contenu « à commenter », au bénéfice des jeunes. Quelques minutes d’échanges nous ont portés à suggérer pour la communauté francophone le mot-clic #partajeunes qu’il n’en tient qu’à nous de populariser à travers nos réseaux…

J’ai dû quitter en après-midi, mais l’avant-midi passé au contact des participants du edcamp Montréal m’a une fois de plus convaincu de l’utilité des colloques en format ouvert en éducation. Dans la foulée de Clair 2012 et des autres événements du même genre organisés dans le passé (dont celui-ci qui remonte à septembre 2007, « Vers l’éducation 2.0 »), je constate la progression de la communauté de gens actifs en éducation qui croient que c’est dans l’innovation sur le terrain que les choses bougent le plus en éducation.

Bravo à la direction de l’École publique Wilfrid-Bastien d’appuyer l’innovation et merci à tous ces gens hier qui ont contribué à faire de l’événement edcamp Montréal un succès pédagogique!

Mise à jour du 11 novembre : Autre compte-rendu suite à l’événement sur le site du Récit signé par Louise Sarrasin « Edcamp de Montréal : récit d’une première très réussie ! ».


30 octobre 2011

Devenir entrepreneur dans son parcours de formation


Je me souviens au moment où j’écrivais le dossier « L’apprenant comme participant à la construction de contenu » dans le cadre d’un colloque du réseau des Universités du Québec de l’ampleur du défi qui m’attendait : suggérer aux universitaires qu’ils doivent s’adapter à un changement de support de la connaissance.

Je ne cesse d’être confronté à cette idée que l’école doit s’adapter, tout étant capable de résister aux modes proliférantes et aux mirages des vendeurs du temple. Le déploiement des réseaux et des environnements numériques interpellent autant les enseignants que les administrateurs, les parents ou les élèves. On ne parle pas ici du fait de « devenir amis » sur Facebook ou de simplement interagir avec ses étudiants par l’entremise de Twitter. Ce sont là des questions de surface qui ne valent pas le sujet d’un billet…

J’ai été heureux de lire cette semaine sur le blogue d’un copain français que la nouvelle entreprise se construit à l’école. Bertrand Duperrin est un consultant en management et son regard sur l’enseignement et le monde scolaire ne vient pas de l’intérieur puisqu’il oeuvre au quotidien avec des entrepreneurs. La lecture de son propos témoigne d’un regard très critique sur nos façons de faire l’école aujourd’hui :
« Dans une économie de la connaissance apprendre, savoir pour savoir, ne suffit plus. Il faut comprendre, s’approprier les choses, les mettre en contexte pour, plus tard les réutiliser, les adapter. Mais appropriation demande échanges, explications, discussions…qui sont aux antipodes de notre modèle. Bien sûr noircir des pages et des pages en cours (pour n’écrire rien de plus que le contenu du manuel qu’on a dans son sac) aide à apprendre. Mais pas à comprendre ni s’approprier. Vous avez dit “échange”, “discussions”‘ ? Le professeur sait, l’élève écoute. Un peu plus et on remettrait en cause le dogme de l’infaillibilité professorale… »

Je partage ce point de vue.

L’école souhaite des élèves autonomes, mais ne leur permet que très rarement de sortir des sentiers battus. Trop souvent, le corridor à suivre est celui déterminé par « celui qui sait », l’enseignant, et toute divergence avec l’itinéraire prescrit est sanctionnée. Pourtant, on devrait davantage s’intéresser à la destination et laisser celui qui apprend explorer différents chemins, quitte à réaliser l’ampleur de certains détours… Évidemment, je suis conscient du besoin de ceux qui apprennent d’avoir accès à ce que le guide en chef propose!

Tout comme Bertrand, j’en ai contre le peu de place réservée dans le cheminement scolaire des apprenants aux valeurs des entrepreneurs

  • La créativité : Exprimer son idée, proposer des solutions à un problème.
  • La solidarité : Accepter de se sentir responsable des choix et décisions du groupe.
  • Le sens des responsabilités : Assumer et réaliser ce qui a été convenu par l’équipe et respecter ses engagements.
  • L’autonomie : Fonctionner sans avoir besoin d’une supervision immédiate, faire des choix, prendre des initiatives et des décisions dans le cadre de ses responsabilités.
  • La confiance en soi : Se percevoir positivement, miser sur ses aptitudes, ses habiletés et compétences, être certain de ses possibilités.
  • L’esprit d’équipe : Travailler avec d’autres en tenant compte des responsabilités de chacun.
  • Le leadership : Entraîner les autres dans la réalisation de ses idées et de ses projets, avoir une influence sur les autres, en raison de ses qualités personnelles, de ses connaissances et de ses compétences.
  • La tenacité : Faire preuve de constance et de persévérance dans ce que l’on entreprend (une activité, un projet, etc.). Inscrire son action dans la durée, la mener à terme.

Les communautés éducatives sont - en théorie - d’accord à promouvoir ces valeurs, mais l’organisation de la classe autant que la rigidité des structures scolaires font en sorte que trop souvent, ces valeurs restent sur la tablette… Bertrand nous le rappelle :

« Malgré le fait qu’il y ait un large consensus sur le besoin de réinventer le modèle opérationnel et managérial de l’entreprise, tout le monde convient que la chose est loin d’être aisée. On a bien compris que dans de tels dispositifs c’est l’humain qui constitue le facteur lent. On parle beaucoup de la difficulté de changer, mais elle n’est que la partie immergée de l’iceberg. Il s’agit principalement, avant tout et surtout de désapprendre, d’oublier réflexes et mauvaises habitudes. C’est vrai pour des personnes qui ont 10, 20 ans de carrière et plus. Mais c’est tout aussi vrai pour les plus jeunes. La raison est bien connue : le “logiciel” humain se construit dès le plus jeune âge, les bons réflexes et les bonnes habitudes apprises avant un certain âge s’impriment profondément et il est difficile de les changer plus tard. »

J’aurai l’occasion de participer au début décembre à Paris à un événement de type BarCamp dans l’enseignement supérieur et j’imagine que je serai confronté aux mêmes défis de proposer que l’Internet participatif et l’utilisation des médias sociaux font davantage partie des solutions que des problèmes.

Permettre aux apprenants, dès leur tout jeune âge, de devenir entrepreneur dans leur parcours de formation est un des facteurs de ma motivation au quotidien.

C’est quand je lis des textes comme celui de Bertrand que j’en prends toute la mesure…


21 octobre 2011

Fabriquer la mort, c'est une honte.


Facile pour moi de parler contre la cigarette, je n’ai jamais été tenté par le fait de mettre de la fumée dans ma vie au quotidien. Je sais que ceux qui se sont fait prendre ont beaucoup de mérite d’avoir réussi à s’affranchir de cette dépendance. Quant aux autres encore pris avec ça… je ne juge pas.

Mais à tous ceux qui sont jeunes, fumeurs ou pas, le Réseau du sport étudiant du Québec a un message qu’il véhicule par l’entremise du site www.voleursdevies.ca.

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L’an dernier, par le biais des campagnes De Facto, nous avions eu droit à un énoncé de positionnement assez percutant «Bien emballés, tout aussi meurtriers.» Cette année, on pousse encore plus loin en ciblant directement l’industrie du tabac qui «ne cesse ses efforts pour recruter de nouveaux clients»…

Le communiqué du RSEQ est assez clair sur la stratégie de la campagne :

« La campagne voleursdevies.ca souhaite susciter un questionnement quant à la légitimité des pratiques de l’industrie du tabac et de ses produits. « Est-il socialement acceptable qu’une industrie fasse des milliards de dollars de profits à chaque année en vendant des produits qui tuent une personne toutes les six secondes? Combien de vies humaines est-il acceptable de sacrifier à chaque année aux dépens des profits d’une industrie ? »

Il est possible d’échanger sur le sujet par l’entremise du compte Twitter et la page Facebook.


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11 octobre 2011

Sept leçons pour les leaders


Le Center for Ecoliteracy (CEL) en Californie a beaucoup inspiré Andrée Mathieu (professeure à la maîtrise en gestion de l’environnement de l’Université de Sherbrooke) dans un récent article de l’Encyclopédie de l’Agora qui porte sur les changements systémiques à l’intention des gestionnaires. Elle nous offre une traduction d’un texte à l’origine écrit par Michael K. Stone (éditeur en chef au CEL) et Zenobia Barlow (directrice générale du CEL) qui contient sept leçons pour les leaders voulant « relever le défi de changer les systèmes, dont plusieurs sont bien ancrés dans leurs habitudes »…
  • Leçon 1: Pour promouvoir les changements systémiques, suscitez l’engagement de la communauté et cultivez les réseaux.
  • Leçon 2: Travaillez à plusieurs niveaux différents.
  • Leçon 3: Faites place à l’auto-organisation.
  • Leçon 4: Saisissez les occasions lorsqu’elles se présentent.
  • Leçon 5: Favorisez le changement, mais renoncez à l’illusion que vous pouvez le contrôler.
  • Leçon 6: Dites-vous que le changement prend du temps.
  • Leçon 7: Préparez-vous à être étonnés.

Ma motivation liée au fait de m’en tenir aux titres des « leçons » réside dans l’idée que chacun voudra bien plonger au coeur de cet article de l’Encyclopédie de l’Agora et constater l’ampleur de ce que les auteurs ont appris sur le terrain en terme d’offre « aux leaders engagés dans la transformation des systèmes!


10 octobre 2011

L'évaluation des enseignants


Depuis quelques jours, on parle davantage dans l’actualité de ce que François Legault ne fera pas que de ce qu’il a promis de faire, si la Coalition pour l’avenir du Québec se transforme en parti politique et qu’à sa tête, il devient premier ministre, à la suite d’une élection provinciale. Abolir les cégeps ou bien lier le salaire des enseignants à une bonne ou à une mauvaise évaluation n’est pas dans les plans, de ce que j’en sais. Mais je comprends qu’il soit plus facile de discourir dans les médias sur ces deux sujets plus polémiques que de développer les arguments des uns et des autres sur les quatre thèmes où il y a des propositions concrètes ayant le potentiel de faire partie d’un plan d’action à venir…

Je voudrais dans ce billet contribuer au débat sur la façon dont on devrait approcher l’évaluation des enseignants. J’ai déjà touché ce sujet dans des billets récents (1, 2, 3 et 4).

Un lecteur averti de ce que je publie régulièrement ici sait que je travaille avec René Larouche à documenter le rôle que pourrait jouer un Ordre professionnel pour les enseignantes et les enseignants. Les propositions qui suivent ont aussi été élaborées avec la contribution de ce professeur retraité de l’Université Laval ayant comme principal champ d’intérêt la sociologie des professions. Le tableau suivant résume l’ampleur de notre travail. La zone grise représente la contribution d’un Ordre professionnel sur ce sujet. À notre avis, une certaine évaluation des enseignants devrait se faire à différentes grandes catégories « d’épisodes de leur vie » :
  • Lors de la fin des études de niveau collégial : implicitement par la cote R, et explicitement par deux tests, un portant sur le profil de carrière souhaité en enseignement et l’autre sur la réussite du test de connaissances de la langue française. Ces trois aspects conditionnent en quelque sorte leur acceptation aux études universitaires.
  • À l’université, en formation initiale, par la réussite de leur formation théorique et pratique. En sortant de l’université, l’Ordre professionnel - et le public - veut avoir l’assurance de pouvoir compter sur des enseignants compétents, parce que « connaissants » tant au niveau du développement de l’humain, que dans leur domaine disciplinaire et celui de la pédagogie.
  • Pendant le cheminement de la carrière : au terme de sa période d’insertion professionnelle ainsi qu’à différents moments cruciaux par l’entremise de l’Ordre professionnel des enseignantes et des enseignants.
    • Items 2.1, 2.2, 2.3 : une évaluation de type normative (normes de pratique et de déontologie professionnelle) sera effectuée en privilégiant à la fois une approche préventive et formative.
    • Items 3.1… à 3.6 s’il y a lieu : une évaluation « de type enquête » sera effectuée lorsqu’une plainte sera déposée formellement par un élève, un parent, la direction d’une direction d’école, etc.
    • Item 4 : une évaluation de type comparative du rendement que fournit chaque enseignant en ce qui concerne le niveau de performance qu’il atteint avec ses élèves comparativement à celui obtenu par ses consoeurs/collègues qui enseignent dans la même discipline et au même échelon, dans la même école/ ou le même type d’école fréquentée :
      -4.1 : durant l’année scolaire en cours comparativement aux années précédentes;
      -4.2 : durant l’année scolaire en cours comparativement aux autres enseignants qui font partie du même groupe de référence ( ex. français, mathématiques, etc.)
      Ces deux types d’évaluation comparative permettront de déterminer si le niveau de performance de chaque enseignant se maintient, ou s’il change au fil des années soit en s’améliorant, soit en se détériorant. Lorsque la direction de l’établissement scolaire effectuera ces deux types d’évaluation comparative, elle devra nécessairement et préalablement, tenir compte entre autres du fait que l’enseignant concerné avait dans ses classes tel d’élèves ayant un cheminement normal, et tel ayant différentes difficultés d’apprentissage et/ou de comportement.
    • Item 5 : une évaluation du rapport employeur/employé, sera effectuée par la direction de l’établissement scolaire :
      • en tenant compte de directives qui lui viennent de divers paliers hiérarchiques, ou organismes (ex. Ordre professionnel).
      • lorsqu’il s’agira de procéder à différents types de mobilité : item 5.1- géographique ; item 5.2- horizontale ( segmentation) ; item 5.3- verticale (stratification) puisque entre l’enseignement et la direction, il existe une panoplie de rôles professionnels qui nécessitent l’acquisition de compétences de haut niveau.
      • Le processus d’évaluation sera lié à un plan de formation continue. Les activités de formation continue ainsi que les organismes qui les offrent seront accréditées par l’Ordre des enseignantes et des enseignants.
      • Tous les enseignants disposeraient d’un plan de formation continue lié aux résultats de leurs évaluations.

L’utilisation de ce modèle où il existe différentes formules d’évaluation des enseignants permet, d’une part, à la direction d’une école de disposer de divers types de leviers comme outil de gestion du personnel. D’autre part, il permet aux enseignants de mieux cheminer dans la planification de leur carrière notamment en ce qui concerne les processus de « segmentation » et de « stratification », sur le plan professionnel. Notons au passage que le salaire d’un enseignant ne serait aucunement lié aux résultats de son évaluation.

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Note : l’utilisation du vocable « Commission scolaire » est lié au fait qu’au moment de rédiger ces propositions, ce palier existe.


8 octobre 2011

Leadership politique


Jeudi soir dernier, j’étais devant l’écran de mon téléviseur pour une des rares fois ces derniers temps et j’ai porté beaucoup d’intérêts à l’entrevue accordée par Jacques Parizeau à Marie-France Bazzo. Il y était question de leadership politique et de plusieurs autres sujets d’actualité. Dans un des segments de l’émission, deux questions étaient aussi posées:
  • De quel type de dirigeants avons-nous besoin ?
  • Et qu’est-ce qui fait un bon leader ?

Monsieur Parizeau a parlé de l’enthousiasme que nous devrons retrouver au Québec, de l’importance du rôle de « l’état [qui] doit protéger son monde » et il y est allé d’une prise de position sans équivoque sur ce qui serait souhaitable à court terme au niveau politique :

« Quand les Québécois commencent à se dire que peut-être ils sont des “pas bons”, il est temps qu’ils changent de gouvernement, de leader ».

Depuis jeudi soir, j’ai lu trois textes qui découlent du passage de Jacques Parizeau chez Mme Bazzo; celui de Josée Legault, le billet de Simon Jodoin et « la réplique » de Martin Petit sur son blogue.

De mon côté, j’ai retenu deux choses importantes du message de M. Parizeau. D’abord, « il faut que notre société prenne l’habitude des débats ». Ensuite, « qu’il y a trop de politiciens professionnels à l’Assemblée nationale, des gens qui ne connaissent que la politique ». S’il n’est probablement pas question ici de renouveler complètement la classe politique dans les prochains mois, force est d’admettre que la présence de gens de différents horizons au Parlement pourrait contribuer à mieux incarner cette volonté souvent exprimée qui consiste à « apprendre à faire de la politique autrement ».

Dans la foulée, Normand Baillargeon (professeur en sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal), a répondu très clairement à la question des qualités que nous devrions pouvoir trouver chez un leader politique, « imagination, conscience de l’urgence du moment et capacité de nourrir la démocratie par l’éducation ». Très inspirant…

Pendant la discussion avec M. Parizeau sur ce qui semble arriver au Québec à gauche de l’échiquier politique où il mentionnait que « la gauche modérée ne s’est pas renouvelée », Normand Baillargeon en a profité pour ajouter que « la gauche a [plutôt] géré au lieu de créer ». Message…

Il y avait beaucoup d’inspiration dans cette émission de Bazzo.tv pour qui réfléchit à un engagement politique plus affirmé!


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2 octobre 2011

Dix raisons pourquoi vos étudiants devraient bloguer


Plusieurs le savent… J’ai expérimenté les blogues avec des élèves du primaire à la rentrée scolaire de septembre 2003 et je ne m’en suis jamais remis!

Quand j’ai vu passer sur mon fil Twitter ce billet de Mr. Foteah, « Ten Reasons Your Students Should Be Blogging », je me suis dit que c’était la bonne occasion de comparer mes motivations (j’utilise les blogues encore aujourd’hui avec mes étudiants de l’université) avec celles identifiées dans ce billet.

Voici une traduction libre des dix raisons d’utiliser les blogues avec des élèves/étudiants; les commentaires s’inspirent du texte du billet et pourraient peut-être constituer une adaptation des explications de l’auteur…
  • Bloguer est un formidable outil pour bâtir la confiance. Travailler pour « la planète » plutôt qu’en circuit fermé, pour ses seuls professeurs et parfois pour ses parents, c’est l’occasion de recevoir beaucoup plus de réactions à son travail et de constater que c’est important de s’appliquer dans ce qu’on fait au quotidien.
  • Bloguer transcende la question du programme scolaire. En publiant sur un blogue, les situations d’écriture et de lecture deviennent beaucoup plus authentiques. J’ai connu plusieurs élèves qui prenaient un soin jaloux du respect de la langue et de la syntaxe parce qu’ils voulaient être fiers de leur réputation dans l’oeil de leurs lecteurs. Voici une belle façon de développer une identité numérique de « connaissant » sur La Toile.
  • Accroître son réseau personnel d’apprentissage… c’est quelque chose d’important et qui peut avoir des répercussions incroyables. En se plaçant dans une posture de « connexion » avec les internautes, on entre dans la conversation et les échanges deviennent source d’apprentissage autant qu’ils offrent des occasions de « faire apprendre »!
  • Dévoiler tous les talents des élèves en mettant des fenêtres à la place des murs de l’école, c’est aussi montrer qu’on a confiance dans la qualité de la formation offerte dans son milieu scolaire.
  • Aménager des situations d’écriture authentiques c’est s’offrir un lectorat tout aussi authentique. Les élèves écrivent beaucoup plus et ils le font souvent volontairement sur des sujets qui les passionnent. Le fait d’être conscient d’écrire pour être lu les force à questionner leurs pratiques et au-delà de la forme, ils s’assurent aussi d’écrire pour « dire » quelque chose de signifiant.
  • Aider les élèves à s’approprier les technologies d’aujourd’hui sous un type d’encadrement qu’autrement, ils n’auraient pas. Les élèves disposent d’ordinateurs à la maison, mais dans la plupart des cas, les usages ne servent pas toujours bien les apprentissages et ne respectent pas toujours les bonnes pratiques en matière de droit d’auteur et de comportement éthique. L’expérience acquise au contact des blogues scolaires les prépare bien à la vie, d’autant qu’ils seront possiblement amenés à générer beaucoup de contenu sur le Web dans les années qui suivront.
  • Favoriser une multitude d’expériences de collaboration. Les élèves se parlent des commentaires qu’ils reçoivent, ils discutent de leurs intentions d’écriture et ils échangent sur leurs bons coups autant que sur les défis qu’ils ont à relever. Et on ne parle pas de ces situations où ils ont à construire ensemble… S’ils ne sont pas toujours à l’oeuvre en mode collaboratif, reste que la pratique du blogue - et des wikis - leur offre plusieurs des occasions de travailler ainsi.
  • Bloguer, c’est aussi l’occasion de construire un portfolio numérique pour chacun de ses étudiants. Disons que j’ai assez bien documenté cet aspect de l’expérience des blogues en contextes scolaires, en particulier dans ce texte « Une identité numérique en construction », troisième partie d’un dossier, « L’apprenant comme participant à la construction de contenu ».
  • Aménager un blogue pour des élèves, c’est prévoir un espace d’écriture motivant pour ceux qui n’aiment pas écrire… juste pour écrire. Avant d’atteindre le stade de haïr l’exercice même d’écrire, c’est peut-être une option à considérer que de fournir un espace de publication ouvert sur le Web. À tout le moins, écrire à l’aide d’un ordinateur est déjà plus motivant que de le faire à l’aide d’un crayon; il suffit d’en parler avec quelqu’un qui se trompe souvent et qui doit effacer et corriger…
  • Bloguer génère de l’engagement. On a parlé des facteurs de motivation liés au fait d’écrire « en public », mais il faut ajouter l’effet « conversation ». Même si c’est important d’écrire sans nécessairement vouloir obtenir des commentaires, il n’en demeure pas moins que les réactions de ceux qui se prêtent au jeu créent des liens et donnent envie de continuer.

N.B. Dans le contexte où on peut aussi « microbloguer » par l’intermédiaire de Twitter, je crois qu’il est possible d’appliquer ces dix raisons à l’initiative des « twittclasses ». Voir différents reportages sur ce billet. Ajoutons aussi l’incroyable potentiel de la twittérature


Je réfléchis

27 novembre 2011

Migration de serveur... et de plateforme


J’écris pour des clients, pour des magazines spécialisés en éducation, dans le contexte de différents mandats, dans le cadre de ma charge de cours à l’Université de Montréal (« Communication organisationnelle ») et aussi, un peu, en objectivant certaines interventions sur le site d’Opossum… mais j’écris moins sur mon blogue ces temps-ci. C’est que je prépare une migration sur une autre plateforme de blogue, WordPress. Il faut dire que depuis mes débuts à titre de blogueur, mon site roule sous Movable Type, un logiciel qui m’a bien servi, mais qui, actuellement, se trouve un peu dépassé pour les usages que je souhaite privilégier…

Question de jours donc, avant que les adresses www.mariotoutdego.com et www.marioasselin.com pointent vers des sites hébergés sur un nouveau serveur et une plateforme commune dans un environnement BuddyPress. Quand ce sera fait, je donnerai quelques détails sur quelques avantages anticipés.

Dans les derniers jours, j’ai pu bénéficier du privilège de pouvoir m’exprimer devant des auditoires très variés et les prochaines semaines ne feront pas exception. Autant au WebCom Montréal, auprès de certains artistes du Centre-du-Québec, à Radio-Canada sur le sujet de ce qu’il faut conserver de l’école d’antan ou auprès des éducateurs en déficience visuelle, les occasions d’apprendre ont encore été formidables.

Dans ma mire, deux événements tout aussi engageants : un BarCamp en compagnie d’universitaires Français et une conférence sur le thème de l’école autonome. Et je ne parle pas des trois mandats de planification stratégique qui me captivent déjà, et ce, pour les prochaines semaines jusqu’au début de 2012. Je me considère privilégié de pouvoir exercer une pratique aussi motivante.

Entretemps, il faudra aussi avoir à l’oeil le réseau TVA qui devrait présenter deux topos en début de semaine sur l’utilisation que font certaines écoles des médias sociaux et d’Internet. La collaboration avec Andrée Ducharme (journaliste) me fait croire que le développement du sujet saura intéresser un large public!

Denier billet sur cette plateforme donc… Les retrouvailles dans quelques jours dans « un ailleurs » pas si lointain.

Mise à jour du lendemain : Le premier topo vient de passer en onde, « Facebook à l’école, devenir «ami» avec son enseignant? ».

Mise à jour du sur lendemain : Le deuxième reportage est maintenant en ligne, « À l’école Wilfrid-Bastien, Les dessous d’une classe branchée ».


11 novembre 2011

Frais de scolarité : un débat est-il possible?


Au lendemain d’une journée de manifestation étudiante à Montréal, j’ai passé la journée d’hier à me demander si le débat est possible sur cette question de la pertinence de hausser ou non les frais de scolarité à l’université. Plusieurs indices pointent vers un affrontement, mais pourtant, il importe de maintenir un climat propice au dialogue entre ceux qui exigent le gel et ceux qui croient que la hausse devient inévitable. Aujourd’hui, j’essaie de ramasser quelques idées pour peaufiner ma réflexion.

Je suis d’abord tombé sur ce graphique qui illustre l’évolution des droits de scolarité de base dans les universités québécoises depuis l’année scolaire 1969-1970.

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Source, document ministériel : un plan de financement des universités équitable et équilibré, p. 21.

On remarque facilement les deux périodes de gel qui (selon le gouvernement) expliquent l’ampleur de l’effort à faire pour ramener les frais de scolarité au niveau de ceux de 1968 indexés à l’inflation de toutes ces années. Au terme des hausses proposées par le gouvernement, les frais exigés porteront de 12,7% à 16,9% la contribution des étudiants au financement global des universités, tel que le montre cet autre graphique… « Cette contribution atteignait 26,4 % en 1964-1965 ».

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Source, document ministériel : un plan de financement des universités équitable et équilibré, p. 22.

Quand j’ai vu passer le tweet de Jérôme Lussier hier, je me disais comme lui que le défi des étudiants était bel et bien de « convaincre l’opinion publique que la société doit payer plus que 84% [83%, de fait] de leurs études universitaires ».

Je me suis tourné vers un document de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) pour prendre connaissance d’un point de vue plus « progressiste », « Faut-il vraiment augmenter les frais de scolarité ? » Essentiellement, il s’agit d’un texte qui prétend offrir des réponses à huit arguments dits « trompeurs » sur la hausse proposée. Des propos qui contribuent à nourrir le débat…

À la base, je suis de ceux qui sont plutôt « pour » l’augmentation des frais de scolarité. Comme je l’expliquais à l’occasion de ce billet où je défendais une des initiatives de La FAÉCUM sur Internet, j’aimerais bien ne pas devoir toucher à ce grand privilège du maintien des frais actuels, mais je crois qu’il devient urgent de trouver d’autres solutions que le gel pour garantir l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Depuis quelques jours, je suis frappé par les divergences de vues sur la question de l’accès aux études universitaires, en particulier dans le cas où les hausses proposées deviendraient réelles. Je me range derrière les arguments de ceux qui pensent que les effets seraient minimes. Je m’explique…

Je suis parti du principe que déjà en amont, le milieu socio-économique prédétermine dans une grande mesure l’accès aux études supérieures comme le démontre ce tableau sur les taux de décrochage :

taux_decrochage_milieu_socio_economique_mini.jpg
Source, document ministériel : Stratégie « Agir autrement », p. 3.

Les élèves de 2000-2001, dix ans plus tard sont ceux qui sont à l’université actuellement et force est d’admettre qu’un fort pourcentage d’entre eux est issu de milieux socio-économiques favorisés. Travailler sur l’accessibilité, c’est d’abord investir pour que les jeunes du primaire et du secondaire des milieux moins favorisés se rendent jusqu’aux portes des études supérieures et aient véritablement le choix de pouvoir continuer leur formation (voir d’autres éléments à prendre en compte dans ce tableau, issu de ce document du MELS (2007)). Je sais bien que les études universitaires seraient plus accessibles sous une politique de gel des frais, mais dans les conditions actuelles, je doute qu’une hausse vienne vraiment compromettre le rêve de plusieurs puisque déjà, bon nombre d’entre eux ne sont pas actuellement en position d’entrer à l’université, ayant interrompus leur parcours (ce qui est malheureux). Et pour ceux qui ont pu persévérer (heureusement), il importe de bonifier le programme de prêts et bourses pour qu’ils ne subissent aucun préjudice de la hausse appréhendée. Les effets du dégel doivent devenir négligeables et ceux sur la qualité de l’enseignement universitaire doivent être garantis, hors de tout doute. Aussi, je crois réellement qu’une formule de remboursement plus originale et équitable doit être trouvée. Est-ce qu’on doit s’inspirer des propositions du CIRANO par exemple, qui privilégie un programme de prêts remboursables en proportion du revenu ? Issu de ce rapport de projet du CIRANO publié en 2010, je pense à cette formule, en particulier:

« Le remboursement en proportion du revenu peut en effet être vu comme une assurance contre le risque de faible revenu. (…) Dans la mesure où les étudiants qui réussiront moins bien ne rembourseront pas tout leur prêt, ceux qui réussiront mieux rembourseront plus que leur prêt. En d‟autres mots il doit y avoir autofinancement : au total l‟ensemble des étudiants-emprunteurs remboursera la totalité des emprunts, capital et intérêts, mais pas tous individuellement. Comme pour une assurance, à la fin du contrat les gagnants auront été ceux qui auront été victimes d‟un sinistre, c‟est-à-dire ceux dont les gains ne sont pas à la mesure des emprunts, et les perdants, ceux qui ont été épargnés, c‟est-à-dire ceux dont les gains dépassent en proportion les emprunts. Tous y trouvent néanmoins leur compte, puisque l‟emprunt et l‟assurance qui l‟accompagne ont favorisé l‟accès aux études. Il ne s‟agit pas tant, on l‟aura compris, pour les gouvernements, ou les contribuables qui sont derrière eux, d‟assumer le coût des mauvais risques que de faciliter l‟accès aux ressources financières et d‟atténuer certains effets du risque en mettant ces risques en commun. »

Il y a aussi une piste de travail à regarder au niveau des coûts d’une année de formation universitaire qui sont différents d’un domaine à l’autre alors que « les montants des droits de scolarité associés sont relativement homogènes » (ils le sont au Québec, mais pas au Canada, selon un document du CIRANO). Ce tableau montre bien que « la contribution personnelle de chaque étudiant en pourcentage du coût de leur formation est très inégale selon que ce dernier étudie en médecine, médecine vétérinaire ou en lettre », et j’ajouterais, en éducation :

contribution_etudiants_finuniv_pardomaine_mini.jpg
Source, document du CIRANO : L’éducation au Québec : L’état de la situation, p. 6.

Tout ça pour dire que plusieurs éléments de la problématique n’ont pas été regardés de près, ni par le gouvernement, ni par les étudiants pour viser à mieux garantir l’accès aux études supérieures. Si la position du gel est à peu près intenable, les propositions du gouvernement doivent être améliorées pour viser davantage d’équité. Si le débat est difficile dans les conditions actuelles, il est nécessaire.

Aussi, je me range derrière l’opinion des jeunes leaders étudiants à l’effet que le gouvernement ait été dérangé par la manifestation de cette semaine, à preuve cette campagne de 50 000$ où l’objectif déclaré est de rejoindre les étudiants par l’entremise de certains mots-clés associés à la lutte étudiante. Les étudiants vont tout faire pour que s’écoule le budget de la campagne en demandant à son monde de cliquer sur les liens AdWords qui conduisent au microsite du MELS considéré par eux comme étant de la propagande. Si le procédé déplait au mouvement étudiant, il a le mérite de démontrer la conviction des autorités d’aller de l’avant. En même temps, il envenime un climat qui conduit vers l’affrontement plutôt que le dialogue. Il faut dire que les revendications portent sur le retour du gel, alors que les propositions gouvernementales semblent « béton ». La bataille de l’opinion publique semble bel et bien engagée… ce qui porte les éditorialistes à se mouiller. Josée Boileau du Devoir a eu raison d’écrire que la manif de jeudi était « nécessaire », parce que les étudiants doivent montrer à quelle enseigne ils logent et parce que le gouvernement doit faire davantage au niveau des garanties d’accès! De l’autre côté, Yves Boisvert de La Presse a parfaitement raison de questionner « la valeur de l’éducation ». Je lui donne le dernier mot:

« Mais considérez un instant cette statistique: dans l’ensemble du Canada, les dons des individus représentent 42% du financement privé des universités - c’est même 46% en Ontario. Au Québec? Une maigre part de 6% des dons provient des particuliers. Le reste vient d’entreprises. C’est encore plus déprimant si l’on considère la situation des universités francophones. En effet, la moitié des dons (ou de legs par testament) de particuliers au Québec sont faits aux universités anglophones, qui n’accueillent pourtant que le quart des étudiants. Ce que ça veut dire? Que les diplômés québécois n’ont pas une grande reconnaissance envers leur université et la soutiennent mal. Y compris des gens qui ont très bien réussi, dont certains ne manquent pas de râler contre les étudiants d’aujourd’hui. Tout cela est assez cohérent et en dit long sur la valeur que nous accordons à l’éducation au Québec. Jeunes ou vieux, on aime l’éducation, ah ça, oui… Mais on préfère la faire payer par les autres. Les étudiants d’aujourd’hui comme ceux d’hier réclament l’argent des contribuables. Les diplômés d’hier se disent que «les compagnies» donneront aux universités. Ou n’en ont tout simplement rien à cirer. »

Mise à jour de fin de journée : Les étudiants répliquent en mettant en ligne le site www.linebeauchamp.com sur lequel est proposé « un échange d’otage » : « En échange duquel le nom de domaine LineBeauchamp.com sera libéré si les informations partielles contenus et biaisées contenus sur le site Droitdescolarite.com sont modifiées pour exprimer, en plus des avantages d’une hausse, le revers de la médaille ». Ah oui… Les gens de chez Cossette n’ont pas l’air d’avoir réservé www.droitsdescolarite.ca… (Merci Anne-Marie Provost).

Mise à jour du 15 novembre : Autre initiative des étudiants, cette fois du collégial

5 novembre 2011

Karkwa, l'ADISQ et la marchandisation de la culture


Un journaliste a demandé à trois des musiciens du groupe Karkwa, « Et puis, comment avez-vous vécu le dernier Gala de l’ADISQ? » La réponse témoigne du malaise qui ne cesse de croître dans les milieux artistiques que je fréquente. Il faut lire l’article signé par Raphaël Gendron-Martin sur le portail Canoë, « Karkwa déverse son fiel sur l’ADISQ ». Bien évidemment le fait depuis deux ans d’avoir remis le prix du Groupe de l’année à deux formations en sabbatique (les Cowboys Fringants cette année et Mes Aïeux l’an dernier) n’est que la pointe de « l’asperge » (perronisme assumé). Une sorte de marchandisation de la culture me semble avoir pris le dessus sur le respect des créateurs, des artistes et de l’art dans cette organisation dont je ne sais plus trop quoi penser; elle devrait être en avant des tendances, pas en arrière…

Je dois ici être conséquent et déclarer que depuis deux ans, je participe aux votes en amont du gala à titre de membre d’un des Jurys spécialisés et qu’ainsi, automatiquement, je deviens membre de « l’Académie des Félix du Gala ». Qu’on se rassure, je ne compte pas ajouter ce fait d’armes à mon c.v. J’avoue être de plus en plus mal à l’aise de participer à l’opération; j’étais motivé par la curiosité et j’étais flatté qu’on fasse appel à mon expertise. Au-delà de mes préférences musicales (“full disclosure”: je suis un fan fini de Karkwa), je suis sensible aux arguments offerts via l’article relatant le point de vue de ceux qui ont interrompu leur tournée à l’autre bout du monde pour être présent au gala 2011 :
« On se rend compte que l’ADISQ régresse dans sa proposition à chaque année. On a des connaissances dans le C.A. de l’ADISQ qui nous ont dit qu’il y avait deux clans: ceux qui font de la musique pour les bonnes raisons, pour l’art. Et les autres, des gérants d’artistes et producteurs, qui ne pensent qu’à l’argent. »

C’est loin d’être un problème pour moi de penser en terme de modèle d’affaires, on me comprendra… Mais je vois davantage les gens de l’ADISQ s’accrocher à l’ancien modèle d’affaires et investir bien peu de temps et d’énergie à s’adapter aux usages via le numérique. Sur ce sujet, dans une première chronique pour le Bang Bang, Guillaume Déziel (gérant des Misteur Valaire) y va d’un billet savoureux, « La culture se contrôle-t-elle? ». Un extrait…

« En effet, tout comme VM [Vulgaire Machin], je crois que la culture n’est pas une marchandise; une marchandise se compte, s’inventorie, se distribue, se transige, se vend, bref… elle se contrôle! Et la culture? Non. Elle ne se contrôle pas. La culture, c’est ce berceau d’où on vient; c’est ce souffle, cette inspiration qui nous permet de créer; c’est ce qu’on remixe à chaque fraction de seconde de notre vie; c’est un long fleuve tranquille où chaque goûte d’eau dépend de l’autre pour être un fleuve… »

Je passe beaucoup de mon temps ces derniers mois avec des artistes et des intervenants du milieu culturel. Je suis heureux de constater que « le déni » ne fait pas partie du registre des comportements adoptés face aux changement qui s’opèrent. Les répercussions engendrées par le fait que chacun génère maintenant beaucoup de contenu via le numérique, sans connaître l’informatique ou les langages de programmation sont gigantesques. Mais quand je regarde du côté de l’ADiSQ, je me pose de plus en plus la question : ces gens qui la dirige sont-ils encore dans la phase du déni, persuadés que c’est en cherchant « à contrôler » qu’on pourra prendre le virage du numérique?


20 octobre 2011

Lieux publics


En début de semaine, la Commission scolaire Rivière-du-Nord a eu à faire face à des gestes de cyberintimidation de la part de jeunes étudiants qui, par l’entremise de Facebook, auraient proféré des menaces envers des enseignants. La direction générale a rapidement pris la décision d’intervenir et quelques médias ont fait état de sanctions prises contre des élèves, au départ vingt-cinq, mais maintenant touchant plus de quatre-vingts jeunes. Selon mes informations, certains des jeunes touchés par des mesures disciplinaires fréquentent des écoles de d’autres C.S. ou des établissements privés.

Comme c’est souvent le cas lorsque survient ce genre d’événements, des représentants des médias me contactent pour solliciter une entrevue et j’ai accepté ce matin d’échanger avec Hugo Langlois du FM 93 sur ce sujet et sur celui évoqué lundi dans ce billet qui porte sur une façon originale de manifester contre la hausse des frais de scolarité.

On m’a fait parvenir le fichier audio de l’entrevue qui dure une quinzaine de minutes.

Le fond de mon message est que Facebook et les autres médias sociaux sont des lieux publics et qu’il faut redoubler d’ardeur à ce que les jeunes en prennent toute la mesure. Sur Twitter on a pris le temps de me remercier de cette entrevue, mais je tiens à dire que les « résultats » d’une entrevue sont souvent liés à la façon dont elle est menée…

À suivre.


16 octobre 2011

Les étudiants s'invitent à #tlmep


Ce soir, une manifestation étudiante contre la hausse des frais de scolarité avait lieu sur Internet. Le mot d’ordre était « Pendant Tout le monde en parle, tweetez contre la hausse! ». À l’origine de l’initiative originale et inusitée, La FAÉCUM, si j’ai bien compris.

Au départ, je dois mentionner que je suis plutôt «pour» l’augmentation des frais de scolarité. Je suis de ceux qui croient que c’est l’accès aux études universitaires qu’il faut protéger. Je ne trouve pas la situation particulièrement équitable quand je constate que des personnes comme moi qui pourraient payer davantage pour les études de mes enfants bénéficient de frais parmi les plus bas au Canada et de loin… J’aimerais bien ne pas devoir toucher à ce grand privilège, mais je crois qu’il devient urgent de trouver d’autres solutions que le gel de ces frais pour garantir l’amélioration de la qualité de l’enseignement à ce niveau qui me paraît en danger dans le contexte actuel. Ayant bénéficié du temps où j’étais aux études des prêts et bourses sans quoi je n’aurais pu obtenir mon baccalauréat, je suis sensible aux arguments des étudiants et j’avais hâte de voir comment se déroulerait sur Twitter cette « manifestation »! D’ailleurs, dans ma tête, il est clair que toute hausse des frais de scolarité doit s’accompagner de mesures pour protéger l’accès par les prêts et bourses, entre autres.

Au terme de la soirée, je dirais que les étudiants peuvent être fiers d’eux.

Ils ont dérangé la quiétude de ceux qui s’adonnent au twivage pendant #tlmep certes, mais il me semble que le tout s’est fait de manière constructive. De mon côté, j’ai échangé avec plusieurs étudiants et je retiens deux arguments auxquels il me faudra repenser:
  • Les étudiants dénoncent les pratiques de mauvaise gestion dans les universités québécoises et ont peine à croire qu’une hausse des revenus seraient totalement investie pour la qualité de l’enseignement.
  • Il semble bien qu’il y ait eu gel des frais de scolarité entre 1968 et 1989, mais depuis, il semble que de nombreuses hausses sont survenues. Il me faudra vérifier les chiffres exacts, car même après 1989, je croyais qu’il y avait aussi eu d’autres années de gels.

Pour le reste, j’ai bien aimé cette publicité réalisée à moindre coût par les étudiants de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) qui « imite les publicités de l’UdeM diffusées lors de l’émission Tout le monde en parle au coût de 100 000$ ». Le message passe !

Pendant l’initiative, du début à la fin de #tlmep, j’ai choisi au hasard des comptes Twitter d’étudiants qui avaient publié un message contre la hausse et je leur ai posé une question : « Quel est votre argument le plus fort contre la hausse des frais de scolarité ? » Sur dix microblogueurs, seulement deux m’ont offert une réponse. Vingt pour cent d’engagement dans la conversation, on ne peut pas parler d’un taux très élevé. Probablement que plusieurs étudiants ont ouvert leur ordinateur, ont posté quelques messages bien sentis et sont passés à autre chose. J’admets que mon sondage est tout ce qu’il y a de non-scientifique, mais bon…

Reste que j’ai trouvé le « moyen de pression » intelligent et constructif.

Le débat est loin d’être terminé et c’est à coup d’arguments qu’il se fera… je l’espère!

Mise à jour du lendemain : Autre conversation sur le même sujet chez Dominic Arpin, « La FAECUM s’invite à TLMEP sur Twitter : brillant ou déplacé ? »


9 octobre 2011

La sortie publique de Patrice Servant


Patrice Servant (ex-rédacteur des discours de Jean Charest) aurait « enfreint une loi non écrite de la profession en attirant l’attention sur lui », selon Scott Reid (ex-rédacteur des discours de Paul Martin)…
« Il existe un certain nombre de règles dans le milieu, la première étant: “on n’existe pas”».

Dans l’article de La Presse Canadienne publié sur Cyberpresse, on présente aussi une autre opinion, celle de Jean-François Lisée (ex-rédacteur des discours de Lucien Bouchard) qui publiait cette semaine une lettre ouverte sur son blogue adressée à M. Servant, histoire de lui « remonter le moral ». Un extrait:

« On ne peut se lover longtemps dans un moule qui n’est pas, ou qui n’est plus, fait pour soi. C’est mauvais pour la colonne cérébrale. Vous avez bien fait de partir. Il était temps que vous vous retrouviez. Cela ne sera pas simple, au début. Mais vous redeviendrez vous-mêmes, tranquillement, naturellement. »

L’analyste politique qu’est devenu M. Lisée ne dit pas explicitement qu’il approuve le fait d’avoir rendu public les motifs de la démission, mais on peut déduire qu’il est d’accord puisqu’il décrit lui-même jusqu’à quel point c’était devenu difficile à l’époque dans son cas, en identifiant le moment précis où il a compris qu’il « devait partir ».

On comprend donc du point de vue de plusieurs collègues de Patrice Servant qu’un désaccord, ça doit s’exprimer avec « la plus grande discrétion et la plus grande attention possible » quand on fait partie du personnel politique d’un premier ministre.

C’est ce que je pensais moi aussi avant que cette démission ne survienne.

Au moment où Patrice Servant choisi d’enfreindre - une nouvelle fois - la règle non-écrite de la « convention » des rédacteurs de discours, Jean-François Lisée en profite pour faire la même chose, marquant ainsi de manière plus affirmée la distance qui existe entre lui et Lucien Bouchard. On comprend mieux la décision de Jean-François Lisée qui a tourné la page sur le période « discrète » de sa carrière depuis un bon bout de temps. La question qui se pose maintenant devient « Pourquoi Patrice Servant a-t-il choisi d’agir ainsi, après avoir écrit le 9 décembre 2008 que Jean Charest était « l’homme qu’il faut pour tenir la barre dans la tempête », sortant ainsi de « l’anonymat » requise d’un bon rédacteur de discours du PM?

Mon hypothèse est qu’autant en décembre 2008 qu’en octobre 2011 quelqu’un au niveau des dirigeants du parti libéral appuie cette façon d’agir de M. Servant.

Sur sa page LinkedIn, Patrice Servant affiche encore les mots-clés « professionnel et confidentiel » accolés à son offre de service de « spécialiste en speechwriting et argumentation publique ». Rien n’indique qu’il envisage un changement de carrière, donc, pour le moment…

Déjà en 2008, on devait se méfier, j’imagine, d’un pigiste qui a comme client le premier ministre qui prend la parole d’une façon aussi publique, même si c’est pour dire de bien belles choses du PM. Bon… il semble que M. Servant n’hésite pas à prendre la parole quand il le juge utile (à preuve cette autre sortie publique consécutive à cet article du journaliste d’enquête Fabrice de Pierrebourg)… mais à l’occasion de cette démission, n’aurait-il pas eu avantage pour le bien de « sa carrière » à ne pas « politiser » son geste à ce point? Il me semble que la forme de sa dernière prise de parole en public ne ressemble pas aux autres… comme si quelqu’un avait « coulé » l’information se disant que M. Servant accepterait de commenter, une fois les motifs de sa volonté de ne plus collaborer aux discours de M. Charest dévoilés par un journaliste. À moins qu’une autre lettre ouverte soit à venir prochainement?

________________________

À la « Rencontre Maître Chez Vous » organisée par « Force Jeunesse » récemment, on m’avait demandé (à moi et aux deux autres invités) de répondre à quelques questions au sujet de la politique québécoise et j’avais affirmé dans une de mes réponses que certaines sources à Sherbrooke m’avaient glissé à l’oreille que le tapis était en train de glisser sous les pieds de M. Charest, que des gens au parti libéral voulaient que Jean Charest quitte avant les élections et que ça ne leur faisait vraiment pas plaisir. Des jeunes libéraux présents sur place m’ont interpelé après la rencontre pour me dire que ça ne se pouvait pas, qu’au parti libéral TOUS se rangent derrière M. Charest. Je leur avais répété ce que j’avais entendu et j’avais ajouté qu’avec la manière dont il avait été « briefé » dans l’affaire du rapport Duchesneau pas lu, j’étais encore plus convaincu que « mes sources » disaient vrai au sujet de gens au parti libéral qui commencent à trouver que le parti s’en sortirait mieux sans Jean Charest qu’avec.

La sortie publique de Patrice Servant ajoute du poids à cet argument.

Jean Charest s’accrochera, prendra de court ces éléments de son parti qui lui mettent de la pression, annoncera la tenue d’une commission d’enquête plus ou moins publique sur la construction - et autres sujets connexes - et déclenchera probablement au printemps 2012 des élections, convaincu que l’hypothèque qui pourrait l’empêcher de se faire réélire pour un quatrième mandat sera levée.


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1 octobre 2011

lacite.tv : «une arme de construction massive?»


Simon Brault me pardonnera de paraphraser son tweet de cette semaine dans le contexte du quinzième anniversaire des Journées de la culture, je crois vraiment que le projet que nous venons de lancer cette semaine participe à cette idée que la culture peut changer notre rapport au monde qui nous entoure.

lacite.tv est un parcours Web de contes urbains, en images et en musique, qui présentent des quartiers de Québec en racontant un lieu, une histoire. lacite.tv est avant tout une démarche bien qu’en ce moment, les trois quartiers représentés (par autant de vidéos, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Sauveur et Saint-Roch) mettent l’accent sur trois visions en une tonalité, celle de Samuel Matteau et de son groupe de jeunes créateurs. Une plateforme que nous avons montée en quelques jours chez iXmédia ouvre la porte à la conversation et à l’interactivité tel que le décrit le processus que nous voulons installer pour la suite des choses.

Les échanges ont commencé dès le lancement jeudi soir au Théâtre du Petit-Champlain dans le contexte du Festival de Cinéma de la Ville de Québec. À la suite du troisième visionnement, une discussion en « table ronde » a permis à des spécialistes du domaine de questionner l’approche artistique des jeunes créateurs et c’était vraiment intéressant de voir jusqu’à quel point personne n’était déstabilisé par l’expression de point de vue divergent. Plusieurs pistes peuvent expliquer que déjà, au premier soir de son lancement, le dialogue sur ce que peut devenir lacite.tv est en marche. Est-ce que d’autres réalisateurs doivent montrer leur représentation d’un même quartier de Québec? Doit-on pousser tout de suite vers l’international et ouvrir la porte à une autre ville du monde qui voudrait caractériser « sa Cité » par le modus operandi que nous proposons? Est-ce qu’on doit poursuivre avec des villes du Québec avant tout?

Une chose est certaine, la médiation culturelle et la mise en valeur du patrimoine de création d’une ville que permet lacite.tv me ravit complètement. Bon… je dois aussi admettre qu’un projet qui me permet de coller à mon portfolio de « fonctions » le titre - pompeux - de « réalisateur interactivité » est en soi une bonne raison de s’éclater dans un mandat, mais un peu comme je l’ai vécu dans le projet Clip Ta Rue, je m’offre une occasion de sortir de ma zone de confort… et j’aime bien.

J’invite tous les internautes à participer. On peut déjà voter pour le prochain quartier et on pourra aussi soumettre des idées pour construire le scénario du prochain conte urbain qui portera sur le quartier Limoilou. Et puis on peut aussi nommer son émotion au contact des trois premiers contes, par Twitter, en utilisant les mots-clic #LaCite1 (Saint-Jean-Baptiste), #LaCite2 (Saint-Sauveur) et #LaCite3 (Saint-Roch) dans chacune de vos contributions.

Longue vie à lacite.tv