1 mai 2009

Citations (Paul Valéry - bis)

«Il y a, dans les relations qui se font intimes entre gens délicats,
ce mélange extraordinaire de la crainte de n’être pas compris
avec la terreur d’être compris
– Paul Valéry, Choses tues, dans Œuvres II, éd. La Pléiade, p. 493

«Les hommes se distinguent par ce qu’ils montrent et se ressemblent par ce qu’ils cachent.»
– Paul Valéry, Tel Quel, dans Œuvres II, éd. La Pléiade, p. 781
*
**
«Un homme qui n’a jamais tenté de se faire semblable aux dieux, c’est moins qu’un homme.»
– Paul Valéry, Choses tues, dans Œuvres II, éd. La Pléiade, p. 486

«La vie enseigne à faire semblant de n’être qu’un homme.»
– Paul Valéry, Mauvaises pensées et autres, dans Œuvres II, éd. La Pléiade, p.817

(bis)

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15 avril 2009

Culture populaire et philosophie

La semaine dernière, les médias faisaient état de la position de deux chercheurs du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal (Daniel Weinstock et Marc Zaffran, alias Martin Winckler), qui stipulent que «les bonnes» séries télévisées ont un impact important sur les sociétés et qu’elles peuvent contribuer à la conscientisation sociale et l’avancement des débats publics (voir par exemple 1 et 2). Bien évidemment, face à une telle affirmation, on peut se demander ce qui peut légitimement être inclus sous le vocable de «bonnes téléséries» (Weinstock et Zaffran citent principalement des téléséries états-uniennes), question d’autant plus importante qu’il convient de faire attention pour ne pas tomber dans une naïve confusion amalgamant l’influence de «l’air du temps» avec ce qui pourrait être les mirages d’une idole du Progrès. Toutefois, puisque là ne semble pas être l’essentiel de leur propos, laissons ici cette question en suspend ; mais rappelons au moins (pour rendre à César…) que quoique dans la foulée de leur prise de position publique il ait été mentionné que les intellectuels ont trop souvent «boudé» cet aspect de la culture populaire, il faut tout de même dire que diverses personnes travaillant en philosophie s’y sont intéressées.

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7 mars 2009

Citation (Kaufmann)

«[…] les contributions remarquables des phénoménologues, principalement de Husserl et de Merleau-Ponty, peuvent être exploitées pour montrer que les naturalistes ne parviennent pas à rendre compte des faits fondamentaux que la phénoménologie a mis en évidence […] Dretske et les autres analystes devraient savoir que l’«expérience intentionnelle de la conscience» fut la cible principale des analyses phénoménologiques auxquelles Husserl s’est consacré toute sa vie […] On peut être perplexe de constater que les toutes dernières contributions à la science de la conscience, tels les livres de Hameroff et al., eds. (1996, 1998), Towards a Science of Consciousness (deux volumes de 750 pages chacun), contiennent à peine une référence à Husserl, une référence indirecte en citant Montero, un auteur tout à fait marginal en phénoménologie. Dans le livre de Block et al., eds. (1988), Consciousness in Contemporary Science, livre écrit par des philosophes, il y a seulement une référence faite par van Gulick qui pose la question triviale de savoir «s’il y a une dimension selon laquelle se distingueraient les états intentionnels impliquant l’expérience subjective consciente des états mentaux qui n’impliquent pas une telle expérience» (p. 96). C’est tout. […] Soit que les analystes et les cognitivistes ignorent la littérature phénoménologique, soit qu’ils estiment que les écrits que les phénoménologues ont produits ne sont pas pertinents pour les sciences cognitives ou pour une science de la conscience. Dans le dernier cas, on demanderait de nous fournir des arguments qu’ils n’ont toujours pas produits. […]»

– J. Nicolas Kaufmann, Critique du programme de naturalisation en philosophie de l’esprit, dans «Philosophiques», vol. 35, no. 2, automne 2008, p. 484 (publication à titre posthume).

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23 février 2009

Des enseignants et des professeurs, ça existe «réellement» ?

Je vis au Québec et à mon corps défendant le suis dans ma chair ; mais pour qui l’ignorerait, le monde universitaire français vit actuellement le tumulte – c’est peu dire! Entre autres sources plus «officielles», je lis les propos rapportés par mon ami Thierry Blin, et aussi des indications sur les flashmobs par Jean-no, entre autres choses…

Pas de réponse-toute-faite-définitive : ouvrir les vannes et réfléchir. Voilà ! C’est peut-être ce qui manque en ces temps où trop souvent, on tend trop l’oreille qu’à ce qui «rapporte» utilement dans l’immédiat, dans une politique de la courte vue…

Dans ce contexte, Jean-no soulève un questionnement pertinent sur les rapports entre fiction (et symbolique) et factualité. La réalité étant un amalgame de symbolique et de factuel…

Son «point de départ pour une étude [qu’il] aimerais parvenir à effectuer au sujet de la représentation du professeur d’université» est là.

Une réflexion à poursuivre, à approfondir et aussi (!) à élargir à divers ordres d’enseignements, me semble-t-il…

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7 janvier 2009

Jean-Claude Guillebaud aux Philoconférences de Trois-Rivières

C’est avec beaucoup de plaisir que le 11 février prochain, nous recevrons le journaliste français et essayiste de renom Jean-Claude Guillebaud. À l’occasion de cette rencontre, la discussion portera sur son dernier livre Le commencement d’un monde. Vers une modernité métisse (Seuil, 2008), qui «parachève sa grande «enquête sur le désarroi contemporain», engagée en 1995 et plusieurs fois couronnée par des prix ou récompenses internationales.»

L’entrée est ouverte à tous. Plus d’informations sur PhiloTR.

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15 décembre 2008

La compréhension

Ce qui nous dépasse a ceci de grand : ça donne à penser.

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10 décembre 2008

Paradoxe

Les sophistes sont parfois parmi les plus dogmatiques dans ce qu’ils préjugent.

On peut départager les mérites des uns et des autres – mais sur le fond, il reste là un beau paradoxe. Et le balayer du revers de la main en entraînerait un autre.

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4 décembre 2008

Reconnaître l’ambiguïté

Bien souvent, parce qu’on ignore ce qui fait la valeur des pensées adverses, on croit être en possession de la vérité.
Bien souvent, parce qu’on connaît ce qui fait la valeur des pensées adverses, on croit être en possession de la vérité.

Peut-on en sortir? Est-ce lorsqu’on le croit?
Les lignes qui précèdent peuvent-elles faire exception?

Bien souvent, on préfère ignorer tout cela.

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24 novembre 2008

Imprégnations pédagogiques

La raison, bien souvent, ne peut aller là où la sensibilité n’a ouvert les enclaves.
.
La confiance, bien souvent, est une béatitude charnelle.

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1 novembre 2008

Peut-on se comprendre?

Telle est l’une des nombreuses questions que l’on peut se poser à la lecture de Dialogues de sourds. Traité de rhétorique antilogique, de Marc Angenot. J’en ai déjà parlé ici. Ailleurs sur le Web, il y a notamment André Chartrand qui en a parlé là et on peut aussi écouter une entrevue audio de Guillaume Lamy avec Marc Angenot.

Pour qui s’intéresse au sujet, dont les ramifications sont plus étendues qu’il pourrait le sembler, je mentionne que Les Philoconférences de Trois-Rivières recevront monsieur Angenot, le lundi 3 novembre à 19h. L’entrée est libre. La possibilité de poursuivre l’échange autour d’un verre est aussi à envisager. D’autres détails là.

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10 octobre 2008

Économie (citation)

«Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience.»
– Karl Marx et Friedrich Engels (L'Idéologie allemande, 1-A, page 17 ; écrit vers 1845/1846)
. . .

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7 octobre 2008

Entre dire et faire (la valorisation)

«[…] Actuellement, un étudiant sur deux à la fin du secondaire et 72% des étudiants au collégial occupent un emploi pendant les études. Ces proportions figurent parmi les plus élevées en Occident. […] Imaginons le «cirque» suivant qui se déroule chaque année sous nos yeux: fin novembre, début décembre, bon nombre d'employeurs se préparent pour les fêtes; ils engagent des étudiants qui ne comptent plus leurs heures de travail pour répondre aux attentes des commerces au moment même où ils sont en pleine période d'examens et de remise de travaux. Si l'on voulait tirer à boulets rouges sur la réussite scolaire, on ne pourrait faire mieux collectivement.[…]»
– Jacques Roy (Professeur au Cégep de Sainte-Foy et membre-chercheur à l'Observatoire Jeunes et Société), Pour contrer le décrochage scolaire

Note : pour les personnes qui l’ignorent, au cégep la session d’automne peut très bien se terminer le 23 décembre.

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Brel (citation)

«La bêtise, c’est de la paresse. […] La bêtise, c’est un type qui vit et qui dit «ça me suffit». «Ça me suffit, je vis, je vais bien, ça me suffit.» Et il ne se botte pas le cul tous les matins en se disant «c’est pas assez». «Tu ne sais pas assez de choses, tu ne vois pas assez de choses, tu ne fais pas assez de choses». C’est de la paresse pour moi la bêtise. Une espèce de graisse autour du cœur qui arrive – une graisse autour du cerveau.»

– Jacques Brel (entrevue, vers 04:54)

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13 septembre 2008

«Pascal chez les cigales»

Ma collègue et amie Patricia Nourry vient de publier dans Le Devoir un texte d’une grande finesse, intitulé «Pascal chez les cigales». À découvrir !

Mise à jour: on peut lire la version intégrale dudit article sur PhiloTR.

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10 septembre 2008

Citation (Robert Hébert)

Je suis un peu embêté. Pour en avoir une trace sous la main, il y a la citation suivante que je veux et vais noter. Mais comme j’ai «le défaut» d’être moi-même un prof, par divers raccourcis on aura toujours beau jeu de pouvoir attribuer une mauvaise connotation à la préservation de ce genre de citation. Soit. J'assume le conflit des interprétations et la note. Que sera sera.

«La pédagogie, c’est la praxis, c’est-à-dire l’action sous le signe de l’événement et du choc des opinions. Le professeur le plus modeste et anonyme réinvente cette première passion que fut la philosophie et il doit en même temps négocier avec le contexte social, politique, humain sur le terrain. Il introduit les enjeux du logos dans la blogosphère quotidienne. Le professeur est un intermédiaire, un médium de masse même si parfois il est perçu comme un extra-terrestre! Et dans le fil du questionnement, il est plus important, plus essentiel que les grands penseurs ou les gloires du canon qui, souvent, sont dans des guerres hautement métaphysiques ou alors la dilution éditoriale ou la surenchère… […]»

– Robert Hébert, Médiane, Volume 3, Numéro 1, Automne 2008, page 12.

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27 août 2008

Culture informatique et lectures cinématographiques

Parce qu’il faut toujours mieux comprendre le monde qui nous entoure et parce que l’art sous toutes ses formes en est un formidable révélateur, je me permets d’attirer l’attention (pour ceux qui ne connaîtraient pas déjà) sur les «lectures» d’artéfacts cinématographiques faites par Jean-Noël Lafargue, en particulier en ce qui a trait aux «archétypes et clichés de la culture informatique» – notamment au travers des médias de masse.

¬¬
Sur un autre registre (enfin, peut-être pas vraiment), en cette journée de mobilisation pour les arts, je note ici, pour en avoir une trace sous la main, le style d’interpellation de Wajdi Mouawad dans cette lettre au premier ministre.

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25 juillet 2008

De la multiplicité des modes de raisonnement

Outre les corrections du cours d’été qui sont maintenant terminées (héhé), je viens de terminer la lecture de Dialogues de sourds. Traité de rhétorique antilogique de Marc Angenot (ISBN 978-2-84205-992-7). Tout à fait captivant ! L’ouvrage peut sembler dense (450 pages bien tassées), mais il se lit dévore très bien.

Au menu, un survol de la rhétorique (et ses rapports avec la dialectique, ainsi qu’avec l’ethos, le pathos et le logos) au travers du temps, la manière de concevoir l’art d’argumenter de l’Antiquité à aujourd’hui, les règles du débat et les normes de l’argumentation, les grands types de logiques argumentatives (qui dresse quelques «idéaux types» des modes de raisonnement), quelques grands dialogues de sourds, le rapport à la doxa… Précisons qu’il s’agit véritablement là d’un essai (et non d’un manuel), qui a la grande originalité de partir du constat que si la rhétorique est «l’art de persuader par le discours», pourtant elle ne persuade que rarement – et, à partir de ce constat, l’auteur tente de comprendre l’univers de la mécompréhension, qu’il ne réduit pas à un «manque d’écoute» ou à de quelconques conditions psychologiques, loin de là, tout en faisant valoir que la rhétorique est loin d’être un «art mineur» et qu’elle est à l’œuvre là où on ne la soupçonne pas toujours.

Globalement, je dois dire qu’il m’a semblé que cet essai, qui a certes un caractère controversé, soulève bien des questions qui me semblent parties prenantes du «quotidien» de l’interrogation philosophique – et des préoccupations intrinsèques à la tâche d’initiation à la philosophie.

Évidemment, c’est une lecture que je recommande.

Quelques extraits (sur le positionnement global) :

«Par ailleurs, admettant la diversité des modes de raisonnement et la fréquence des mal-entendus cognitifs, leur gravité politique et sociale parfois, je ne vois pas le besoin de me rallier à un non moins métaphysique relativisme.
[…]
Je vois un mérite inhérent à ce que Hans Albert appelle la pensée critique qui est simplement une pensée, non pas prétendue capable de se fonder elle-même, non pas de se trouver un point d’appui hors du monde, mais une pensée capable de se mettre en cause elle-même et, en ce sens, ayant renoncé au définitif, capable de progresser.
[…]
Je ne trouve rien à tirer de la vielle conception métaphysique représentant la raison comme une faculté propre à produire des énoncés vrais sur le monde à la façon dont la vision et les autres sens me permettent d’avoir des perceptions vraies du monde (sauf… illusion d’optique). Je ne vois pas non plus d’intérêt à conclure, par raccourci, à l’idée strictement pyrrhonienne et dogmatiquement irrationnelle que le monde est ma représentation et que cela s’arrête là. […]»

– Marc Angenot, Dialogues de sourds. Traité de rhétorique antilogique, Éditions Mille et une nuits, 2008, pages 425-426

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15 mai 2008

Un beau texte !

Un beau texte - magnifique !!

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12 mai 2008

Numérique et symbolique

L’univers humain est autant composé d’éléments symboliques et virtuels, que matériels. Aussi, la «réalité» humaine est faite d’une multitude d’éléments qui ne sont pas palpables, mais qui n’en sont pas moins importants, comme la réputation, l’incarnation d’idéaux, ou encore le rayonnement d’une personne ou d’une institution.

À ce sujet, les institutions et les mouvements culturels sont des cas intéressants, dans la mesure où ce qui participe à leurs rayonnements, ce sont les individus qui les incarnent, les contacts qui s’établissent, les relations qui se tissent, les mémoires qui s’entrecroisent… et un bouillonnement qui, finalement, donne les odeurs et les saveurs de ces initiatives, mouvements ou institutions. Dans cette perspective, Internet (tout comme la négligence d’Internet, d’ailleurs) est une empreinte de plus, participant aux modulations de ces rayonnements. J’avais d’ailleurs écrit quelque chose à ce sujet, dans la seconde section («Les vases communicants») d’un texte pour une table ronde de la SÉM (en 2006).

Bref, après une discussion au cours de la journée sur ce sujet (Decclic et la délocalisation/centralisation, ce n’est pas l’avenir du Web!... *soupir*), je découvre un intéressant billet de Sylvain Carle : «L’internet c’est réel!»

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8 avril 2008

Un nouveau carnetier de l’éducation : le carnet de Guy Béliveau

La carnetosphère s’enrichit d’un nouveau carnetier québécois de l’éducation : mon collègue et ami Guy Béliveau. Sur Internet, les personnes qui suivent mon carnet ont déjà pu y lire de ses commentaires, de même que les personnes qui fréquentent PhiloTR ont pu y lire plusieurs de ses contributions. Et encore, ceux qui aiment l’odeur du papier et de l’encre connaissent peut-être son livre sur L’éducation des désirs, qui constitue un fort intéressant Essai sur la défaillance de la volonté.

Pour mieux connaître les horizons nouveaux qu’il tentera d’explorer dans cette autre forme d’écriture, il faut d’abord lire la présentation qu’il vient de mettre en ligne sur PhiloTR, évoquant l’aventure qu’il entreprend avec son Carnet.

[Ajout : pour les personnes qui aiment les mots et les expressions latines (ce qui intéresse plus qu’on ne veut/peut parfois le penser), les billets sur «Le plaisir des mots» sont à surveiller… Et par ailleurs, concernant l'observation de la nature, il est aussi possible que soit développé un «herbier»...]

Ah oui, et si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à lui laisser une trace de votre passage, en commentaire de sa présentation...

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29 mars 2008

Serge Cantin à propos de la culture dans un monde désenchanté (Citation)

«[…] Si le passé ne peut plus nous éclairer, alors nous n’avons d’autre choix que de l’éclairer, de l’interpréter, de chercher dans ce passé quelque chose comme une intentionnalité commune susceptible de donner sens à l’aventure humaine et de nous inciter, par-delà nos petites vies dispersées et atomisées, à la poursuivre.

Cette tâche-là est éminemment pédagogique. Elle l’est parce qu’elle met en jeu l’avenir même de la culture et que la culture est par-dessus tout une pédagogie. On parle beaucoup de nos jours d’éducation à la citoyenneté. J’en suis, mais pour autant que cette citoyenneté ne se réduit pas à un stock de règles formelles et abstraites que l’on apprend pour réussir un examen. Pour être citoyen, il faut d’abord être un homme, et pour être un homme, pour exister humainement, il faut avoir été humanisé, éduqué, introduit dans un monde déjà humain, dans une culture particulière, dans une histoire qui a commencé avant nous.»

– Serge Cantin, «L’avenir de la culture dans un monde désenchanté», texte de la conférence présentée le 19 novembre 2007 dans le cadre des «Philoconférences de Trois-Rivières».

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22 mars 2008

Conférence de Georges Leroux sur l’Islam et l’Occident

Avis aux personnes intéressées, les «Philoconférences de Trois-Rivières» ont le plaisir d’accueillir monsieur Georges Leroux, ce lundi 24 mars à 19h, au cœur de l’arrondissement historique de Trois-Rivières. Professeur retraité de philosophie à l’UQÀM, auteur, traducteur, conférencier recherché et intervenant fécond dans les débats du Québec contemporain, Georges Leroux présentera une conférence intitulée « L’Islam et l’Occident : une rencontre 
impossible ? »

L’entrée est libre. Pour de plus amples détails, voir là.

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14 mars 2008

Centenaire de Maurice Merleau-Ponty : une philosophie de l’opacité et de l’ambiguïté

«Qu’il s’agisse des vestiges ou du corps d’autrui,
la question est de savoir comment un objet dans
l’espace peut devenir la trace parlante d’une existence,
comment inversement une intention, une pensée, un projet
peuvent se détacher du sujet personnel et devenir visibles
hors de lui dans son corps, dans le milieu qu’il se construit.»
– Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (p.401)


Maurice Merleau-Ponty (marche).jpg

Le 14 mars 2008 marque le centenaire de la naissance du philosophe français Maurice Merleau-Ponty, dont le parcours fut interrompu par sa mort précoce en 1961.  Auteur de très nombreux ouvrages, ce n’est que depuis peu qu’on reconnaît son travail en tant qu’œuvre philosophique originale, quoique cette reconnaissance est loin d’avoir véritablement obtenu son rayonnement dans la culture, celle qu’on dit «de l’honnête homme», c’est-à-dire dans cette culture qui dépasse la sphère académique et les «milieux savants».  Cela dit, deux filons peuvent s’avérer utiles pour esquisser les lignes de force de cette œuvre : d’abord, la désignation fort à propos de François Alquié (1947), ensuite reprise par Alphonse de Waelhens (1951), de «philosophie de l’ambiguité», puis celle d’Emmanuel Alloa qui, dans La résistance du sensible (2008), aborde l’œuvre de Merleau-Ponty comme une réflexion «sur ce qui résiste», et par là même comme une «critique de toute idéologie de la transparence, que ce soit la croyance en une transparence de soi à soi, du soi et de son savoir, du soi et de l’Autre.» (p. 16).

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14 décembre 2007

Du rapport à autrui

Pourquoi se fait-il que des entreprises en situation de quasi-exclusivité dans un milieu donné, ne trouvent pas meilleure stratégie que l’impression de cartes de fidélisation?

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1 novembre 2007

La Neutralité d’Internet et les demandes pour une «promotion» culturelle: l’enjeu éthicopolitique

Mon texte sur le sujet, mis en ligne .
Mise à jour : et la suite sur le sujet, .

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20 octobre 2007

Colloque Wikipédia 2007

Simplement en passant, mentionnons que de pair avec le colloque Wikipédia sur le thème «Développer – Valider – Ouvrir», qui se déroule à la Cité des sciences et de l’industrie (Paris) ces 19 et 20 octobre, on trouve sur le site de l’évènement divers forums, dont plusieurs concernent l’éducation.

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12 octobre 2007

Nouvelle cuvée pour PhiloTR

En migrant PhiloTR, le site Web du Département de philosophie du Cégep de Trois-Rivières, du CMS Mambo au CMS Joomla!, tout en le déménageant à une nouvelle adresse, nous avons décidé de repenser le site. Nouvelle présentation graphique, contenus enrichis, nouveau système de commentaires, nouvelles sections et nouvelles catégories, dont l’une où nous regrouperons de façon évolutive des vidéos en philo que l’on retrouve sur Internet, une autre où nous regrouperons au fil du temps des articles sur la philo au cinéma, la philo dans les médias… Et comme toujours, l’œil aguerri de Pierre Lemay, à l’affût de l’actualité philosophique et culturelle. Une évolution majeure de PhiloTR qui n’aurait pu voir le jour sans le travail énorme, que dis-je, colossal, accompli par Yves Bastarache [qui compte aussi une très grande capacité de synthèse, parmi ses innombrables qualités ;-)]. Sur une note un peu plus personnelle, je dois dire que la dernière semaine qui s’est écoulée en a été une ponctuée d’une collaboration vraiment plaisante avec les membres du Comité Web!

Donc, du serveur apo/cstp où était hébergé le site depuis 2004 (archives), le site du Département de philosophie déménage au: http://philosophie.cegeptr.qc.ca/

(Pour vos agrégateurs, le fil RSS des billets et le fil RSS des commentaires.)

Nous souhaitons que le site PhiloTR soit ouvert et convivial, n’hésitez donc pas à vous joindre à l’aventure et y laisser une trace.

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8 octobre 2007

Intermède en attendant Godot

«On n’était pas du même bord […]
Mais on cherchait le même port»
– Jacques Brel

Lors d’une relative jeunesse, celle d’une vie ou celle d’une époque, on a sans doute tout intérêt à explorer, s’approprier et maîtriser une philosophie de type existentialiste, de même qu’il n’est pas inutile d’explorer tout ce qu’implique dans sa foulée le «paradoxe de l’authenticité», que l’on retrouve articulé, par exemple, chez Sartre.

Lorsque vient le temps de prendre place dans un univers socioculturel et d’y interagir, les existentialismes et leurs philosophies de la conscience ayant leur angle mort, on a alors sans doute avantage à explorer et apprivoiser des philosophies s’intéressant aux structures, en regardant du côté d’un Foucault, d’un Lévi-Strauss ou d’un Marx, par exemple.

Lorsque l’on vit dans un univers de sens qui est aussi façonné de discours de type scientifique, on a sans doute intérêt à aussi explorer des philosophies de la connaissance, comme Popper, Bachelard et bien d’autres épistémologues.

Lorsque le passage du temps se sédimente, on a sans doute alors quelque chose de bénéfique à retirer du stoïcisme.

Tantôt on cherche le Nord, tantôt on cherche des vérités, tantôt des chemins praticables, tantôt on fraye.

Lorsqu’il semble que ces passages ne sont pas uniques, on peut songer au mythe de Sisyphe. Ou encore, on peut songer à la tension entre Héraclite et Parménide. Le «Différant» et le «Meme».

Et encore, pour reprendre les mots de Sénèque, «Nous pouvons discuter avec Socrate, douter avec Carnéade, nous reposer avec Épicure, vaincre la nature humaine avec les stoïciens, la dépasser avec les cyniques.» (De la brièveté de la vie)

Et lorsque l’on lit les lignes du présent billet, doit-on se tourner vers une métaconception de type nietzschéenne? Ou vers Hadot? Ou encore vers des philosophies pragmatiques? Ou vers une position s’apparentant à celle de Socrate? Ou vers…?

Monsieur, un autre espresso en attendant Godot, s’il-vous-plaît.

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29 septembre 2007

«Le corps dans tous ses états»

On n’y songe pas toujours explicitement, mais le corps est un sujet philosophique aux très nombreuses implications – parfois insoupçonnées. Dans cette mesure, c’est une bonne nouvelle que le troisième numéro (automne 2007) de Médiane. Magazine philosophique québécois soit justement consacré à ce vaste sujet, au travers d’une prise de parole qui se veut ouverte au «grand public». C’est pourquoi ce numéro me semble mériter qu’on en dise quelques mots, afin d’évoquer la pertinence philosophique du corps.

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18 septembre 2007

Alfred Schütz : nouvelle publication

Je termine à l’instant la lecture de la préface de Thierry Blin, couronnant le nouveau recueil de traductions d’Alfred Schütz, qu’il m’a aimablement fait parvenir.  Intitulé Essais sur le monde ordinaire (Paris, Éditions du Félin, 2007), ce recueil devrait intéresser les personnes curieuses d’approfondir leurs réflexions en philosophie sociale (et en philosophie des sciences sociales), en philosophie de l’action et en «sociologie phénoménologique».

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16 septembre 2007

BarCamp Éducation et Web 2.0

Bref retour sur la «Non-conférence» (BarCamp) sur l’éducation et les outils du Web 2.0, qui a eu lieu à Québec, ce samedi 15 septembre 2007, et qui regroupait environ 45 participants, provenant autant du Québec que du Nouveau-Brunswick et de l’Europe.

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19 août 2007

Pratiques de raccordements

En annonçant les paramètres de la consultation publique que la Commission Bouchard-Taylor tiendra cet automne, il a été précisé que les travaux ne se limiteraient pas à la question des «accommodements raisonnables», mais embrasseraient largement la question du «modèle d'intégration socioculturelle», l’interculturalisme, la laïcité et, globalement, la question de la diversité.  Un choix de perspective plutôt sage pour éviter certains écueils – d’ailleurs, il ne faut pas négliger que «la majorité des demandes d’accommodements ne sont pas formulées par des immigrants».  Plus les travaux de la Commission avancent, plus il me semble qu’il s’agit là, sur le fond, de l’expérience d’une variante particulière d’un horizon classique en philosophie : celui de la toujours-difficile reconnaissance/compréhension de la valeur du Différent et de «l’autre pensée» qui, pour autant, ne nie pas en même temps une exigence de véracité ou d’universalité, sans quoi toute interrogation fondamentale tombe à plat – autant dans l’univers du sens et des valeurs que sur la question de l’identité humaine et sociale.

Osons ici quelques mots sur ce délicat sujet :

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12 août 2007

Citations (Valéry)

«L’homme de génie est celui qui m’en donne.»

–    Paul Valéry, Mauvaises pensées et autres, dans Œuvres II, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1960, page 881.


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«On ne sait jamais en quel point, et jusqu’à quel nœud de ses nerfs, quelqu’un est atteint par un mot, – j’entends : insignifiant.
    Atteint, – c’est-à-dire : changé.  Un mot mûrit brusquement un enfant.  Etc.»

–    Paul Valéry, Tel quel  [Choses tues], dans Œuvres II, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1960, page 495.


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«Variations sur Descartes.
Parfois je pense; et parfois, je suis

–    Paul Valéry, Tel quel  [Choses tues], dans Œuvres II, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1960, page 500.

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29 juillet 2007

Arts contemporains et arts numériques

Réflexion intéressante d’Hervé Fischer au sujet des rapports entre les (beaux-)arts contemporains et les arts numériques : Réinventer l’art contemporain.

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17 mai 2007

Passage à l'émission «Citoyen numérique» (CIBL Radio-Montréal)

Petite intervention cet après-midi à l’émission Citoyen numérique...

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17 avril 2007

Éditions, iconographie et projets Wikimedia

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30 mars 2007

La naissance des Philoconférences : à l’intersection du Cégep, de l’université et de la ville

La première des Philoconférences aura lieu lundi prochain, le 2 avril, à 19 heure.  L’ambiance devrait être particulière : le lieu retenu pour cette première est l’Église Saint James (bâtiment du 18e siècle, de dimension conviviale), sur la rue des Ursulines, dans le Vieux Trois-Rivières.   Je dois d’ailleurs dire que je me réjouis que cette première n’ait lieu ni au Cégep proprement dit, ni à l’université, mais bien au cœur de la ville.  L’entrée est libre, et c’est un évènement qui se veut largement ouvert.

Je crois que ces brefs extraits permettent de saisir la tonalité recherchée :


«[…] «Nous souhaitons faire la promotion de la philosophie en la ramenant plus près d'un public plus large, en nous gardant bien toutefois de trop faire dans le populisme», explique Yves Bastarache enseignant en philosophie au Cégep. […] «Cela nous permet de raffermir les ponts entre nos deux institutions et servira de porte ouverte sur la ville pour mieux faire connaître la philosophie à un plus large public», a conclu Yves Bastarache.» (En tête, Vol. 6, no 25)

Pour cette première, le conférencier sera Louis-André Dorion, spécialiste de Socrate et auteur, entre autres, du Que sais-je? (PUF) sur le sujet.  Son propos portera sur «Socrate et la cité platonicienne», un sujet plus audacieux qu’il ne pourrait paraître.  On sait que Platon était très critique à l’égard de la démocratie, un système politique auquel il reprochait de favoriser les démagogues – et qui avait permis la mise à mort de Socrate.  Le modèle de Cité idéale que Platon propose est une épistémocratie : un système politique où les dirigeants seraient composés de ceux qui «savent le pourquoi des choses».  Une hiérarchie des membres de la société et de la répartition de leurs rôles s’en suivait.  On sait aussi l’importance que Platon donne au personnage de Socrate dans la mise en scène de ses dialogues.  Or, il est loin d’être certain qu’un individu tel que Socrate aurait aimé vivre dans le modèle de «Cité idéale» préconisée par Platon…

Un sujet d’interrogation dont je me risquerais à ajouter qu’il pourrait, dans le contexte politique actuel*, revêtir un surcroît d’intérêt pour alimenter la nécessaire réflexion de fond qu’il y a à faire.

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Les Philoconférences ont été fondées par mes collègues Patricia Nourry, Clément Loranger, Yves Bastarache et Jacques Rioux, du Cégep de Trois-Rivières, en compagnie de Serge Cantin et Suzanne Foisy, de l'UQTR.  Pour plus d’informations, on peut lire cet article.

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Mise à jour : voir le carnet Internet des Philoconférences les Philoconférences (màj: maintenant hébergées sur PhiloTR (avec système ouvert de commentaires), ainsi que la Lettre de résolution et les Notes ayant servi à l’allocution inaugurale.

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21 mars 2007

Loi 43 et santé démocratique

Les étudiants ont voté une journée de «grève» devant avoir lieu demain (jeudi le 22 mars 2007).

C’est triste pour leurs illusions sur la démocratie québécoise, mais il semble qu’il y a la réalité du projet de loi 142 (adopté «sous bâillon» par l’Assemblée nationale du Québec le 15 décembre 2005 – loi 43).


«28. Nul ne peut, par omission ou autrement, faire obstacle ou nuire de quelque manière à la reprise ou au maintien des services habituels d’un organisme du secteur public ou à l’exécution par les salariés de leur prestation de travail relative à ces services, ni contribuer directement ou indirectement à ralentir, altérer ou retarder l’exécution de cette prestation.»
(extrait de la section V – page 12 – du projet de loi 142, adopté «sous bâillon» par l’Assemblée nationale du Québec le 15 décembre 2005).

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11 mars 2007

Citations (Sénèque)

«Non, nous n’avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup.»

– Sénèque, De la brièveté de la vie, I, 3 (dans la traduction de M. Charpentier, 1860)


«  [...]  Nous pouvons discuter avec Socrate, douter avec Carnéade, nous reposer avec Épicure, vaincre la nature humaine avec les stoïciens, la dépasser avec les cyniques.  Puisque la nature nous admet en la communauté du temps tout entier, pourquoi ne pas sortir de l’étroit et périlleux passage […]  Ceux qui courent d’une obligation sociale à une autre, qui tracassent eux-mêmes et les autres, lorsqu’ils auront bien satisfait leur folie, lorsqu’ils se seront promenés quotidiennement de seuil en seuil, sans passer aucune porte qu’ils aient trouvée ouverte, lorsqu’ils auront porté à la ronde dans les maisons les plus éloignées leurs salutations intéressées, quelle infime proportion d’habitants auront-ils pu voir dans cette ville immense et écartelée entre tant de passions diverses? »

– Sénèque, La Brièveté de la vie, XIV, 2-3 (dans la traduction (2005) de José Kany-Turpin, Éditions GF Flammarion, pages 127-128)

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12 février 2007

Blogue de la Chaire en Éthique des affaires

Ce qu’on désigne souvent sous le vocable de «philosophie appliquée», c’est la réflexion philosophique se construisant autour de cas particuliers (mais pas pour autant singuliers), typiques d’un domaine d’investigation.  Cette philosophie appliquée n’est ni plus ni moins concrète que la philosophie en général, elle a simplement un «focus» différent.  Or, ce «focus» particulier nécessite souvent une certaine connaissance dudit domaine d’étude, ce qui fait en sorte que la philosophie «appliquée» n’est pas toujours aisément accessible pour tous et chacun.  

Dans cette mesure, il me semble heureux que la Chaire en Éthique des affaires de l’Université de Montréal ait pris l’initiative d’alimenter un blogue où est présent le souci de vulgariser ce domaine de la «philosophie appliquée».  Si ça vous intéresse, je me permets de suggérer, pour débuter, la lecture du billet intitulé «Les multiples visages de l’entreprise.  Citoyens, psychopathes et autres golems.» (par Pierre-Yves Néron).  Pour y fureter, c’est par là  (fil rss).

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9 février 2007

Charles Taylor

Pour qui veut connaître un peu mieux le philosophe québécois Charles Taylor, on peut notamment regarder cette entrevue à Chasseurs d’idées (animée par Jacques Véronneau, à Télé-Québec, en novembre 2001 – vidéo de 52min. 53sec.).

(présent contexte)
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Post-scriptum du 17 mars 2007 : il me semble par ailleurs intéressant de souligner que lors de cette entrevue, au moment de discuter de l’identité, de la modernité et de l’individualisme, Charles Taylor s’attache d’abord à approfondir la compréhension du «caractère controversé» des thèmes abordés et des questions qui se posent.

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4 février 2007

Citations (Hadot)*

(*en écho à cette discussion)

« Pour définir la sophia, les interprètes modernes hésitent toujours entre la notion de savoir et celle de sagesse.  Celui qui est sophos est-il celui qui sait beaucoup de choses, qui a vu beaucoup de choses, qui a beaucoup voyagé, qui a une culture encyclopédique, ou bien est-ce celui qui sait bien se conduire dans la vie, et qui est dans le bonheur ?  Nous aurons à le répéter souvent tout au cours de cet ouvrage, les deux notions sont loin de s’exclure […] »

– Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique?, Gallimard, Folio essais, page 39.

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« Ce que les philosophes ont le moins retenu du modèle du Socrate du Banquet, c’est son ironie et son humour, auquel fait écho le Socrate dansant du Banquet de Xénophon.  Ils se sont traditionnellement privés de ce dont ils auraient eu le plus besoin. »

– Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique?, Gallimard, Folio essais, page 85

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22 janvier 2007

Des écrits et des mots

«Le désir d’exister aux yeux des autres
restera le mystère inexpliqué du comportement humain.»
Umar Timol, Les Affreurismes (*)

«La conversation c’est s’écouter
avec les oreilles des autres.»
Umar Timol, Les Affreurismes (*)

Ce matin, le poète Umar Timol, de l’Ile Maurice, mentionnait que ses aphorismes étaient disponibles sur kiltir.com.  Le commentaire est discret, mais ayant pris connaissance des écrits qu’on y retrouve, je dois dire que ce serait vraiment dommage de ne pas y donner plus de visibilité.  C’est par là.
*
Le commentaire ayant été fait sur le billet concernant les aphorismes de mon collègue Yvon Corbeil, je signale en passant que celui-ci a donné une nouvelle facture à son site, avec une nouvelle adresse – et je rappelle ces éclats de sa prose.
*
J’en profite aussi, puisqu’il est question de prose, pour attirer l’attention sur ce texte de Delphine Ménard.  Le rythme y est remarquable.
*
Et tant qu’on y est, ajoutons aussi que Les coups de langue de la Grande Rousse sont de retour, depuis près d’une semaine.  Pour les personnes ne connaissant pas Les coups de langue…, disons simplement que Dolores Tam, la Grande Rousse, fait partie de l’équipe autour d’Antidote.

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14 janvier 2007

L’enracinement de la philosophie au Québec

Parmi les ajouts récents sur « Les classiques des sciences sociales » figure l’article de Josiane Boulad-Ayoub et Georges Leroux, « La philosophie au Québec. De la discipline à la culture. » (1999).  Ce n’est pas toujours facile d’en savoir plus sur la manière dont la philosophie s’est enracinée au Québec et y a pris vie*, et c’est pourquoi il est heureux que cet article soit rendu accessible sur internet.  En tirant profit de divers travaux, les auteurs offrent une présentation intéressante de l’état des lieux en mettant en jeu deux de ses versants, soit son développement proprement disciplinaire et son insertion culturelle, tout en articulant son inscription historique avec ses enjeux actuels.  (suite)

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3 janvier 2007

À propos du 2.0

En janvier 2006, dans la seconde section (« Les vases communicants ») d’un texte réalisé à l’occasion d’une table ronde de la Société des Écrivains de la Mauricie, je faisais référence aux possibilités du Web 2.0.  Le choix de « person of the year » 2006 du Time magazine venant de publiciser cette notion, si ça vous intéresse d’en savoir davantage, je signale que Martin Lessard a publié deux analyses fort intéressantes au sujet de cette auberge espagnole nommée « Web 2.0 ».  C’est là : Web 2.006 et Web 2.007.

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14 décembre 2006

Ce message s’autodétruira… ou pas.

L’important étant ce qui reste après avoir oublié le reste, il vaut mieux ne pas négliger les sillons que creusent nos interrogations.

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Savoir et rapport à soi-même (citation)

« Pour moi, le travail intellectuel est lié à ce que vous définiriez comme une forme d’esthétisme – par cela, j’entends la transformation de soi.  […]  Je sais que le savoir a pouvoir de nous transformer […]  C’est pour cela, voyez-vous, que je travaille comme un malade, et que j’ai travaillé comme un malade toute ma vie.  [...]  «Croyez-vous que j’ai travaillé autant, pendant toutes ces années, pour dire la même chose et ne pas être transformé?»  Cette transformation de soi par son propre savoir est, je crois, quelque chose d’assez proche de l’expérience esthétique. »

Michel Foucault, Dits et écrits II, 1976-1988, Gallimard, Quarto, pages 1354-1355.

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18 novembre 2006

En vrac : blogosphère, Habermas et Platon

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3 novembre 2006

Politique et savoir

Pour mieux comprendre certaines empreintes laissées dans la culture, quelques traces éclairant les racines et ruines d’une mise en jeu particulière de la politique et du savoir... (suite)

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18 octobre 2006

Bachelard et la culture

« Moi, ce qui me frappe beaucoup chez Bachelard, c’est qu’en quelque sorte il joue contre sa propre culture, avec sa propre culture. »

[…]

« Eh bien, Bachelard, il sait se déprendre de tout cet ensemble de valeurs.  Et il sait s’en déprendre uniquement… en lisant tout.  En lisant tout et en faisant jouer en quelque sorte tout contre tout. »

–    Michel Foucault (1926-1984) à propos de Gaston Bachelard (1884-1962).  Extraits tirés de ce vidéo (1min 58sec) [la ponctuation de la présente retranscription est approximative].

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15 octobre 2006

Paysages temporels (citations)

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12 octobre 2006

Paysages et rythmes (citation)

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1 octobre 2006

Journée internationale de la musique

(Données contextuelles : dimanche 1er octobre)

Maintenant je sais (interprète: Jean Gabin ; auteurs: Philip Green et Jean-Loue Dabadie, 1974)  [mp3 sur oasisfle.com pour fins pédagogiques seulement]

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En échos à la chanson… ce billet.  

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22 septembre 2006

Sciences cognitives et philosophies

Récemment, je prenais connaissance du blog de Tanasije Gjorjoski, qui a regroupé une série de liens vers des vidéos de philosophes.  J’ai, depuis, parcouru plusieurs de ses billets...

Ce qui m’a donné envie de prendre le temps de relire « Cognitive philosophy and Phenomenology » (19 pages), écrit en 1999 par Joseph Nicolas Kaufmann (1941-2002).  Si je le mentionne, c’est que cet article est, à mon avis*, un texte incontournable pour quiconque s’intéresse à la phénoménologie, à la philosophie de l’esprit (philosophy of mind) et aux sciences cognitives.


*  [voir de ce côté pour l’éventuel biais de mon avis]

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p.-s. voir aussi ce billet, au sujet du possible tournant de la phénoménologie.

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18 septembre 2006

À propos des «cultures» ayant façonné Internet

Lire ce billet de Martin Lessard.

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12 septembre 2006

À propos du milieu de l'édition

Lire ce billet de Jean-Sébastien Bouchard.

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Vidéos en philo (et timing)

Via Guitef, je note ce blog de Tanasije Gjorjoski qui, selon un centre d'intérêt, répertorie quelques vidéos « d’exposés  philosophiques » (philosophical lectures).  

Entre mes diverses préparations de cours, d’éclairantes traductions d’expressions latines qui parsemaient un texte touchant à l'anthropologie philosophique, l’actualisation de thèses et les ressources numériques, il y a là quelques extraits vidéos qui tombent vraiment bien pour moi.

[p.-s. ne pas manquer aussi de visiter smART history]

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Mise à jour (21 octobre 2006) : Outre les vidéos répertoriés dans la liste précitée, voici quelques autres vidéos de philosophes :

- Michel Foucault (1926-1984) parle de Gaston Bachelard (1884-1962) [1 min. 58 sec.; 2 octobre 1972; en français]

- Partie 1 et partie 2 de Human Nature: Justice Vs. Power.  Échange entre Michel Foucault (1926-1984, philosophe français) et Noam Chomsky (1928-..., linguiste et activiste américain), avec Fons Elders, dans le cadre d'une émission produite par la télévision néerlandaise en 1971 (avec publication de l'échange dans F. Elders (dir.), Reflexive Water, en 1974) ; émission enregistrée à l'École supérieure de technologie de Eindhoven en novembre 1971.  [6 min. 50 sec. pour la partie 1; 6 min. 3 sec. pour la partie 2; 1971; échange en anglais et en français]

- Documentaire sur Herbert Marcuse (1898-1979), ce qu'a été la «New Left» et l'effervescence du mouvement étudiant dans les décennies 1960 et 1970 [56 min. 49 sec.; Marcuse and Revolution in Paradise, documentaire produit, écrit et dirigé par Paul Alexander Juutilainen; 1996]

- Martin Heidegger (1889-1976) et la question de l'être : partie 1 - partie 2 - partie 3 - partie 4 - partie 5 - partie 6 - partie 7 [en allemand, sous-titré en français]

- Charles Taylor (1931-...) en entrevue (avec Jacques Véronneau) à Chasseurs d'idées, sur le thème Grandeur et misère de la modernité [53 min. 53 sec.; 25 novembre 2001; en français]

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3 septembre 2006

La phénoménologie ?

« My guess is that the general theme [of the fifth period] would then be collective as well as individual human life in the socio-historical world, a theme that is suitable for a reflective-descriptive philosophy of culture. »
– Lester Embree (source)

Pour les personnes intéressées, ou curieuses d’obtenir une vue d’ensemble de la tradition phénoménologique, on pourra lire avec bénéfice, sous la plume de Lester Embree, cette courte esquisse du panorama (géo)historique de la phénoménologie, incluant des considérations prospectives sur ses développements (.pdf 9 pages).

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19 août 2006

Citation (Foucault)


« Il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir.  On me dira peut-être que ces jeux avec soi-même n’ont qu’à rester en coulisse ; et qu’ils font, au mieux, partie de ces travaux de préparation qui s’effacent d’eux-mêmes lorsqu’ils ont pris leurs effets.  Mais qu’est-ce donc que la philosophie aujourd’hui – je veux dire l’activité philosophique – si elle n’est pas le travail critique de la pensée sur elle-même ?  Et si elle ne consiste pas, au lieu de légitimer ce qu’on sait déjà, à entreprendre de savoir comment et jusqu’où il serait possible de penser autrement ?  Il y a toujours quelque chose de dérisoire dans le discours philosophique lorsqu’il veut, de l’extérieur, faire la loi aux autres, leur dire où est leur vérité, et comment la trouver, ou lorsqu’il se fait fort d’instruire leur procès en positivité naïve ; mais c’est son droit d’explorer ce qui, dans sa propre pensée, peut être changé par l’exercice d’un savoir qui lui est étranger. »

Michel Foucault, Histoire de la sexualité II.  L’usage des plaisirs, pages 15-16.

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12 août 2006

Citations (Corbeil)

« Répéterons-nous les instants uniques que l'on rate pendant qu'on y est plongé et après lesquels on court ensuite?  Je suis inquiet.  Qu'est-ce donc qui fait le souvenir autrement que ce qu'il a été?  Je me souviens mieux maintenant.  Beaucoup mieux.  C'était à l'automne.  Nous étions allés voir partir les oies blanches, nous qui nous apprêtions à rester là.  Toute la journée j'avais eu mal à l'estomac, puis mal à la tête.  Nous avions eu des mots.  Une horrible journée.  En fin d'après-midi, le soleil couchant avait teint les oies en orange.  Une brise de terre s'était levée, remuant les roseaux déjà ensommeillés.  D'un seul coup, plusieurs milliers d'oiseaux s'élevèrent dans l'air bleu, qui vibra d'un immense cri.  Moi, je ne pensais qu'à repartir et à retourner me coucher.

Mais je me souviens aussi.  L'année suivante, ou peut-être une autre.  Nous étions de nouveau allé voir les oies, qui repartaient encore et qui, entre-temps, avaient bien dû revenir.  À moins que ce ne fut pas les mêmes.  C'était pourtant le même après-midi, indéniablement.  Il y avait là le même soleil rasant, la même petite brise.  Les oies quittèrent le sol au même instant, dans le même cri.  En cette stase précise de l'espace et du temps, mon souvenir était revenu, tout à fait lavé de mes indispositions d'alors, transformé et pourtant parfaitement identique à ce présent.  Une coïncidence par-dessus la contingence spatio-temporelle.  J'avais beaucoup pleuré.  Mon bonheur, alors, était bien loin de moi.

 

Comment peut-on ressentir de la tristesse ou de la mélancolie au souvenir d'une chose qui nous avait alors laissé dans une totale indifférence?

 

J'ai beaucoup réfléchi au souvenir.  Il tient uniquement au fait d'avoir été, et de l'avoir été parce qu'on y était.  Peu importe quel sentiment nous habitait alors, ou même, peut-être, s'il y en avait un.  Je me rappelle avec une joie ineffable cette angoisse adolescente, au sein de laquelle le noir impénétrable de la nuit m'était apparu comme le gouffre même de la vie, puis encore des ailes du vent qui transportent un accord de guitare, de l'éclat bleu de la neige caressée par la lune ou de l'odeur du gasoil que boivent les trains.  L'émotion qui, à l'origine, s'était unie à ce dont on se souvient, est indifférente, car le souvenir lui-même n'est d'abord que ça, une émotion.  Voilà la grande énigme.  Telle est la grandeur de notre essence, mais aussi le calice de notre condition.  Le souvenir est toujours une émotion que l'on est occupé à vivre dans le présent.  Et pourtant, on continue de croire qu'il faille aller le rejoindre dans le passé.  C'est tout à fait désespérant. »

 

Yvon Corbeil, Le vieux qui grinchait

***


« Ce jour-là, je l'avais justement remarqué au réfectoire.  Il couraillait ses petits pois qui ne cessaient d'aller se cacher derrière la purée ou à proximité du minuscule morceau de gras qu'il avait écarté.  [...]  Est-ce par méchanceté ou par inadvertance que l'on sert des petits pois aux petits vieux? »

Yvon Corbeil, Le vieux qui grinchait

***


« Est-ce alors que ma vie s'est brisée?  Peut-être qu'elle l'était bien avant.  Peut-être l'a-t-elle toujours été.  Ma vie brisée a-t-elle causée cette rupture dans l'amour que je savais te porter ou si, au contraire, celle-ci a rompu ce qui, chez moi, pouvait tenir lieu d'amarres?  L'ennui, avec la causalité, c'est qu'elle ne fonctionne qu'au billard.  Et encore, il faut volontairement s'abstenir de tenir compte des motifs qui ont poussé le joueur à vouloir tenir la queue.

 

Lorsque les souvenirs reviennent hanter la maison, c'est qu'ils protestent de ce que l'on est pas en train d'en aménager de nouveaux.  Il faut fuir, toujours.  C'est la seule façon de leur échapper.  Il n'y a pas plus de souvenirs lorsqu'on est vieux que lorsqu'on est jeune.  Le souvenir est un mode d'être, non pas un classeur d'archives.  Ce qui change, avec la vieillesse qui s'installe, c'est la possibilité de plus en plus réduite de prendre la fuite.

 

Et pourtant, ah! ce qu'ils peuvent parfois bien nous bercer, les souvenirs. »

Yvon Corbeil, Le vieux qui grinchait

***


« Rares sont ceux qui parviennent à comprendre quelque chose à ce qu'ils voient.  Encore plus rares sont ceux qui parviennent à comprendre quelque chose à ce par quoi ils voient. »

Yvon Corbeil, Système philosophique complet (à assembler soi-même) [MAJ du lien]

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24 juillet 2006

Lectures : si vous aimez les aphorismes


« L'aphorisme est la forme littéraire idéale pour quiconque est pressé.  
Pour qui ne l'est pas, l'aphorisme est la forme littéraire idéale. »
– Yvon Corbeil
***

Si vous aimez les aphorismes, allez jeter un coup d’œil à cette cuvée de mon collègue (et voisin de classe pendant l’été) Yvon Corbeil.  On trouve aussi sur son site son roman (2003), son pamphlet (1999), des contes et fabliaux, des échos dont j’ai déjà parlé, de même que des articles et sa thèse sur Heidegger (1999) – et encore bien d’autres choses.

Attention, étincelles en perspective !

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Important:
Mise à jour des liens :
- Roman Le vieux qui grinchait
- Récit Un trou normand
- Pamphlet Passage à tabac (livre initialement publié chez Lanctôt Éditeur, en 1999)
- Aphorismes (et suite)
- Les échos du maquis
- Contes et fabliaux
- Philosophie à petites doses
- Articles
- Thèse sur Heidegger

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MÀJ: voir aussi la refonte de son site et les autres sections.

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1 juillet 2006

Citations (Béliveau)


« Les théories éthiques axées sur le phénomène de l’obligation morale ne peuvent pas admettre des degrés de liberté.  Ces théories «atomisent» l’existence d’une personne, la fragmentent en une série d’actes individuels et ceux-ci, en eux-mêmes, sont libres ou ne le sont pas.  Mais tel n’est pas le cas dans une éthique de la vertu.  Celle-ci étant une disposition habituelle du caractère ou de la pensée, il faut examiner de larges portions de la vie d’un individu avant de lui attribuer une vertu ou son contraire.  Ce contexte plus large permet alors de parler de degrés de liberté. »

Guy Béliveau, L’éducation des désirs.  Essai sur la défaillance de la volonté, page 68 (Éditions Bellarmin, ISBN 2-89007-816-7)

***

« Lorsque, au point de départ, on décrète que l’angoisse, le regret, la tentation sont des «fioritures inessentielles», on se condamne à rater complètement ce qui fait de l’intempérance un problème de vie.  La décision de rejeter du revers de la main toute interrogation existentielle conduit le chercheur à travailler alors sur des abstractions.
[…]
Je le répète, sous peine de rester aveugle à des éléments essentiels du phénomène de la faiblesse de la volonté, il faut éviter d’atomiser la vie […] »

Guy Béliveau, L’éducation des désirs.  Essai sur la défaillance de la volonté, page 89 (Éditions Bellarmin, ISBN 2-89007-816-7)

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« Le tempérant, en réussissant à se contenir, fait donc l’expérience de sa liberté et, dans la mesure où l’idéal de l’homme maître de lui-même l’anime, il voit dans l’intempérance et dans la défaillance de la volonté une faute.  «Mais pourquoi accorderais-je mon adhésion à cet idéal de liberté?» pourrait nous demander le nihiliste.  Je n’ai pas de réponse à cette question, si ce n’est celle-ci: dans la mesure où un individu déplore le fait que trop souvent sa vie ressemble à un tourbillon qui l’empêche de disposer de lui-même comme il le voudrait, et qu’il en est malheureux, alors la voie pour vivre une vie bonne passe par l’apprentissage de la liberté. »

Guy Béliveau, L’éducation des désirs.  Essai sur la défaillance de la volonté, page 99 (Éditions Bellarmin, ISBN 2-89007-816-7)

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«Cet essai se veut un exercice de microphilosophie.  Est-ce là une nouvelle méthode?  Pas tout à fait.  […]  Par microphilosophie, il faut donc entendre une description et une analyse microscopique de cas concrets dans le but de préparer le terrain pour des synthèses éventuelles dont les assises seront d’autant mieux assurées.»

Guy Béliveau, L’éducation des désirs.  Essai sur la défaillance de la volonté, pages 10-11 (Éditions Bellarmin, ISBN 2-89007-816-7)


Publié par Patrice Létourneau | Permalien | Commentaires (1) | Pistes (2)

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