Je vous présente un livre que j’ai lu, relu et rerelu (si le mot existe) intitulé « Every Student can succeed ». Je sais que la traduction est maintenant disponible. J’ai eu la chance de rencontrer en personne William (Bill) Glasser en août 2002 à Frédéricton et j’en retiens un souvenir mémorable. J’ai eu la chance de discuter un peu avec lui et je lui ai fais part de mes inquiétudes comme directeur des difficultés de convaincre certains parents aux changements. Nous venions de traverser une période difficile où un groupe de parents s’étaient opposé farouchement à une tentative de créer des classes multiâges. M. Glasser me dit tout simplement que c’est notre travail d'expliquer aux parents ce qu'il y a de mieux pour les élèves et qu’il faut accepter que nos idées ne soient pas toujours acceptées. Wow ! Je venais de me rendre compte que rien ne serait facile et que si je croyais à ce que je fais il arriverait ce qu’il devrait arriver. Si je reviens au livre, Glasser écrit à la page 45 :
Very few professionals have ever failed in school. None of us have gotten more than a few low grades. We have no idea what it is to experience constant threats, low grades and failure.
Un peu plus loin :
The fact that they (les élèves) should work harder doesn’t occur to them and won’t until they begin to believe that they can succeed in school. If you adopt the CBC (Competence Based Classroom), they’ll discover that school success is possible. That discovery will make a huge difference for the better in their lives.
Ainsi, bien souvent on s’acharne sur le par coeur et on oublie que dans la vie ce n’est pas comme ça. Si je veux vous écrire « anticonstitutionnellement », il m’est possible de vérifier dans un dictionnaire. Par contre, il est encore défendu de le faire dans certaines classes. Le monde de l’éducation doit changer sa définition de ce qu’est l’éducation ; obtenir le savoir pour adopter une toute nouvelle définition ; l’utilisation et l’amélioration des apprentissages. Glasser décrit bien le besoin de développer des compétences à l’école :
In the real world there is rarely any credits given for incompetence. Whenever you are asked to do anything at work, at home or anywhere else, competence is the minimum expected and accepted. Also, there is nothing about competence that is difficult to understand. The obvious reason the real world expects competence is to get useful task done properly. P.70
Selon Glasser, on doit abolir les notes numériques et d'accepter seulement les travaux d'élèves qui sont d'excellente qualité. Sinon, on donne un « incomplet » et la posibilité à l'élève d'améliorer ses travaux, c'est-à-dire, de se reprendre. Trop d’enseignants enseignent, corrigent, donnent des notes numériques et recommencent. Il faut défaire ce cercle vicieux où certains élèves se contentent d’un 60 %. La vie n’est pas comme cela et le plombier qui vient chez moi pour faire 60 % d’un travail demandé ne travaillera plus pour moi. La vie n’est tout simplement pas comme cela !
Au district scolaire 3, un virage s’est amorçé. L’introduction difficile au départ du bulletin descriptif apportera des solutions au manque de compétences de certains élèves. Au moins nous savons ce qu’ils ne savent pas encore…Même si certains parents aimeraient avoir des notes numériques, la transition d’un bulletin numérique à un bulletin descriptif se porte bien. Savoir qu’un élève de 1ère année a 80 % en mathématiques ne nous donne pas trop d’indices sur le 20 % manquant. Par contre, le bulletin descriptif nous donne des pistes.
Reste à savoir comment on peut d’une année à l’autre commencer où l’élève se situe et comment lui rendre de meilleurs services…pour moi c’est le multiâge…pour d’autres ce sont les rangées en queues d’oignons….et si Glasser disait vrai ?
Et si Glasser disait vrai? Je crois bien que oui. J'ai eu la chance, durant ce que j'appelle mes années "flottantes" (les deux ans où j'ai oeuvré à titre d'intervenante en milieu scolaire), de suivre maintes formations en TC/TR et où j'ai pu prendre connaissance des documents écrits par Glasser sur le succès, la réussite et sur la qualité. C'est une philosophie avec laquelle je suis en accord et à laquelle j'adhère. Mais il est aussi vrai que c'est une philosophie à laquelle nous ne sommes pas habitués. J'essaie le plus possible de vivre cette philosophie à travers les différents aspects de ma vie personnelle et professionnelle et de la communiquer aux gens qui m'entourent, comme mes élèves.