
Tapez le mot anglais « literacy » sur Google et vous trouverez 6 600 000 références (en français on écrit "littératie" et sur Google, il y a au moins 4410 liens francophones) . Pas de doute, la littératie est un sujet de l’heure en éducation.
Au Nouveau-Brunswick, le Plan d’apprentissage de qualité dresse un plan pour les prochains dix ans en ce qui concerne les orientations dans plusieurs domaines dont la littératie. À la page 24 du document, on peut lire :
La lecture est la base nécessaire pour tout autre apprentissage. L’élève qui ne sait pas lire est désavantagé dans ses apprentissages et risque de décrocher. Nous ferons tout ce qui est possible pour permettre à nos enfants d’atteindre un niveau de lecture adéquat à la fin de la 2e année. Pour cette raison, nous mettons sur pied un vaste programme de littératie destiné aux élèves de la maternelle à la 2e année. Ce programme sera suivi d’autres initiatives pour les élèves de la 3e à la 12e année. Un programme d’intervention individuelle sera mis sur pied pour aider tous les enfants qui éprouvent des difficultés durant leur 3e année.
Depuis l’an dernier à notre école, une enseignante s’occupe de créer des activités d’apprentissages pour aider les élèves de la maternelle à la deuxième année à atteindre les objectifs fixés par le Ministère de l'éducation. C’est qui est bien dans tout cela, c’est que ça fonctionne. Cette année, il y a des rumeurs que le temps consacré au développement de la littératie sera augmenté. Bravo !!!
Je définis la littératie comme la capacité de lire et de comprendre ce qu’on lit. Définition pas trop scientifique mais pratique dans notre milieu. Je lis rarement la revue « Educational Leadership » d’un bout à l’autre mais le numéro de mars 2004 est consacré à ce que la recherche croit savoir à propos de la lecture. Dans son article, en entrée de jeu, Marge Scherer, croit qu’on sait comment enseigner la lecture et qu’on le sait depuis un bon bout de temps. Elle cite la Commission nationale sur la lecture qui a publié un rapport intitulé ; « Becoming a Nation of Readers ». Déjà en 1985, on donnait les recommandations d’études suivantes : de la phonétique à un plus jeune âge, des manuels plus vivants, moins d’emphase sur des feuilles de travail (elle m’a eu à partir de ce moment) et plus de temps pour lire. Il faut aussi enseigner le processus de la lecture et revoir notre façon d’enseigner. De nos jours, les mêmes recommandations s’appliquent mais on ajoute aussi les stratégies pour comprendre ce qu'on lit.
Les nouvelles recherches sur le cerveau nous permettent aussi de croire que le « tutorat intensif » de la lecture chez les jeunes élèves permet d’améliorer le rendement de la lecture. Ainsi le cerveau ne projette pas les mêmes images chez un lecteur à risque que chez un bon lecteur. Pour Scherer, la prochaine décennie sera celle de « la guerre des recherches » en lecture. On attache sa tuque…et on attend.
En attendant justement, je veux vous citer un passage du livre « La lecture : De la théorie à la pratique » (Que je n’ai pas lu d’un bout à l’autre…malheureusement…) de Jocelyne Giasson :
Depuis de nombreuses années, les recherches en éducation concordent sur un point : la variable la plus importante pour la réussite en lecture des élèves n’est pas la méthode utilisée, mais l’enseignant lui-même. Derrière la porte de la classe, le dernier mot appartiendra toujours à l’enseignant. P. 31
Giasson cite Goodman (1992) ;
Il n’y a pas de rapports de recherche, de brillantes découvertes, d’articles incontournables, de revues, de programmes, de politiques, de lois qui peuvent changer ce qui arrive aux enfants dans les écoles. Seul l’enseignant peut le faire. P. 31.
On dira ce qu’on voudra, une fois la porte de leur classe fermée, les enseignants décident de leurs pratiques pédagogiques. Mon travail de directeur est de les appuyer et de les encourager dans toutes leurs démarches. J’accepte qu’ils prennent des risques et acceptent aussi leurs différences. Je les encourage à essayer de nouvelles approches et je peux à l’occasion sembler persistant. Eh oui, que voulez-vous, j’ai la tête dure…Des fois ça marche…
En terminant, si Pennac (Daniel de son prénom) était enseignant au Nouveau-Brunswick et qu’il voyait nos pratiques pédagogique, il pourrait à sa façon nous dire par où commencer. Ce que j’en sais pour l’avoir lu d’un bout à l’autre (le chanceux et moi aussi d'ailleurs), c’est que nous devons donner aux lecteurs, en occurrence les élèves, les droits que nous nous accordons à nous comme adulte. Comme par exemple ; le droit de ne pas lire (surtout si c’est pas bon), le droit de sauter des pages (je le fais souvent) et le droit de ne pas finir un livre. Ce sont les droits du lecteur.
Bonne réflexion !!!
C'est vrai que la littératie est indispensable dans nos salles de classe. À l'école, nous sommes chanceux d'avoir une perle d'enseignante(Mme Geneviève) au niveau de la littératie. Elle est toujours bien organisée et elle donne le goût de la lecture et de l'écriture aux élèves.
C'est tellement vrai qu'on n'a pas à tout lire, qu'on peut passer des pages, qu'on peut ne pas finir un livre mais je crois qu'il faut lire... lire ce que l'on aime, lire pour le plaisir, lire par curiosité. C'est en lisant qu'on devient de bons lecteurs et qu'on en vient à aimer lire..