Patterson (1993) croit que le leadership évolue et change rapidement. Selon lui, le leader de demain doit être en mesure d’être ouvert et d’adhérer fidèlement aux cinq valeurs suivantes ; la participation, la diversité, les conflits, la réflection et à la possibilité de faire des erreurs. C’est donc dans ce contexte que le leadership se transforme présentement. D’un même son de cloche, les auteurs, Gossen et Anderson (1998) croient que ;
La priorité numéro un des directeurs d’une école de qualité est d’encourager et d’aider professionnellement et personnellement, les professeurs à essayer de nouvelles idées et à les soutenir dans cette tentative. p13
Selon ces mêmes auteurs, il est primordial pour un administrateur scolaire de comprendre la théorie du contrôle et d’examiner ses styles de gestion du comportement des élèves. On essaie de trouver des pistes pour passer de nos croyances en la motivation extrinsèque à une approche qui repose au contraire, à la motivation intrinsèque. Gossen et Anderson (1998), pensent que plusieurs leaders ont de la difficulté à faire ce premier saut. De son côté, Glasser (1994) croit que les dirigeants peuvent devenir de vrais leaders en comprenant la théorie du choix. Selon Glasser (1994) le principe de base de la théorie du choix est ;
“On ne peut forcer qui que ce soit à faire ce qu’il ne veut pas faire. On ne peut que lui enseigner de meilleures façons de procéder et l’encourager à les essayer. Si cela fonctionne, il y a de fortes chances qu’il choisisse de poursuivre dans cette voie.” p. 60
Glasser (1994) soutient que nous avons tous cinq besoins fondamentaux ; la survie, l’amour et l’appartenance, le pouvoir, la liberté et le plaisir. Ainsi, si un administrateur scolaire veut une école de qualité, il doit organiser le travail de manière à satisfaire tout ces besoins. Le leader de qualité offre donc des occasions permettant au personnel et aux élèves d’être en mesure de faire de bons choix qui sont parallèles avec la vision et les objectifs de l’école. Selon Greene (1997), les administrateurs et les enseignants doivent comprendre la différence entre un patron et un leader.
Glasser (1997) croit qu’il faut améliorer les techniques de modification de comportement utilisées en classe et à l’intérieur de l’école. Il faudrait aussi aborder la discipline d’une manière plus positive en tenant compte des besoins de chaque élève et en respectant les différentes étapes de son développement et de sa croissance personnelle. Il faut aussi encourager les élèves à prendre des initiatives, à développer leur créativité, à assurer des tâches utiles, à résoudre des problèmes et à faire des choix responsables. Glasser (1997) croit que c’est en organisant des activités qui comblent les cinq besoins fondamentaux de base qu’il sera possible pour l’élève d’établir une relation entre le monde réel et celui de qualité. Selon ce même auteur, les enseignants qui ont expérimenté ce type d’activités ont remarqué des changements chez les élèves. Ceux-ci se réveillent et prennent conscience des besoins essentiels dans leur vie. Il y a aussi une augmentation de la motivation car la discipline est remplacée par la réflexion des préoccupations des élèves. Les élèves apprennent aussi à auto-évaluer leurs propres comportements.
Dans son livre, Gossen (1992) nous rapelle que les pratiques disciplinaires courantes des directeurs d’écoles varient grandement d’une école à l’autre. Les techniques utilisées vont de la punition, aux remords, à la camaraderie, à la supervision et à l’administration des comportements. Plus on tend vers l’administration des comportements plus on a, selon Gossen (1992), une chance de succès. Pour y arriver, il faudrait changer notre conception de la discipline. Selon elle, un trop grand nombre d’administrateurs scolaires adhèrent aux principes qu’il est possible de contrôler les élèves, que tous les renforcements positifs sont bons et que la critique et les remords bâtissent le caractère. Il y a donc une différence entre la discipline et la punition. La discipline est raisonnable dans les yeux de la personne qui la reçoit et la punition peut blesser émotionellement ou même physiquement les élèves. Le sarcasme et les pénalités non-raisonables seraient des exemples de punition. Gossen (1992) suggère la réparation comme moyen pour l’élève de reconnaître ce qu’il n’a pas fait de bien. Dans ce contexte, on dit à l’enfant qu’il nous arrive tous de commettre des erreurs et qu’il nous faut ensemble trouver des façons de réparer ce qui a été fait.
De son côté, Bélaire (1996) croit elle aussi qu’il existe un postulat fondamental pour expliquer les conditions humaines.
“Nous dirigeons l’ensemble de nos comportements vers le moyen que nous jugeons le plus approprié pour atteindre un objectif interne quel qu’il soit.” (p. 13)
Ainsi cet objectif interne repose sur des besoins fondamentaux à tous les êtres vivants. Ces besoins sont toujours en eux et ils ne sont pas en ordre d’importance. Leur degré d’importance varie selon les événements. Par exemple, les récompenses peuvent fonctionner comme moyen de motivation mais elle motivent les gens à obtenir la récompense et non à mieux travailler. Selon Green (1997) ;
“Si l’objectif est un travail de qualité, aucune récompense n’égalera l’efficacité de la réponse aux besoins fondamentaux, par l’acquisition de connaissances et par l’assurance que celles-ci accroîtront la qualité de vie actuelle et future.” (p. 39)
Il faut donc développer selon Green (1997), des programmes qui s’occupent de la qualité au lieu de la quantité et cela de manière à ce que les élèves voient leurs études comme quelque chose d’utile pour le présent et l’avenir et que celles-ci répondent à un ou plusieurs besoins fondamentaux.
Le leader de qualité doit aussi s’assurer que les élèves soient préparés pour le 21ième siècle. La création d’un milieu propice à l’apprentissage doit en plus de répondre aux besoins fondamentaux des élèves et des enseignants, inclure les nouvelles tendances en enseignement. Selon Uchida et Cetron (1996), les temps changent et les écoles doivent s’adapter. Le nombre de familles mono-parentales augmente, la technologie occupe une place de plus en plus importante dans nos vie, les communautés changent, les médias distribuent l’information de plus en plus rapidement, les besoins en littératie augmentent et la société demande aux enseignants de s’adapter aux nouveaux styles d’apprentissages.
Pour assurer le changement, Fullan (1993) croit qu’un leader doit avoir une connaissance solide des nouvelles théories du changement et d’avoir aussi des habitudes personnelles qui vont en ce sens. La collaboration est essentielle et les bonnes façons d’y arriver le sont encore plus.
Selon Fullan (1993), il y a huit facteurs à considérer afin de réussir à changer les choses dans une organisation ; on ne peut pas mandater ce qui est important; le changement est une route et non un plan précis ; les problèmes sont nos amis ; la vision et la planification stratégique peuvent venir plus tard dans la planification ; l’individualisme et la collaboration sont égaux ; la centralisation ou la décentralisation ne fonctionnent pas ; il faut s’ouvrir sur le monde et chaque individu de l’organisation est un agent de changement.
Le leadership a donc évolué et il est essentiel pour les administrateurs scolaires de continuer leurs recherches pour trouver des façons innovatrices de transformer leurs pratiques du leadership afin de le rendre plus moderne et adaptées aux nouvelles réalités.
Références
Bélair, F. (1996). Pour le meilleur...jamais le pire. Prendre en main son devenir . Montréal : Chenelière/McGraw-Hill.
Fullan, M. (1993). Change Forces. Probing the Depths of Educational Reform.
New York : The Falmer Press.
Glasser, C. (1997). Mon monde de qualité. Montréal : Chenelière/McGraw-Hill.
Glasser, W. (1994). Contrôler ou influencer. Le leader de qualité. Montréal : Les
Éditions logiques.
Gossen, D. C. (1992). La réparation : pour une restructuration de la discipline à
l’école. Montréal : Chenelière/McGraw-Hill.
Green, B. (1997). Nouveaux paradigmes pour la création d’écoles de qualité.
Montréal : Chenelière/McGraw-Hill.
Grossen, D. et Anderson, J. (1998). Amorcer le changement; Un nouveau
Leadership pour une école de qualité. Montréal : Chenelière/McGraw-Hill.
Patterson, Jerry L. (1993). Leadership for Tomorrow’s Schools .
Association for Supervision and Curriculum Developpment.
Uchida, D., Cetron, M. et McKenzie, F. (1996). Preparing Students for the 21st
Century. Virginie : American Association of School Administrators
Bonjour M.Gauvin,
J'ai lus votre présent texte et votre théorie est applicable dans toute les organisations. Le leader est en fait ,la personne qui participe,dirige, motive et encourage son personnel a atteindre les objectifs.Le leader dans toute compagnie doit encourager leur personnel a prendre des initiatives, a résoudre les problèmes etc. A un moment ou un autre ,toute organisation devra faire face au changement et le point le plus important a atteindre est la zone de confort . Pour réussir face à un changement, le leader devra mettre l'emphase sur les comportements de son personnel et bien entendu être à l'écoute de ses gens.
Bon texte très interessant !!
C'est bien! La même situation se produit au niveau du leadership dans une classe. Les liens tissés permettent ensuite de reprendre un élève pour modifier un comportement ou pour créer une forme de discipline avec cet élève. Les enseignant(e)s qui m'ont enseigné et qui avaient la meilleure discipline étaient ceux qui nous respectaient et c'est pour cette raison qu'on les aimait. Avec eux, nous étions prêts à tout essayer et découvrir.