Cyberportfolio de Roberto Gauvin

directeur d'école au Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska situé à Clair au N.-B.

Gestion et leadership

30 mai 2004

Professional Learning Community

rdl.JPGJe suis à lire un article de l'Association for Supervision and Curriculum Development du mois de mai 2004. La revue est entièrement consacrée au phénomène des "Communautés d'apprenants". L’article de Richard DuFour, se questionne sur ce qu'est une "Communauté professionnelle d'apprenants" (Professional Learning Community- PLC... ne pas confondre avec le Parti Libéral du Canada...). Voici mes impressions.

D'entrée de jeu, l'auteur croit que pour créer une communauté professionnelle d'apprenants, il faut se concentrer sur l’apprentissage et non l'enseignement, de travailler collaborativement et d'être prêt à rendre des comptes.

Pour DuFour, une PLC est une combinaison d'individus qui ont à coeur l'éducation. Ce mouvement à la mode en éducation doit tenir compte des problèmes d'implantation et de réforme. Ainsi, ils ne sont pas à l’abri des difficultés et des risques aux changements En gros, les PLC travaillent à améliorer les systèmes d'éducation en se concentrant sur les trois points suivants :


1- S'assurer que les élèves apprennent
2- Développer une culture de collaboration
3- Se concentrer sur les résultats.

On peut s'assurer que les élèves apprennent il faut accepter qu'il ne suffit pas d'enseigner aux élèves. Il faut s'assurer en plus que ceux-ci apprennent. Il faut bien plus qu'une mission où il est possible à tous les élèves d'apprendre. Il faut que le personnel enseignant y croient et qu'il partagent les pratiques pédagogiques qui connaissent le plus de succès, comment on peut adopter ces caractéristiques dans notre école ?, quels sont les engagement que nous devons prendre à l'école ?, comment peut-on mesurer le progrès des élèves ? C'est seulement lorsque le personnel réussit à trouver des réponses honnêtes à ces questions qu'il est possible d'avancer et de se construire de solides fondations. C'est à ce moment que tous les membres du personnel doivent se concentrer selon Dufour, sur les trois points suivants : Ce qu'on veut que chaque élève apprenne, Comment saurons-nous qu'il l'a apprit et Comment agirons-nous lorsqu'un élève aura de la difficulté à apprendre.

Pour ce qui est de la culture de collaboration, il faut que ceux qui font partie d'un PLC reconnaissent que travailler ensemble représente la meilleure façon de fonctionner. Pour y arriver, les membres du PLC doivent travailler ensembles pour analyser et améliorer leurs pratiques en salle de classe. On s'engage donc dans un processus où le niveau de questionnement est élevé et qui en retour apporte un plus haut niveau d'apprentissage.

Finalement, on se concentre sur les résultats. C'est la seule façon de mesurer si le PLC est efficace. Chaque membre du personnel doit collaborer dans un processus continu de mesure du niveau d'apprentissage des élèves, établir du but d'amélioration, travailler avec d'autres membres du personnel pour arriver à ces buts, et démontrer périodiquement des preuves que ce progrès s'effectue. Les écoles souffrent généralement du syndrome DRIP (Data Rich/Information Poor). On doit donc transforment la collection de données en information utile et utilisable pour le personnel enseignant.

En terminant, DuFour croit qu'un trop grand nombre d'enseignant travail en isolement. Il faut donc trouver des moyens pour partager des idées, du matériel des stratégies et de commencer de travailler ensembles pour répondre au besoin de tous les élèves.

Pour ma part, je crois que le plus grand défi pour un directeur d'école d'implanter un PLC est le manque de temps. Sauf deux demis journées lors des rencontres parents enseignants, nous ne disposons pas de temps pour s'assoire sans être dérangé pour discuter franchement des problèmes que nous vivons à chaque jours. Certains croient que cela peut être fait après les heures normales de classes. Une partie peut être, par contre, il faut aussi traiter le personnel enseignant en professionnel et nous donner le temps qu'il faut pour discuter des vrais problèmes. Quand certaines journées pédagogiques entières sont utilisées pour discuter du stress en milieu scolaire, de la numérologie ou de l'alimentation, pas de doute que celles-ci pourraient servir à bâtir des PLC et à réduire le stress et les frustrations...

La discussion

1

Je suis d'accord avec M.Dufour quand il dit qu'un grand nombre d'enseignant travaille en isolement. Même s'il nous arrive de partager quelques idées ou réalisations, nous avons rarement le temps de nous asseoir pour développer des idées ou des projets communs.

Écrit par B.Long le 30 mai 2004
2

Je crois que nous vivons dans une société où chacun fait à sa façon. On croit rarement pouvoir faire une différence. L'entraide et le respect d'autrui sont des valeurs trop souvent oubliées. L'isolement est sûrement un des grands problèmes du 21e siecle.

Écrit par Tina S. le 31 mai 2004
3

L'essai de maîtrise de Christine (http://carnets.ixmedia.com/christine) pourrait peut-être vous intéresser. Il porte sur l'accompagnement d'une communauté professionnelle d'apprentissage en réseau.

Je lui ai fait signe au cas où elle n'aurait pas lu ce billet...

Écrit par Stéphane Allaire (Ytsejamer) le 1 juin 2004
4

Le concept de la communauté professionnelle d'apprentissage est très intéressant au sens où c'est l'école et son personnel qui prend en main la destinée de celle-ci et qui met l'accent sur l'apprentissage et la réussite scolaire.
Pour ce qui est de votre dernier paragraphe : « Pour ma part, je crois que le plus grand défi pour un directeur d'école d'implanter un PLC est le manque de temps. », je crois qu'il est plus que temps que nous commencions à voir à long terme et non à court terme. Certaines écoles ont déjà commencé à libérer le personnel pour que puisse s'installer une culture de collaboration et il est vrai que cela demande à la direction de l'école un leadership autre que celui de gestion et d'administration. Pour qu'une communauté professionnelle d'apprentissage ou d'apprenants fonctionne, DuFour mentionne six critères qui peuvent servir de balises à la direction et aux enseignants afin que tous ensemble ils travaillent pour les élèves. Et c'est là le plus grand défi ! Une dynamique de collaboration ne peut être instaurée en peu temps à cause de l'historicité même de la profession enseignante. C'est donc un travail à long terme et le terrain de recherche et d'intervention commence à peine à être exploré du côté francophone.

Écrit par Christine Hamel le 1 juin 2004