Cyberportfolio de Roberto Gauvin

directeur d'école au Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska situé à Clair au N.-B.

Je réfléchis

14 décembre 2004

La difficulté d'enseigner selon Salomé

Un peu par hasard cette après-midi je suis tombé sur le livre « La difficulté d’enseigner » de Jacques Salomé (2004) publié aux Éditions Albin Michel. Merci Mme Kathleen !!!

Étant peu habitué à cet auteur et profitant d’un moment de répit lors de notre réunion des directions, j’entreprends donc la lecture…et…paf…. Comme cela arrive parfois…Je suis au Nirvana. Voilà quelqu’un qui écrit comme je pense. Wow !!! N’ayant pas encore terminé le bouquin, je me permets à ce moment-ci de noter ce qui me frappe et me fait bonne impression :

« Le peuple de l’école : Il y a ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors. Il y a ceux qui, étant dedans, se désespèrent ou se révoltent, et ceux qui s’aveuglent encore sur des pratiques caduques et pathétiquement périmées. Il y a aussi au-dedans ceux qui sont en recherche, en interrogation et avancent avec leurs moyens et leur foi....Il y a ceux qui s'accrochent avec tenacité....ceux qui s'en tiennent aux bonne vielles méthodes d'autrefois et qui survivent....ceux qui ne doutent de rien....les utopiques....les dérangeurs....les inquiets....les enfants et leurs attentes.......les parents avec leurs inquiétudes.....Il y a bien sûr les politiques....les syndicats.... » p.11

« Contrairement à ce qui se passait dans les générations qui nous ont précédés, ce sont les enfants qui aujourd’hui définissent les adultes. Faut-il rappeler qu’une des grandes fonctions parentales (aujourd’hui défaillante) c’est de répondre aux besoins des enfants et non à leur désirs! Encore faut-il entendre la différence entre besoin et désir! » p. 37

« Il ne suffit plus aux enseignants de tenter de mieux communiquer avec les élèves, il leur faudra apporter quelque chose de plus : une méthodologie transmissible de la mise en commun. Oui, il est difficile aujourd’hui d’enseigner, et cela risque de s’aggraver, si on continue à traiter les problèmes de l’école en termes sociologistiques, psychologistes ou économistes. Je crois profondément qu’il sera nécessaire de mettre en place une nouvelle discipline, enseignée comme une matière à part entière : la communication relationnelle. » p. 40-41

Solomé parle ensuite que l’école ouverte d’aujourd’hui affronte un double paradoxe. Il écrit :

« N’étant plus un lieu protégé, l’intrusion d’éléments extérieurs y devient de plus en plus fréquente. Ces intrusions non seulement parasitent la quiétude et la disponibilité nécessaire à des apprentissages et à des intégrations de savoir, mais déstabilisent le processus de transmission et de partage, insécurisent les enfants et déstabilisent les adultes. » p. 45

Il poursuit :

« Étant un lieu d’accueil et de tolérance, l’école reste aussi un lieu de peplit, de secours vers lequel se réfugient des enfants scolarisables mais absentéistes, qui viennent se ressourcer, se restaurer quand il se sentent menacés par l’extérieur. » p. 45-46

J’ai bien rit lorsque Solomé écrit;

« Autrefois, quand un enfant voulait quelque chose, il tentait de le fabriquer, de le construire ou participait avec l’aide d’un adulte à sa réalisation; il contribuait activement à l’aboutissement de son désir. Il semble que, aujourd’hui, la non-différenciation, la collusion entre désir et réalisation soit inscrite très tôt dans l’imaginaire même de l’enfant, qui ne peut ainsi se confronter au principe de réalité et participer à la réalisation proprement dite de ses désirs. Ce qui le renvoie à demander, à exiger et à rester paradoxalement dans la dépendance de ceux qui détiennent le réponse, avec toute l’ambivalence que cela suppose… » p. 49-50

Je ris surtout du fait que ce commentaire fait un clin d’œil au billet de Danis et de celui de Brigitte.

Voilà, c’est là où j’en suis…

Je me lance vers le reste. Solomé est à me présenter le système S.A.P.P.E. (Sourd, Aveugle, Pernicieux, Pervers, Energétivore). À suivre…

La discussion

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En brayon, Salomé est plein de gros bons sens. Il décrit très bien la réalité scolaire que nous vivons quotidiennement. Les institutions scolaires ayant un bon leadership et un personnel engagé peuvent tirer leur épingle avec succès. Il est très difficile de ralier exigences avec les ressources que nous avons.

De plus, les gens ne font plus la différence entre les besoins et les désirs. Ces derniers avec les bombardements publicitaires prennent de plus en plus d'importance et surpassent même les besoins.

Écrit par Nelson le 15 décembre 2004

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