Cyberportfolio de Roberto Gauvin

directeur d'école au Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska situé à Clair au N.-B.

Je réfléchis

24 octobre 2005

Chocolat ou Brosse à dents ???

Le bon vieux chocolat est en voie d'extinction dans certaines écoles au Nouveau-Brunswick. C'est avec l'application de la nouvelle politique d'alimentation que le dernier coup de sabre viendra une fois pour toute, interdire la vente de chocolat comme activité de financement. Il faudra donc mettre en pratique ce que l'on prêche. À bien y penser, il nous faudrait vendre plus de 7500 brosses à dents pour faire nos frais l'an prochain. Je n'ai rien contre la politique d'alimentation comme telle. Nous nous y conformons depuis trois ans déjà et les élèves semblent bien aimer le menu santé. Par contre la politique d'alimentation ne devrait pas inclure selon moi, les ventes de chocolat. Il n'est peut-être pas loin le jour où des "pusher" de friandises feront leur apparition dans les cours d'école. Décidemment, on n’arrête pas le progrès...

Aussi, je découvre un peu par hasard, dans l'Acadie Nouvelle du 15 septembre 1997, une critique de l'opposition officielle de l'époque outré par le fait que les écoles doivent recourir à ce type de pratique pour améliorer le roulement d'une école. Le député Volpé était cité ainsi pour avoir dit :

«Nous sommes en train de revenir au début du siècle où les régions les mieux nanties avaient de meilleurs outils scolaires que les régions démunies. Nous sommes loin du programme de Chances égales pour tous de l’ancien premier ministre Louis J. Robichaud. Est-ce cela que veut dire le gouvernement McKenna par l’excellence en éducation: des élèves et leurs enseignants qui vendent des tablettes de chocolat et du papier d’emballage pour subventionner le budget de leur école parce que le gouvernement actuel ne veut pas fournir les fonds!»

Bienvenue dans notre réalité. Huit ans plus tard, pour bien des écoles, la vente de chocolat est une occasion pour améliorer les programmes d'études et pour offrir des activités parascolaires à tous les élèves de l'école. Pour une petite école de campagne, cela veut souvent dire par exemple, d'avoir la chance d'aller dans la grande ville comme les autres écoles qui y sont déjà et qui paient peu ou pas de frais de transports. Car dans le budget d'une école, la distance à parcourir n'est pas prise en considération. Par exemple, pour un spectacle à Edmundston, c’est tout près de 450.00 $ en frais de transports uniquement de nous devons payer au CAHM. On n'en parle pas dans cette nouvelle politique. Malheureusement ces ventes deviennent des vaches à lait comme les loteries vidéo ou autres. Certains de mes collègues m'ont dit que dans certaines école, les élèves désertent tout simplement leur cafétéria pour aller manger dans des restaurants lorsque c'est possible. Ça fonctionne...

Nous devrions je crois, laisser aux parents et aux Comités d'appui parentaux des écoles (CPAE) de décider du sort réservé aux ventes de chocolat ou autre. Les parents réclament plus de pouvoir depuis longtemps. Cela serait une belle occasion de les impliquer dans le processus décisionnel. Chaque école est unique...ou du moins devrait l'être...

Brosse à dents à vendre...vous en voulez combien ???

La discussion

1

Je suis aussi en faveur de cette nouvelle politique pour ce qui est des repas. Étant une personne impliquée dans plusieurs comités et équipes parascolaires, cette politique nous fait bien mal... Pour mon équipe, on ne peut plus se subventionner de cette façon pour acheter de l'équipement ou se rendre dans des tournois majeurs. De plus, lors des danses mensuelles, nous ne pouvons plus vendre aucune friandises(politique du district), et coupe de beaucoup les profits de la danse pour nos comités de l'école. Oui la politique à un sens pour les repas, mais personne ne nous donne cet argent que nous avons grandement besoin pour donner la chance aux élèves de vivre de belles activités!

Écrit par Garry Lee Kenny le 26 octobre 2005
2

Pas facile de financement des écoles et des activités parascolaires.

C'est une décision logique en lien avec la politique alimentaire qu'interdire la vente de friandises comme levée de fond. Toutefois, elle n'est pas facile à accepter et les solutions ne sont pas toujours évidentes: vendre des brosses à dents, des épices, des muffins, organiser des repas bénéfices, etc

Voici la question qu'on doit se poser: Jusqu'où l'école doit intervenir dans l'éducation des enfants?

Écrit par N Magoon le 26 octobre 2005
3

C'est une bonne question Nelson. Il faut penser que l'école doit de plus en plus prendre un rôle d'éducation "hors-académique". Faire plus, sans avoir plus de moyens...

Écrit par R Gauvin le 26 octobre 2005
4

Exactement! Si vous demandez le rôle des enseignants à différentes personnes, vous aurez autant de réponses différentes! Ce qui me dérange un peu dans ce cas-ci, c'est que oui, nous avons des comités et des équipes qui représentent l'école. Mais nos activités se font en dehors des heures de cours et souvent les fins de semaine. Ce temps, je le donne par pure plaisir car j'ai a coeur ces activités pour nos élèves. Mais je ne peux pas payer de ma poches et surtout, je ne veux pas demander aux parents de débourser non plus! Alors quelle est la solution?

Écrit par Gary Lee Kenny le 26 octobre 2005
5

On peut aussi dire que la politique n'est pas dirigée vers la vente dans les écoles mais plus spécifiquement vers le chocolat. Ainsi, on ne règle pas le fait que des groupes scolaires auront encore à vendre des choses. Le fait qu'on enlève le chocolat, c'est mettre du sable dans l'engrenage.

Tout est relatif...Voilà les grandes questions qui touchent l'éducation au Nouveau-Brunswick en ce moment. Ça ne doit pas être si pire que ça...Hein !!!
;-)

Écrit par R Gauvin le 26 octobre 2005
6

Je viens d'apprendre qu'une école au Québec a vendu du pain de ménage comme levée de fond. Est-ce que notre politique spécifiera que le pain devrait être biologique, multigrains ou de blé entier ?

Écrit par R Gauvin le 26 octobre 2005
7

Très bon débat! Comme parent, pour supporter l'école, je suis souvent la personne qui va acheter ce chocolat alors je crois que j'aimerais mieux donner pour une activité que d'initier mes enfants aux portes à portes. Si on doit vendre pour ramasser des fonds, j'opte pour des produits non-périssables: arachides,...
Cependant, 7500 brosses à dents... que de beaux sourires par chez-nous:-)))

Écrit par B Long le 26 octobre 2005
8

Wow Roberto, pas de changements pas d'agréments! Très beau le look Opposum :) Ça fait un gros changement...

Écrit par Gary Lee Kenny le 29 octobre 2005

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