Cyberportfolio de Roberto Gauvin

directeur d'école au Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska situé à Clair au N.-B.

Je réfléchis

1 novembre 2005

Gemme l'halloween...

Écrivez "Gemme l'halloween" et le logiciel Word n'indiquera pas d'erreurs. C'est ce qu'à fait un de mes élèves en écrivant son billet. Que fait-on lorsqu'on voit ça ? "Gemme" est une pierre précieuse, pas le verbe aimer...

Apprendre c'est bien complexe, apprendre à écrire l'est tout autant. On peut conjuguer le verbe "aimer" à toutes les semaines pendant plusieurs années. Par contre, ce n'est que dans un contexte d'écriture que l’utilisation des mots prend tout son sens. C'est la même chose avec le vocabulaire, l'orthographe ou encore la grammaire. Pour développer l'art d'écrire; il faut… écrire.

Prenons l'exemple du tennis. Si on veut faire apprendre le tennis à un ami, il faut s'assurer de couvrir 3 points importants. Yves Nadon, dans ses conférences sur la littératie, utilisait très bien comme exemple, le vélo. Ainsi, on doit :

1- Expliquer
2- Essayer
3- Évaluer

Il serait impossible d'apprendre le tennis en écrivant seulement des notes théoriques ou en regardant tout simplement des films. De même qu'il faut une certaine base théorique, il faut à un moment donné aller sur le terrain et essayer de jouer. En plus, si on veut que notre ami s'améliore, il faut être capable de l'encourager et d'évaluer les approches qu'il utilise. On peut alors lui faire des suggestions, expliquer à nouveau et continuer à pratiquer.

Il faut donc se questionner si dans nos pratiques pédagogiques, nous prenons le temps de mettre en place un système qui permet aux élèves d'améliorer leurs apprentissages en écriture. Il faut écrire pour apprendre à écrire. Ça devrait être simple, pourtant on tombe souvent dans le piège d'expliquer et de ne pas assez prendre le temps pour pratiquer...

Ce que j'aime du projet de cybercarnet, c'est la possibilité pour les élèves d'écrire et d'avoir très tôt une rétroaction de ce qui est présenté. C'est sûr qu'il y aura des fautes de français, mais il y a des outils et des procédures pour réduire leur nombre. Demanderait-on à un joueur de tennis de jouer à un calibre international avant d'embarquer sur un terrain ? Non, on accepte que jouer au tennis comporte des risques d'erreurs et on comprend assez bien qu'avec le temps, il y aura de l'amélioration.

Attendre que les élèves sachent écrire avant de les laisser publier des textes, c'est un peu comme attendre après le gros lot au 6/49.

Yves Nadon dans son livre "Lire et écrire en première année et pour le reste de sa vie" m'inspire grandement en écrivant :

"Nous voulons tous que nos élèves aiment écrire. Mais nous, aimons-nous écrire ? Avant de continuer, réglons le cas d'un sujet épineux et controversé : l'orthographe. Les mots doivent toujours être bien écrits, on ne peut laisser passer des erreurs, le niveau baisse, vite les dictées, et quoi encore : à lire les éditorialistes depuis plus de 25 ans, on est porté à croire que le niveau baisse depuis 1859 ! Quoi penser au juste ?

Pour bien répondre à cette question, il faut observer des classes instruites où les enfants écrivent souvent. Il faut aussi analyser l'écriture des enfants et chercher à comprendre ce qu'ils tentent de faire. Et si nous cherchions à expliquer nos observations plutôt qu'à appliquer une théorie ? Je pense qu'actuellement, comme depuis toujours, nous n'appliquons aucune théorie à l'orthographe, car nous agissons selon des croyances et des traditions." p.59

Wow !!! Je retiens : Je pense qu'actuellement, comme depuis toujours, nous n'appliquons aucune théorie à l'orthographe, car nous agissons selon des croyances et des traditions. Est-ce cela une partie de la solution ? Dois-t-on changer les traditions sans tout chambarder ? Doit-on faire plus de place à l'évaluation (Cela inclut l'autoévaluation) et à la pratique ???

Pour ma part, j'ai toujours eu de la difficulté à écrire sans fautes. La méthode du sablier (aux sons) et beaucoup de théories n'ont pas réussi à faire de moi un lecteur et un écrivain. Il a fallu un professeur d'université qui m'a fait découvrir le goût de la lecture et de l'écriture. Mme Évelyne Foëx a transformé ma vie en m’inspirant à développer le goût de la lecture et de l’écriture. Mon premier « De la terre à la lune » de Jules Vernes m’ouvrait une route pleine de possibilités. Ces cours était très courts...On écrivait en utilisant des outils; un dictionnaire, une grammaire et un bécherelle. J'ai eu la chance de faire un "B" dès le premier cours obligatoire pour le baccalauréat en enseignement. (il fallait avoir au moins un B…). Auparavant, l'université m'avait sélectionné pour faire des cours de rattrapage... Écrire, toujours écrire et mieux écrire...

Yves Nadon décrit les 5 phases du développement de l'écrit :

1- Étape précommunicative
2- Étape semi-phonétique
3- Étape phonétique
4- Étape de transition
5- Étape coventionnelle

Il définit ainsi l'étape conventionnelle en expliquant que ;

"L'enfant possède de solides notions d'orthographe et de ses règles de base. Il connaît les préfixes, les suffixes, les lettres muettes, différentes orthographes et épellations irrégulières. Son vocabulaire écrit s'enrichit et il reconnaît des formes incorrectes. Les généralisations sur l'orthographe et la connaissance des exceptions sont habituellement correctes." p. 64

En terminant ;

« Le tennis et le ping-pong, c'est pareil. Sauf qu'au tennis, les joueurs sont debout sur la table.»Coluche

Bonne réflexion !!!

La discussion

1

Je suis entièrement d'accord lorsque tu diis :"Pour développer l'art d'écrire; il faut… écrire". Je me souviens qu'encore à l'université j'avais beaucoup de difficulté avec l'orthographe. Était-ce la peur du jugement, un manque de confiance ou une peur du dictionnaire. En prenant confiance, j'ai développé cette pation pour l'écriture... et écrire est devenu un plaisir et une habitude. Aujourd'hui, je suis celle qui a besoin de s'exprimer par l'écriture. Un jour...peut-être...j'aurai mon livre. S'il n'est pas publier...il sera dans mon coffre car il est déjà en création.

Écrit par B.Long le 1 novembre 2005

Poursuivre la discussion


Se souvenir de moi?