Cyberportfolio de Roberto Gauvin

directeur d'école au Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska situé à Clair au N.-B.

Je réfléchis

29 janvier 2007

Bloquer ou éduquer...


J'en avais parlé un peu ici.  Hier en lisant ce billet de Mario avec la prolongation de la discussion chez Jacques, je me fais à l'idée de cette pensée de Montesquieu (extrait de l'esprit des lois) :


Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires


Est-ce qu'à l'école, il faut contrôler, censurer, interdire, empêcher, ou renfermer ? Est-ce qu'il faut tomber dans les habitudes négatives qui selon Glasser(2000) sont ; critiquer, blâmer, se plaindre, se vanter, menacer, punir et récompenser dans le but de contrôler les gens ?  Je suis de nature plutôt positive.  Pour ce qui est de Glasser, j'endosse ses 7 habitudes positives qui sont ; de prendre soins, d'écouter, de supporter, de contribuer, d'encourager, de faire confiance et d'agir en ami.  L'utilisation de l'internet à des fins d'apprentissages passe par une éducation de type "accompagnatrice" des apprenants afin de leur donner les outils permettant les meilleurs choix possibles.


Je me rappelle d'une conférence de Christian Couturier où celui-ci expliquait qu'il y a deux scénarios possibles ;


1- On interdit l'utilisation de l'internet et de ses produits dérivés à l'école.


2- On accompagne les élèves dans les découvertes qu'ils réaliseront.


Si on opte pour la première, le problème est que les jeunes trouveront quand même un moyen pour aller sur les sites interdits et cela se fera en cachette loin des adultes sans que ceux-ci aient aucune espèces d'idée de ce qui se passe.  À l'inverse si on opte d'accompagner les élèves (avec les risques que cela comporte), il y a plus de chance que nous seront présent pour éduquer au besoin ou pour donner un coup de main lorsque des décisions (souvent à partir de jugements de base...) seront nécessaires.


On peut par exemple empêcher les jeunes d'utiliser "Google" à l'école.  Ceux-ci trouveront vite un moyen d'y aller quand même (bibliothèque municipale, amis, maison, etc...) mais n'auront plus de supervision directe ou indirecte de la part d'enseignants.  À Autrans, j'entendais l'un des conférenciers dire qu'une personne pourrait par exemple prendre le nom d'une personnalité publique connue et ouvrir un compte courriel.  Des personnes pourraient recevoir des courriels de cette soi-disant personnalité sans pouvoir retracer le vrai auteur...  Bon, je prend une tangente, mais combien d'entre-nous recevons des appel de compagnies de cartes de crédits et de soi-disant prix fantastiques où nous devons envoyer de l'argent à quelqu'un...Plus qu'on pense...  Demander à Desjardins ce qu'ils pensent de la fraude par courriel.  N'est-ce pas une bonne idée d'accompagner ces jeunes de la génération "Digital Native".


Il faut éduquer et cela passe aussi par une utilisation des outils internet.  Lorsqu'on entre dans une librairie, il existe toutes sortes de livres (certains interdits aux mineurs...).  On fait alors un choix de prendre dans ses mains tel ou tel livre.  Il en va de même avec l'internet.  On peut choisir tel ou tel site.  Si on se trompe, on le replace sur la tablette et la vie continue....De même avec un site non acceptable (avec photos...), on n'appelle pas les copains de la classe pour qu'ils viennent autour de l'ordinateur et montrer en public notre erreur...On apprend en utilisant les outils et au contact d'adultes qui peuvent encadrer et aider les élèves à porter un regard critique sur ce qu'ils lisent et sur ce qui se publie.  On devrait peut-être le faire aussi pour la publicité, le journalisme, la télévision et bien d'autre sorte de médias...


Au Nouveau-Brunswick, l'utilisation du web passe par un serveur de type "proxy" qui permet une restriction acceptable de sites à natures pornographique.  Bien que c'est un outil, il arrive que certaines page ne soient pas détecter.  Dans l’ensemble, le tout semble bien fonctionner.


On peut laisser des personnes utiliser négativement des logiciels relationnels ou encore faire une différence et prouver que ceux-ci sont importants et utiles dans les apprentissages. Notre utilisation de sites comme "YouTube" (exemple), "Flikr" (exemple), "del.icio.us" (exemple) et/ou "Bloglines" (exemple) peuvent accroître nos capacités de de connecter en communautés d'apprentissages virtuelles et fonctionnelles.  Il faut donc démontrer par nos action, une utilisation responsable et utiles au profit des apprentissages.  Le défit est de prendre le risque et d'accepter que la route à suivre n'est pas détaillée et qu'il est possible d'avoir des haies à franchir.  C'est aussi un peu ça  la vie non ?

Je vous invite à visiter (ou revisiter) le billet suivant ayant pout titre ; L'utilisation du cybercarnet dans la formation de communautés d'apprentissages favorisant l'utilisation de logiciels relationels pour développer le socioconstructivisme, la métacognition et l'échafaudage.


Bonne réflexion...



La discussion

1

Éduquer ou conditionner?

Entièrement d'accord avec ta position, Roberto. L'acceptation du risque est indispensable à l'éducation, tout comme la gestion de l'erreur. Le tout est de déterminer le degré d'acceptabilité du risque. Dans la classe, le niveau de risque acceptable est forcément plus élevé en raison de la présence d'un enseignant qui peut intervenir pour aider l'élève à composer avec une situation imprévue ou difficile.

Il ne faut pas se leurrer. La vie est remplie de pièges saugrenus. Si l'école ne nous apprend pas à réagir intelligemment au danger, qui le fera?

Écrit par François Guité le 30 janvier 2007
2

P.-S. Merci infiniment pour la citation de Montesquieu, que je ne suis pas près d'oublier.

Écrit par François Guité le 30 janvier 2007
3

La lecture de votre billet porte vraiment à réfléchir. Je suis tout à fait d'accord avec vous...

Écrit par Cynthia St-Coeur le 30 janvier 2007
4

Intéressant comme débat.

Je crois qu'il est toujoutrs plus facile d'appliquer la censure et/ ou des lois inutiles. Ces dernières protègent les gestionnaires de poursuites, de questions ou encore d'expliquer une telle démarche.

L'éducation est primordiale dans l'utilisation des TIC. Attention, les parents ont aussi un rôle on négligable à jouer.

Les enseignants ont besoins d'accompagn ement et se soutin afin de gérer ce risque.

Écrit par Nelson M le 31 janvier 2007

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