Je suis à préparer la prochaine réunion du personnel. Je me prépare à discuter avec les enseignants de notre "Plan de réussite". Avec la publication du « Profil du CAHM », nous avons convenu de développer la pensée critique en écriture. Nous aurons donc à brasser les discussions en ce sens et voir comment on peut améliorer la qualité des textes écrits par les élèves…Qu’ils soient publiés ou non… Depuis ma participation à l’institut en évaluation des apprentissages, j’essaie de trouver des moyens pour « lever la barre » et créer un cadre de référence pour aider les enseignants à développer avec les élèves des outils pour mieux écrire. Pour apprendre à écrire, il faut…écrire…
Ce matin, c’est avec un sourire au coin des lèvres que je lis l’excellent billet de Brigitte qui semble connaître le fond de ma pensée et déroule le tapis rouge afin de lancer la discussion. Je suis à préparer une trousse pour permettre aux enseignants de travailler avec les élèves à développer des textes plus structurés à tous les niveaux. Celle-ci leur sera remise lors de la réunion de lundi prochain, le 5 novembre. J’ai eu la chance de discuter avec Marie-Josée Long, agente pédagogique au district scolaire 3 qui m’a expliqué un peu plus en détails les traits caractéristiques d’un bon texte. Ainsi, on peut évaluer, apprécier ou reconnaitre un bon texte avec les 6 caractéristiques suivantes ;
- Pertinence des idées
- Organisation du texte
- Style de l’auteur
- Choix de mots
- Structure des phrases
- Convention des écrits
Ces traits de caractéristiques s’intègrent tout au long du processus d’écriture et s’appliquent à tous les types de textes. (M. J. Long, Bouchama Yamina, Les portes d’entrée dans la réussite en écriture (Mars 2007)).
Je veux leur remettre aussi une copie du rubrique suivant qui utilise ces caractéristiques et montre une façon d’évaluer la qualité d’un texte avec toutes ces composantes. Il faut ici faire une mise en garde... Ce n’est pas nécessaire d’évaluer toutes les 6 caractéristiques en même temps. Il ne faut pas faire crouler les élèves, spécialement ceux avec des difficultés, avec la pression d’être parfait en tout temps. Si on attend qu’ils savent écrire sans faire de fautes avant de les faire écrire…il y a de fortes chances qu’ils ne vont jamais écrire!
J’ai trouvé un site, qui à mon avis, peut donner une idée de ce que nous devrions rechercher dans un bon texte. Le site est hébergé chez cyberscol et sera remis aux enseignants. On y retrouve une description des types de textes et de leurs structures. Il donne aussi des renseignements sur l’introduction, le développement et la conclusion de tous les types de textes. Brigitte en fait référence, je crois, dans son billet avec les 3 parties d’un texte. Le site donne aussi de l’information sur un texte informatif, un texte expressif, un texte incitatif et un texte ludique.
En terminant, je proposerai ce texte pris dans un site hébergé chez Kazibao et qui s’adresse directement aux élèves. « Comment écrire un bon texte », explique la différence entre les types de textes.
La suite ? Je crois que pour monter la barre, il faudra changer nos habitudes. Il faudra tasser de côté nos pratiques régulières en commencant par une semaine ou deux à la fois. Il faudra discuter avec les élèves des 6 caractéristiques d’un bon texte. Il faut aussi développer un rubrique en respectant ces 6 caractéristiques et qui sera adapté au niveau des élèves qu’on enseignent. On pourrait, par exemple, regrouper ensemble les niveaux (Mat. À 2e, 3e à 5e et 6e à 8e) et développer un outil commun pour ces niveaux. Il faut aussi développer des outils pour aider les élèves à développer ce que l’on recherche dans un bon texte. Par exemple, si on veut développer « Les conventions de l’écrit », les enseignants pourraient développer une liste (check list) où les élèves pourraient cocher les attentes avant de remettre le texte. Ceci outille l’élève à mieux écrire et donne à celui-ci une image plus claire de ce que l’on recherche. Les enseignants auront aussi à discuter de la qualité des textes avec les élèves. Ils pourraient, par exemple, classer des productions avec les textes qui sont faibles, satisfaisants et supérieurs et discuter de ceci en compagnie des élèves. Il faut ensuite « ouvrir les robinets » comme le dit si bien Mario Asselin. On laisse les élèves écrire.
Une grande peur et elle existe; la correction engendrée par la production de tous ces textes. Nous aurons aussi à réviser nos pratiques en évaluation des apprentissages. Il faut apprendre à faire la différence entre l’évaluation pour mieux apprendre et l’évaluation des apprentissages. Si notre mission d’école est de responsabiliser l’élève face à ses apprentissages, nous avons peut-être un élément de réponse avec une plus grande responsabilisation de l’élève dans l’évaluation de ses apprentissages. En anglais, on dirait; « It’s not to work harder, it’s to work smarter… ». Travailler sur l’amélioration de l’écriture est une aventure, c’est un voyage qui peut nous permettre d’avoir un impact dans l’apprentissage de tous les élèves et dans tous les sujets. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’apprentissage de l’écriture pour apprendre à mieux lire.
Écrire pour mieux lire, lire pour mieux lire, lire pour mieux écrire et écrire pour mieux écrire.
Je termine ce billet en vous proposant de voir ou de revoir la vidéo suivante qui positionne l’utilisation du cybercarnet dans l’amélioration de l’écriture et de la lecture.
Ça vous tente ?
Bonjour Roberto, très belle mise en page de tes pensées. Je suis d'accord avec toi qu'il faut faire écrire davantage et ne pas tout corriger; l'élève doit se responsabiliser à travers ses écrits. Tu mentionnes l'idée de grilles (check list); je crois qu'il serait également bien d'ajouter une colonne afin que l'élève puisse identifier dans quel paragraphe on peut y retrouver l'élément demandé. Ayant déjà enseigné à différents niveaux, les élèves ont parfois la tendance à cocher sans trop y réfléchir; par contre si on leur demande à quel endroit je peux le trouver dans le texte, c'est une autre réflexion. Continue tes réflexions!!
Bonjour Roberto…
Écrire est une opération mentale complexe…on la compare à une résolution de problème. Est-ce que tu as déjà pris quelques instants pour prendre conscience de toutes les opérations mentales que tu as effectuées en écrivant un billet dans ton cyberporfolio ? Je dois t’avouer que tout de suite je t’écris et voici ce qui se passe dans ma tête :
-Quel genre de texte je vais écrire ? Quel est mon intention ou le message où les idées que je veux partager avec Roberto ? Dans quel ordre je veux lui communiquer ? Qu’est-ce qui est plus pertinent ? De quelle façon puis-je rejoindre sa réflexion ? Est-ce que cette phrase est cohérente avec ma pensée ?
-Ce mot est-il bien écrit ? Est-il évocateur ? Est-ce qu’il y a un autre mot synonyme ?
-Mes verbes sont-ils puissant ? Est-ce qu’ils renforcent le message que je veux livrer ?
-Ma phrase est-elle bien structurée…je vais relire avant et après. Est-ce qu’il serait mieux de placer cette phrase avant ou après cette dernière idée ? Est-ce qu’elle est trop longue ou trop courte ? La structure du texte est-elle cohérente avec l’intention d’écriture ?
-Ce verbe s’accorde avec le sujet…je dois l’accorder au pluriel ? Et les participes passés ? les homophones ? le masculin ? le féminin ? la ponctuation ? etc.
Nous sommes des scripteurs autonomes…ces opérations mentales se font de façon automatique dans notre tête. Pour les élèves, souvent on croit que ce sont des habiletés qui se développent en écrivant… mais comment peuvent-ils faire tout ceci, ils ne peuvent pas voir tout ce qui se passe dans notre tête, ils sont des scripteurs débutants ? Que se passe-t-il dans leur tête ???
Je me souviens au début de ma carrière d’enseignement, je disais souvent à mes élèves : «Il faut écrire pour devenir bon…pratiquons-nous…il te faut plus qu’un paragraphe, au moins 350 mots !?! ? ! Certains élèves étaient engagées et éprouvaient peu de difficultés en écriture mais ...j’avais toujours un élève qui me disait : « je n’ai pas d’idée Marie-Josée», «je ne sais pas quoi faire», «je n’aime pas écrire» etc. Il y en avait d’autres qui demeuraient en classe pendant la récréation pour compléter leur travail ou ils devaient le terminer à la maison en devoir…et le lendemain j’étais encore au même point de départ avec ces élèves ????? Combien de fois je me suis retrouvée avec un élève qui me disait : « J’ai fini madame» et lorsque je lisais son texte ça n’avait pas de sens. Je lui posais une série de questions et je lui disais d’aller réviser à nouveau ou je leur donnais une liste de vérification…cependant, je dois vous avouer que ça prenait seulement 2 minutes à cocher…et il revenait me voir pour me dire encore : «J’ai fini madame»… Savaient-ils vraiment comment se préparer à écrire un texte ? Comment réviser avec une liste de vérification ? Comment trouver leurs idées ? Comment écrire le genre de texte demandé ? En tout cas, je ne leur avais pas montré…car c’était devenu un cercle vicieux avec les mêmes propos : «madame j’ai fini, je n’ai pas d’idée, je n’aime pas écrire, je ne suis pas bon…»
Comment amener nos élèves à un niveau de réflexion plus élevée ? Comment les amener à développer des automatismes comme nous, en tant que scripteur autonome ? Comment éviter d’amener nos jeunes scripteurs à ne pas subir le syndrome de la page blanche ou de la démotivation face à l’écriture ? Comment leur faire vivre des succès ?
Dans ton billet, tu as énuméré des bonnes pistes pédagogiques à réinvestir…Bravo, il faut trouver tous les moyens pour viser la réussite pour tous. Les traits d’écriture sont des atouts pour accompagner les élèves dans leur cheminement en tant que scripteur. J’ai le goût de te partager un défi à relever en écriture : l’enseignement explicite des stratégies cognitives et métacognitives. En enseignement stratégique on parle de modelage, pratique guidée, pratique autonome etc. En fait, il faut écrire devant nos élèves et enseigner explicitement tout ce qui se passe dans notre tête… Il faut modeler une situation d’écriture en réfléchissant à voix haute en grand groupe ou en petit groupe et demander aux élèves d’observer et de décrire tout ce que l’on fait lorsque l’on écrit. Leur demander de comparer avec leurs façons de procéder. Ce sont des situations d’écriture qui favorisent l’apprentissage des traits, du processus et des stratégies. Les réflexions métacognitives permettent à l’enseignant d’expliquer :
-les conventions de l’écrit;
-comment relire son texte pour vérifier la cohérence;
-comment choisir les bons mots;
-comment varier la longueur des phrases;
-comment trouver des idées;
-comment réviser et corriger etc.
«Être un modèle, c’est exprimer à voix haute et d’une façon organisée à un apprenant ce qu’il doit faire pour traiter les informations et prendre des décisions judicieuses dans la réalisation d’une tâche.» Alberta Learning (2002)
Il n’y a pas d’apprentissage s’il n’y a pas de transfert. La métacognition favorise le transfert… Je crois que tu es un modèle en écrivant tes réflexions sur ton cyberporfolio…C’est génial !!! Cette analyse réflexive, comment la développer auprès de ton personnel….et ce jusqu’aux élèves ?
Bonne continuité dans ta réflexion…tu es sur la bonne piste.
Marie-Josée
«Écrire est une opération physique et mentale difficile. Elle demande réflexion, motivation et courage. Le courage de trouver des mots, le courage de se tromper, de recommencer. Trop souvent, on oublie de raconter aux élèves le travail de l’écrivain, du journaliste, du chercheur, qui, parfois, doivent écrire la même phrase 10 fois avant d’obtenir l’effet recherché et d’être certain de dire ce qu’ils veulent dire.»
De Koninck, (2005)
Je suis englaise et jais suis decord
je trouve sa bien