J'ai eu une discussion fort intéressante avec le personnel enseignant du CAHM aujourd'hui, concernant les résultats des élèves francophones du Nouveau-Brunswick lors de l'évaluation du Programme International pour le suivi des acquis des élèves ou plus communément appelé PISA. . À voir les résultats en lecture, en mathématiques et en sciences, nos élèves semblent être en haut de la moyenne internationale. Par contre, en regardant de plus près, les élèves du Nouveau-Brunswick sont généralement 9e ou 10e par rapport aux élèves des autres provinces canadienne. Par où commencer ? Nous devrions peut-être comprendre un peu plus ce que sont les objectifs des évaluation PISA ainsi que le rôle de l'Organisation de Coopération et de Développements Économique généralement appelé OCDE. Que l'on soit en accord ou non avec ce type d'évaluation et/ou le rôle d'un tel organisme, il faut se questionner par rapport à la performance de nos élèves et de voir comment nous pouvons utiliser ces résultats au quotidien avec ceux-ci. Il y a peut-être effectivement 1001 façons d'apprendre. De son côté, François Guité fait un bon constat de la performance des canadiens dans son billet. À la lecture de celui-ci, on se rend vite compte de l'ampleur et la diversité de tout ce qui peut englober une discussion du genre (Il faut vraiment lire le billet...).
Nous avons discuté par exemple du type de questions utilisées dans les évaluations. Devons-nous ajuster la façon que nous posons les questions sur nos examens au niveau de l'école ? Nos élèves semblent avoir de la difficulté avec la résolution de problème, la compréhension en lecture ainsi que le développement de la culture scientifique. Avons-nous des gestes à poser ? Devons-nous attendre qu'on nous donne les solutions ou devons nous aller de l’avant pour chercher et trouver des réponses ? Ces évaluations existent depuis l'an 2000 et reviennent au 3 ans. La prochaine vague se concentrera sur la compréhension en lecture. Est-ce qu'il y a des gestes que nous pouvons poser maintenant afin de mieux préparer nos élèves ?
Beaucoup de questions et plusieurs bons échanges en perspective. J'en ai déjà parlé dans ce billet sur l'apprentissage de l’écriture et aussi dans cet autre billet sur le même thème. Au CAHM, nous avons depuis deux ans, présenté un "Profil de l'école" afin d'entamer avec notre communauté éducative, une discussion sur les gestes à poser afin d'améliorer et de continuer l'excellence en apprentissage. Notre "Plan de réussite" nous donne aussi des indices sur ce que nous voulons développer afin de continuer à faire avancer notre mission et notre vision. C'est un travail ardu et qui demandera qu'on soit constamment à l'affût de ce qui se fait de mieux en éducation. Devons changer toutes nos pratiques ? Non... Devons-nous les réviser et en changer quelques-unes ? Certainement.... Lesquelles ? Difficile à dire. Il faut continuer de faire ce qui fonctionne et d'arrêter de faire les choses qui ne donnent pas ou très peu de résultats.
La société demande de plus en plus de choses au système éducatif. La réussite pour tous est une belle idéologie mais difficile à mettre en pratique. Nous aurons au cours des prochains mois et années, à trouver ensemble les pratiques qui favorisent l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, de la résolution de problème, des TIC et du développement de la pensée critique. L'ironie dans tout cela est que dans le document "Preparing Students for the 21st Century" publié par l'American Association of School Administrators, on retrouve les mêmes constats qu'en... 1996... Combien d'année encore faudra-il attendre avant de dire...On y va...
Souvent des enseignants me disent – « Je ne vois pas pourquoi changer ma façon d’enseigner, cela fonctionne très bien pour moi… » Je répond souvent en disant « Cela fonctionne bien pour toi. Est-ce que cela fonctionne pour tes élèves ? » Nous sommes au services des élèves. S’ils ne réussissent pas, nous devons regarder à nos pratiques avec un regard critique. Si nos élèves réussissent un test de verbe le vendredi mais qu’ils ne peuvent pas écrire un paragraphe la semaine suivante, avons nous à nous questionner sur nos pratiques ? Poser la question est un peu y répondre. Comment peut-on le faire sans que personne ne sente visé ou encore obligé de défendre ses pratiques afin de ne pas donner l’impression de ne pas comprendre les réels enjeux…pas facile…
À suivre...
Ces évaluations de la performance dérangent sans aucun doute. Ce qui dérange le plus en fait, ce n'est pas leur véracité mais la pression qu'elles induisent sur le système scolaire, que ce soit à cause de la comparaison entre les pairs ou à cause de la réaction forte qui provient des utilisateurs (parents et élèves) déçus.
Il est certes véridique de dire qu'ils sont imparfaits. Il est véridique de dire que cela mesure ceci mais pas cela, qu'il y a 1000 indicateurs défférents de l'apprentissage, etc.. Mais plutôt que de les condamner, les principaux intéressés (directions d'école et profs) devraient contribuer à les améliorer.
C'est beaucoup trop facile de jeter le bébé avec l'eau du bain en prétextant que l'outil n'est pas parfait. C'est une façon de protéger ses acquis plutôt que de remettre en question ce que l'on fait.
L'écrivain québécois Yvon Rivard disait que de s'accrocher au connu, c'est rester prisonnier de l'ignorance.
Je pense que cette pensée devrait être lue chaque matin... à l'école comme ailleurs.
Cyrille a bien raison. C'est certainement le conflit intérieur que produisent ces résultats qui provoque le déséquilibre. On aimerait avoir des résultats concluants et plus positifs mais changer les habitudes est difficile.
La bonne recette est difficile à réussir, on ajoute souvent quelques cuillères de trop ou il manque une tasse de ceci et là on s'apperçoit que la soupe est amère. Et si, par mégarde, on osait varier les ingrédients et faire sa propre recette??? Mais là, est-ce que ça serait réussi?? Est-ce que cette recette serait encore bonne dans quelques semaines, quelques mois?? Est-ce qu'ailleurs ça serait mieux??
Trop de questions sans réponse mais certainement qu'ensemble, on peut s'éfforcer à trouver la bonne dose pour chaque ingrédient.