Cyberportfolio de Roberto Gauvin

directeur d'école au Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska situé à Clair au N.-B.

Je partage

26 mars 2008

Enseigner aux élèves à penser...

Je viens tout juste de terminer la lecture de la revue du mois de février 2008 d'Educational Leadership de L"Association for Supervision and Curriculum Development". L'édition est entièrement consacré au développement de la pensée critique et développe l’idée que nous avons à travailler avec les élèves pour mieux les préparer pour leur monde. Deux articles retiennent mon attention; Celle de Nel Nodding intitulé "All Our Students Thinking" et celle de The Thought-Filled Curiculum" de Arthur L. Costa. Ces articles sont excellent spécialement avec notre plan annuel qui veut développer la pensée critique en écriture chez les élèves. Comment est-ce qu'on peut enseigner la pensée critique et que veut-on dire par "penser" ? Il faut donc se préoccuper du développement intellectuel des élèves et leurs donner des outils afin de résoudre des problèmes complexes. On croit souvent que seuls les sujet comme les mathématiques ou la sciences développent l'intelligence. John Dewey rejette cette affirmation et dit;
"any subject, from Greek to cooking, and from drawing to mathematics, is intellectual, if intellectual at all, not in its fixed inner structure, but in its function-in its power to start and direct significant inquiry and reflection. What geometry does for one, the manipulation of laboratory apparatus, the mastery of a musical composition, or the conduct of a business affair, may do for another".

Selon Mike Rose (2005) cité par Noddings, les sujets non académiques peuvent aussi être enseignés de manière à encourager les élèves à penser et à les mettre au défi. Nodding cite aussi Matthew Lipman (1991) qui croit que;
"School administrators are calling for ways of "infusing thinking into the curriculum" apparently on the understainding that thinking can be added to the existing courses of studies as easily as we add vitamins to our diet".

C'est ainsi qu'il faut encourager les enseignants et développer avec eux des manières différentes d'enseigner et d'évaluer les apprentissages. Au lieu de demander aux élèves d'apprendre de l’information qu'ils oublieront quelques jours après un test, il serait important de poser des questions qui demandent aux élèves de s'approprier des contenus des programmes d'études et d'utiliser cette information pour comprendre et résoudre des problèmes. Beaucoup de personnes connaissent la formule célèbre d'Einstein E=Mc2 mais peu de personnes peuvent expliquer ce qu'elle représente. Plusieurs élèves savent que la terre tourne autour du soleil mais peu d'entre eux peuvent expliquer le phénomène des saisons...

La pratique actuelle qui demande à tous les élève de suivre les mêmes cours de mathématiques ne répond pas vraiment à leurs besoins. Nous avons à nous questionner sur nos pratiques et développer par exemple au niveau secondaire, des cours où il serait possible pour les élèves de choisir des ceux qui les prépareraient à leur monde et à un travail qu'ils pourront faire pour vivre. Des études aux États-Unis confirment qu'il y a présentement un surplus d'ingénieurs et de scientifiques alors qu'il y a un manque de travailleurs avec de fortes compétences techniques. On croit souvent que les élèves doivent penser comme des mathématiciens pour faire de la mathématique. Les charpentiers ne doivent pas penser comme des mathématiciens mais plutôt à l'utilisation des mathématiques dans leur travail. On aurait intérêt à demander aux enseignants de travailler en pensant comme des mathématiciens en enseignant. Cela démontrerait comment penser en trouvant des solutions à des problèmes. Les enseignants auraient aussi à résoudre des problèmes devant les élèves sans qu’ils sachent à l'avance la bonne répons. Les élèves apprennent beaucoup en voyant leur enseignant discuter à haute voix de sa résolution de problème, en recommencent par un autre chemin et en se posant des questions au besoin...

"Learning without thinking is labor lost; thinking without learning is dangerous" Confucius

Dans l'article de Costa, on peut lire que les élèves ont l'habitude lorsqu'on leur demande une question de ;
- Répondre sans penser
- S'attendent que les enseignants vont leur donner la réponse
- Ils lâchent s'ils ne réussissent pas du premier coup
- Ont de la difficulté à travailler en grouper
- N'appliquent pas ce qu'ils ont déjà appris
- N'osent pas prendre de risques

Pour renforcer ces compétences, il faut enseigner les élèves de manière à les faire réfléchir, donner des tâches plus complexes et d'utiliser des problèmes pertinents. Il faut développer nos programmes d'études afin de permettre aux élèves de penser plus de manière créative. Pour y arriver, l’auteur nous suggère 5 étapes pour façonner nos programmes d'études ;

1- Enseigner à penser : "Iron rust from disuse; stagnant water loses its purity an in cold weather become frozen; even so does sap the vigor of the mind" (Leonardo da Vinci).

2- Penser pour apprendre : "Learning is an engagement of the mind that change the mind" (Martin Heidegger).

3- Penser ensemble : "Freindship is one mind in two bodies" (Mencius).

4- Penser à comment nous pensons : "I thank the lord for the brain he put in my head. Occasionally, I love to just stand to one side and watch how it works" (Richard Bolles).

5- Penser gros : "I learned to make my mind large, as the universe is large, so that there is room for paradoxes" (Maxine Hong Kingston).

En terminant, je vous laisse sur ces sages mots de Alan Kay (1990) :
The best way to predict the future is to inventy it".

Pour les enseignant du C@HM qui le désirent, je vous offre d'emprunter ma copie de cette revue et je crois qu'elle peut nous donner des indices afin de continuer à cheminer dans notre quête du développement de la pensée critique en écriture. Je veux aussi suggérer d'aller de l’avant en invitant Louise Beaulieu (voir mes notes suite à ma rencontre avec elle ici et ici) qui pourrait faire un bout de chemin avec nous sur cette route.

Écrire et plublier un billet comme celui-ci est la partie de mon travail que j'aime le plus...

À suivre...

La discussion

Poursuivre la discussion


Se souvenir de moi?