Je suis à réfléchir et à préparer ma présentation pour le congrès 2008 de l'APTICA qui débutera jeudi prochain à Moncton. Danis Michaud (L'utilisation des TIC à l'école, oui c'est possible) et Brigitte Long (Les TIC c'est fantasTIC : exemples concrets de réussite) du CAHM, y feront aussi des présentations. Ma présentation intitulé ; "Le Web participatif en milieu scolaire" me permettra de discuter avec les participants sur les pratiques et les enjeux du web participatif à l'école. Cette année, le congrès aura la chance d'accueillir Mario Asselin comme conférencier d'ouverture.
Synopsis : Le Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska est un leader dans l'utilisation et l'intégration des technologies de l'information et des communications au Nouveau-Brunswick. Cette présentation de type non-conférence, permettra aux participants de voir des exemples d'utilisation du cybercarnet et d'outils du web participatif en milieu scolaire. Il sera aussi possible de partager des expériences et de poser des questions sur le développement d'outils permettant aux élèves et aux enseignants d'être plus présents sur la toile.
Mes notes : Les termes cybercarnet, blog, cyberportfolio et portfolio électronique se ressemblent.
Au CAHM, nous expérimentons avec le cybercarnet depuis 2004, un studio de télévision interne, une radio étudiante, le projet de l’accès direct à un ordinateur portable et le programme Sports/Arts/Études. Récemment, nous avons ajouté un projet de tablettePC et un autre de robotique.
Notre projet de cybercarnet se base sur les travaux d’Helen Barret et en partenariat avec le Conseil national de recherches du Canada et Mario Asselin de chez Opossum. Notre but ; Apprendre à écrire pour lire, lire pou mieux lire, lire pour mieux écrire et écrire pour mieux écrire…
Nous avons donc la chance de travailler en communauté d’apprentissage réelle et il est possible de suivre la publication des élèves au moyen d’aggrégateurs ainsi que les commentaires qui sont générés à la suite de la publication de textes.
L’autorité du savoir est maintenant différente et il faut redéfinir selon David Warlick, ce qu’est la littératie. Les jeunes sont des connecteurs (Thierry Crouzet) et pendant que nous les adultes voyons les machines, eux, ils voient les possibilités. Nous sommes de immigrants des nouvelles technologies de l’information tandis qu’eux sont des natifs. (Digital immigrant vs digital native). Ces jeunes ne connaissent pas le monde sans Google.
Nos projets ont l’avantage d’être ;
• rassembleurs
• ont un impact sur la pédagogie et sur les apprentissages. La démarche d’apprentissage des élèves est différente et la démarche pédagogique des enseignants est différente. On peut aussi voir une différence pour l’apprentissage des garçons. Ils écrivent plus et écrivent mieux.
• Donnent le goût de se dépasser et faire plus.
• Permet de participer à la construction des savoirs.
• Les élèves qui écrivent dans leur cybercarnet ne sont pas interrompus, les timides peuvent s’affirmer.
• Donnent la possibilité de faire des transferts.
• Démontrent qu’apprendre se fait en 3 temps ; expliquer, démontrer et pratiquer.
• Les cybercarnets sont nos terrains de tennis de l’écriture. C’est là qu’on pratique et en même temps à lire…
• Ceux qui enseignent la musique et les sports savent que nous devons à l’occasion performer devant un publique pour s’améliorer… Pourquoi ne serait-ce pas le même chose pour apprendre à écrire ? (Mario Asselin)
• Permettent d’avoir un impact sur la zone proximal de développement chez les élèves où les tâches demandées ne seront pas trop difficiles ou trop facile. Les élèves peuvent les accomplir avec l’aide d’un accompagnateur.
• Donnes beaucoup de pouvoir aux élèves. Si on sait que quelqu’un va nous lire, il y a de fortes chances qu’on fasse plus attention pour ne pas faire d’erreur et pour se dépasser.
• Permettent de créer des objets d’apprentissages francophones en milieu minoritaire et de prendre une place sur le web en participant à la construction du savoir.
• Nous a donné l'accessibilité au web en tout temps avec les élèves participants.
• Nous a donné des ressources inespérées.
• Faire la découverte de talents uniques (ici, ici et là)
• Nous donne la chance de dépasser les limites existantes.
• Permet d'aller chercher les élèves timides et ceux qui sont généralement dans l'ombre.
• Permet des transferts (Un groupe d'élèves qui avait participés au projet Intertic 3 ont réussit à convaincre leurs parents à changer de sorte d'ampoules).Exemple :
Est-ce qu’il faut attendre de savoir écrire pour apprendre à écrire ?
Le cybercarnet permet la formation de communautés d’apprentissages en favorisant l’utilisation de logiciels sociaux afin de développer le socioconstructivisme et la métacognition.
Le cybercarnet nous a permit avec les enseignants d’explorer l’apprentissage par problèmes (APP) et de développer la pensée critique en écriture en intégrant un modèle du processus de l’écriture. La publication dans le cybercarnet est encouragée par un partenariat avec le journal local « Le Madawaska ». Nous volons que les enseignants ne soient pas des techniciens de l’enseignement mais plutôt des professionnels dans la création de contenu et en étant capable d’utiliser des logiciel relationnels tels que Flickr, cybercarnets, wiki, YouTube, bloglines, del.icio.us, ect… Nous avons par exemple, à repenser la place des manuels scolaires à l’école, les devoirs et l’évaluation des apprentissages.
Je suggère de visiter le blogue de Bernard Mazerolle, mentor en TIC, qui a publié un excellent billet intitulé "Le web 2.0".
Suite à la lecture de cet excellent billet de Martine Rioux de l'Infobourg, je crois que l'heure des bilans a sonné.
Je cite souvent Fullan(1993) qui dit qu'on ne peut pas mandater le changement et que les problèmes sont nos amis (Nous avons eu beaucoup d'amis...). Aussi, Yves Nadon qui explique que pour apprendre à lire et à écrire, c'est un peu comme jouer au tennis. Il faut ; expliquer, démontrer et laisser pratiquer. Pourquoi est-ce que l’apprentissage de l’écriture ne serait pas la même chose ? (plus de détails ici... )
Je veux attirer l'attention sur l'utilisation et les possibilités du Web participatif (Web 2.0). La vidéo ci dessous, est un exemple de développement de contenu francophone sur le web. Cela permet de se positionner sur le web et permet aux élèves de participer à la construction des savoirs.
Vidéo de la cellule végétale...
Un seul problème de taille ; est la possibilité de trouver le temps pour réaliser ceci dans le quotidien. Il faut revoir nos partiques et laisser tomber celles qui n'ont pas beaucoup d'effet à long terme sur les apprentissages des élèves.
Il ne faut pas sous-estimer le développement de la culture de la collaboration (ce n'est pas une perte de temps même si cela prend du temps pour y arriver) et qu'il faut avoir dans la culture organisationnelle de l'école, la possibilité de prendre des risques avec le droit à l'erreur. J'invite aussi toujours les gens qui le désire, à venir nous visiter et à voir sur le terrain nos approches.
Ce que j'aime avec nos différents projets, est la la possibilité de développer en équipe des projets qui ont des répercussions positives dans les apprentissages des élèves. Il y a beaucoup à faire et la partie n'est pas gagnée. C'est un combat quotidien...
Il faut aussi comprendre que le succès d'un tel projet n'arrive pas seulement avec l'achat d'ordinateurs ou la possibilité d'avoir accès à un budget spécial. Ce n'est pas si facile... Cela met à l'épreuve l'équipe et il faut avoir une culture organisationnelle qui permet la prise de risque, le droit à l'erreur et la possibilité de regarder en dehors de la boîte. Il faut aussi avoir la force de supporter les gens à nous observent comme si nous étions des extra-terrestres à trois têtes...
Nous aurons besoin pour continuer, revoir notre vision à court et à long terme au niveau de l'école, du district et de la province. Il est maintenant temps je crois, de donner le contrôle de la technologie aux pédagogues. Il faut discuter plus que jamais et revoir la prise de décision pour l'utilisation des TIC à l'école. Si un pédagogue veut "Flickr", qu'on lui donne, si on ne veut pas des mots de passe pour les courriels des élèves en 4e année du genre "X6T558UI" qu'on puisse le faire différemment. Je mets au défi quiconque d'aller pendant une heure avec 30 élèves et d'essayer d'envoyer un courriel avec de telles restrictions... Prenez votre poids avant et après...vous aurez une mesure...scientifique (ou pas...), vous verrez la différence... Il faut revoir nos perceptions de l'utilisation des TIC en salle de classe. Il faut aussi revoir les tâches des directions d'écoles par rapport à l'implantation et à la supervision d'un tel projet. Il est difficile de le faire sans rien enlever aux tâches des directions d'écoles. Celles qui veulent réussir doivent alors investir du temps pris ailleurs. On ne peut pas donner cette tâche, ne rien enlever et espérer que tout fonctionnera du premier coup. Il faut donc revoir nos priorités et décider si on veut vraiment que les TIC fassent partie intégrante des apprentissages. Si nous ne leur montrons pas comment utiliser les TIC, d'autres s'en occuperont...Nous serons alors peut-être déçus des résultats.
Je veux aussi diriger l'auditoire vers les commentaires d'élèves qui participent au projet. Ces commentaires viennent du cybercarnet de Danis Michaud, enseignante en 7e et 8e année au CAHM lors d'une présentation d'un projet d'échange avec la France.
Voici donc les réflexions de certains élèves :Luc, Francis, Helene, Myriam, Julie-Michèle, Jessy et Samuel
Écrire pour mieux lire, lire pour mieux lire, lire pour mieux écrire et écrire pour mieux écrire.
Je propose de voir ou de revoir la vidéo suivante qui positionne l’utilisation du cybercarnet dans l’amélioration de l’écriture et de la lecture.
Liens importants pour les projets du CAHM :
• Wiki de collaboration du CAHM.
• Traces de notre projet de robotique.
• Traces de notre projet de Tablette PC.
• Leadership d'une école efficace selon moi...
• Entrevue avec Michel Dumais.
Projet de cybercarnet et exemples de publication :
Notre rôle comme éducateur est en constante mutation et souvent on se demande s'il y a dans une journée de travail encore de la place pour penser et développer nos connaissances sur les apprentissages. Mon questionnement m'aidera donc à orienter nos pratiques futures. Je me propose donc de trouver en collaboration avec le personnel du CAHM, des réponses aux questions suivantes :
- Qu'est-ce que l'apprentissage ?
- Qu'est-ce qui favorise les apprentissages ?
- Comment sait-on que nos élèves apprennent ?
- Comment les nouvelles recherches sur le cerveau peuvent-elles nous aider dans notre travail quotidien ?
- Comment implanter le socioconstructivisme à un niveau où il sera possible d'en tirer le plus de bénéfices possibles ?
- Comment faire de la métacognition une réalité dans une école ?
- Comment l'utilisation des TIC peut-elle favoriser de meilleurs apprentissages chez les élèves ?
Notre Wiki de collaboration sur l'utilisation des TIC en salle de classe est évidemment une excellent point de départ. Pour le définition de l'éducation. Glasser écrit en anglais que :
"Education is using and impoving knowledge that is congruent with recent findings on how brain works and with the information age we have now entered" p. 66
Ce passage tiré du livre "Every Student can succeed" nous donne une piste intéressante. Nous avons à notre disposition des recherches qui démontrent comment on apprend et comment créer des conditions qui nous permettent de mieux apprendre. Alvin Toffler nous a prévenu depuis longtemps. L'information sera ce qui déterminera la richesse d'un peuple. Avant c'était la force et l'argent. Maintenant on parle de l'information, de son accès et surtout de comment s'y retrouver. Cet autre billet en parle un peu.