Alors qu'au Nouveau-Brunswick nous sommes à nous questionner si le projet d'accès direct à un ordinateur portatif se poursuivera l'an prochain, l'état du Maine prévoit faire l'acquisition de 100 000 nouveaux ordinateurs. Malgré des difficultés économiques importantes, le commissaire à l'éducation de cet état américain, prévoit que d'ici septembre 2009, tous les élèves de la septième à la douzième année auront leur ordinateur portable. C'est par un processus de location que l'état arrive à échelonner le paiement d'ordinateurs portables pour en offrir plus à un moindre coût. L'idée aussi d'utiliser la plateforme Apple permet probablement une plus grande économie, à long terme, des coûts d'entretien et de réparation. Dans l'article, on peut lire ;
School administrators say the laptop program, aimed at eliminating the so-called "digital divide" between wealthy and poor students, has been a success. A study released in 2007 by the Maine Education Policy Research Institute at the University of Southern Maine indicated writing scores improved after laptops were introduced.
Je me demande si nous aurions le même discours au Nouveau-Brunswick? Je me demande si le choix de la plateforme Apple au Maine n'a pas été un levier de réussite? Je me questionne à savoir si le fait d'avoir des ententes cadres pour limiter la possibilité de travailler avec la plateforme de son choix est judicieux ou non?
Nous avons donc à nous questionner sur ce qui fait de ce programme un tel succès au Maine. Pourquoi, par exemple, que le projet de l'accès direct à un ordinateur portatif n'a pas levé au Nouveau-Brunswick comme celui du Maine ?
Cinq ans passés, j'ai eu la chance de visiter deux écoles intermédiaires du Maine et j'ai vu de près l'engouement des élèves et des enseignants. Après cinq années de participation au Nouveau-Brunswick, le ministère de l'éducation a dû faire l'achat d'ordinateurs portables à au moins deux reprises pour les mêmes classes avec deux types différentes de piles. Les ordinateurs choisis d'Hewlett Packard ne semblent pas avoir fait le poids avec l'usage intensif en salle de classe. Ainsi, en voulant économiser sur le coût d'achat, il a fallu compenser par le rachat d'une seconde machine après la deuxième année d'utilisation en plus d'avoir à travailler avec une machine lente et peu performante qui pouvait aussi demander plus d'entretien. Par-contre, ces mêmes ordinateurs nous offraient un lien avec le monde grâce à l'internet et cela est indéniablement excellent...
Je suis donc à réfléchir si les ordinateurs Apple peuvent favoriser une économie en temps, réduire les problèmes techniques, et permettre une plus grande facilité d'utilisation pour ne nommer que ceux-là. L'absence de virus n'est pas négligeable n'ont plus. On ne vise pas ici à avoir seulement des plateformes Apple mais à voir la possibilité d'une cohabitation devenue nécessaire.
Nous attendons donc avec impatience la décision du Ministère de l'éducation du Nouveau-Brunswick à savoir si le projet de l'accès direct à un ordinateur portatif va se poursuivre pour une autre année ou si le couperet du budget se fera sentir. Le dépôt du budget a eu lieu aujourd'hui et il faudra probablement quelques jours pour décortiquer le tout. Avec un investissement important de cinq années, j'ose croire qu'il serait impensable à ce moment-ci d'interrompre un projet qui donne des résultats. Ces résultats semblent pour le moment qualitatifs et moins quantitatifs que prévus. Si on se base seulement sur les évaluations provinciales, il y a peut-être matière à être déçu mais les élèves développent un paquet de compétences, d'habiletés et développent des manières différentes d'apprendre. Est-ce que cela sera suffisant pour ce gouvernement ? Il est possible que tout ce qui a été mesuré à date et que tout ce qui aurait dû être mesuré soient incomplets à ce moment-ci. Le peu de traces laissées au niveau des recherches me portent à croire qu'il faut continuer...
Je ne veux quand même pas avoir le ton d'un enfant gâté car il est vrai que la chance de participer à ce projet nous a permise d'avoir accès à des ressources incroyables. La création de postes pour les mentors en informatique fut excellente et la possibilité de manier le projet à notre image fut fortement appréciée. L'accompagnement est important et les ressources doivent suivre. Il faut aussi, par-contre, regarder le tout d'un œil critique et voir à continuer à s'améliorer et à avancer.
Il faut préparer les élèves pour leur monde...pas le nôtre... c'est comme ça...
Je suis de ceux qui croient que le projet de l'accès direct à un ordinateur portatf est maintenant devenu une nécessité afin de rendre nos élèves compétitifs au niveau mondial. Que ceux qui pensent que les élèves n'apprennent pas à écrire et que l'ordinateur corrige toutes les fautes, regardent les billets publiés par les élèves du CAHM. Qu'ils regardent l'historique de publication et ils remarqueront que les élèves écrivent plus et mieux. Nous avons passé le stade de l'anecdotique...Nous avons laissé des traces depuis cinq ans et cela devrait compter pour quelques choses... Nous avons aussi réalisé que certains enseignants se sont aperçus qu'il fallait aussi réviser ses pratiques d'enseignement. A-t-on eu peur ?
En attendant le résultat du budget...
Bonne réflexion...
Votre réflexion arrive juste à point pour mon équipe et moi. Pendant que vous parlez d'accès direct au portable (en fait, c'est une réalité que vous vivez depuis 5 ans), nous en sommes (enfin!) à essayer d'implanter un groupe (semblable au modèle Protic) en secondaire 1 avec portable et le choix de ce dernier n'est pas encore fixé. Personnellement, j'ai fais le passage au Mac en 2005 (iBook et eMac) et 2008 (iMac) et jamais, pour plusieurs raisons, je ne reviendrais en arrière. Maintenant, j'essaie de trouver des arguments basés sur le vécu de d'autres écoles pour établir une sorte de liste de pour et de contre afin de voir si Apple pourrait offrir la solution que l'on recherche. Je vais suivre attentivement ce qui se passera de votre côté ainsi que de l'autre côté de la frontière.
Merci de partager et continuez votre réflexion à haute voix... c'est bien apprécié!
J'écrivais ceci après une visite au Maine accompagné des gens d'Apple Canada en 2004...
"Le changement éducatif est un travail qui part des gens et qui se réalise avec les gens. On ne peux provoquer réellement le changement éducatif qu’en influençant les gens à y aller à leur rythme mais à y aller assurément."
voilà à mon avis ce qui a peut-être manqué de ce côté de la frontière.... sauf à Clair évidemment.
Pour le reste de mon compte rendu : http://www.nordsud.org//index.php?option=com_content&task=view&id=41&Itemid=54