La publication a été ralentie ces dernières semaines. La fin du budget en mars et d'autres empêchement, font en sorte qu'on met de côté certaines habitudes. C'est drôle comme ces mêmes vieilles habitudes viennent nous chercher pour continuer à faire ce qu'on aime... Tant mieux...
Il y a plusieurs choses qui trottent dans ma tête dernièrement. Il s'est passé beaucoup de choses dans les dernières semaines en éducation au Nouveau-Brunswick. Certaine événements sont passés inaperçus et je ne saisis pas trop le pourquoi. Certaines situations sont inacceptables et devraient être débattues sur la place publique. Il y a eu quelques chroniques dans les journaux locaux, quelques lettres d'opinions mais pas plus. Par exemple, l'affaire Millet. Je ne connais pas personnellement ce directeur d'école qui a démissionné suite à la pression exercée par certains parents de sa communauté éducative. Des menaces ont été portées à son endroit et son poste a déjà été affiché pour le remplacer. Si démissionner était sa décision, il faut se demander jusqu'où peut aller l'influence de certains parents et de membres de la communauté par rapport à une école. Pour ma part, j'ai peur... J'ai peur de prendre une mauvaise décision et de vivre le même sort. Il faut se demander si par exemple, certaines écoles n'ont pas peur elles aussi de faire différemment, d'essayer de nouvelles choses ou de dire non à certaines pratiques dépassées. Cela ne favorise pas le renouveau pédagogique...non ? Il y en a qui prennent le risque et qui me montre que tout n'est pas perdu...
Le dépôt du budget a aussi fait un peu jaser. Je suis surpris à ne pas voir plus de réactions. Le Nouveau-Brunswick étant une petite province, on a souvent peur de mettre sur la place publiques ses opinions et débattre de ses idées. C'est à mon avis une perte pour toute notre collectivité. Le ministre Lamrock demande aux enseignant de faire des efforts supplémentaires pour réduire les dépenses de son ministère. Je suis pas contre. Dans l'article, on peut lire;
"Government has proposed an alternative. We have asked the teachers union to consider deferring the scheduled maximum class size reduction by one school year, a move that would save taxpayers $9.8 million and keep mentors where they belong, helping our kids.
If you were given $10 million today and asked: What would you do with it? Would you avoid laying off the 200 mentors whose work benefits all 4,000 classes and all 100,000 students? Or, would you pick 200 classes and reduce them by one student?"
En lisant l'article, je me demande si cela ne va pas diviser les enseignants à choisir de réduire le nombre d'élèves par classe ou d'accepter un boni de 1000$ pour ceux et celles qui accepteraient de dépasser la limite me laisse perplexe. On veut ainsi éviter de mettre à pieds plus de 200 enseignants qui ne sont pas des titulaires de classes et qui dispensent par exemple, des services en ressources et en littératie. Les enseignants ont signés une entente collective de bonne foi et les demandes du ministre viennent y jeter une douche froide. Il faudra en discuter davantage et personnellement, je crois que le mieux pour les enseignants serait de ne pas prendre position dans ce dossier. Je suis prêt à vivre avec les décisions du Ministre en autant qu'il soit prêt à vivre avec les conséquence que pourraient occasionner une réduction dans les services aux élèves qui en ont le plus de besoin.
Pour le budget, dans l'ensemble, il y aura des réduction à apporter et cela est normal dans l'état actuel de l'économie. Il semble que le projet des portables reviendra l'an prochain. Probablement qu'il ne sera pas possible pour de nouvelles écoles d'en faire partie pour l'instant. Il reste beaucoup de détails à venir. En lisant la réflexion de Bernard ce matin, je me demande comment se fait-il qu'au Nouveau-Brunswick, ce projet n'ait pas levé comme au Maine ou ailleurs. J'ai mes idées là dessus et il faudra en parler à aussi. Je crois que le monopole d'une certaine plateforme, de certains logiciels et de certaines façons de procéder ont nuit au projet. J'arrive d'une formation Apple aujourd'hui dans le cadre de notre projet pilote et je suis renversé par les possibilités, la facilité et le potentiel éducatif de ce que j'ai vu et de ce que j'ai appris. Nous le disions cinq ans passées que c'était l'outil qu'il nous fallait. Nous l'avions vu lors de notre visite au Maine. Nous voilà de nouveau sur la ligne de départ. J'ai envie de dire que le projet des portables n'a pas levé à causes des outils et probablement aussi par un manque de vision vers la fin du projet. Ça reste à voir... Nous voilà encore à débattre des outils...cinq ans après... J'ai fait mon choix et je l'explique ici...
En lisant des articles comme celui-ci, je me désole à penser que beaucoup n'ont pas encore compris. Ce n'est pas le fait d'acheter des ordinateurs qui fera que les élèves apprennent mieux. Ce sont les utilisation que nous en ferons. Nous devons changer nos démarche d'enseignements et nos pratiques d'évaluation. C'est ce dernier point qui sera à mon avis, le plus gros défis. Ça ne sert à rien d'enseigner différemment et de conserver les mêmes vieilles pratiques d'évaluation. Si par exemple, il y a plus de gradué lorsqu'on enseigne de façon magistrale, il se peut que ceux-ci soient favorisés par des pratiques d'évaluation qui se rattachent à cette forme d'enseignement. Faire écrire des élèves avec des portables et leur enlever leurs outils de travail le jour de l'examen avec la peur qu'il vont tricher ne rend pas service à personne. De même que si on a peur que les élèves réussissent mieux lorsqu'ils utilisent leur ordinateur portable, où est le problème ? Je croyais que nous voulions que nos élèves réussissent mieux...
N'importe qui peut dire n'importe quoi sur n'importe quoi. Lorsqu'en salle de classe, on voit des élèves se dépasser et faire des efforts supplémentaires, lorsque des élèves écrivent plus et mieux, lorsque des élèves réussissent à comprendre l'importance de mieux se préparer avant d'écrire un texte, cela met en contexte à quoi l'école d'aujourd'hui doit préparer l'élève. Ce soir, j'écris avec mon portable car à la main, il serait difficile de publier mon texte, de le corriger et et donner la chance à ma communauté de réagir à mes propos. Je crois que c'est cela "Apprendre pour la vie!"
Bonne réflexion !!!
Le lien vers mon billet peut maintenant être corrigé.
http://www.carnetwebds11.ca/mentortic/2009/04/15/impact-des-portables-en-classe/